Gentlemen,
Alors que nous sommes toutes et tous finalement sortis sans doute beaucoup plus indemnes de la fin du monde que du diner de réveillon familial – un véritable tsunami calorique suivi, généralement, d’une apocalypse digestive – nous reprenons ce jour le cours de nos aventures sartoriales avec une question simple mais qui nous semble terriblement à-propos : à défaut de fin du monde, ne serions nous pas en train d’assister à la fin d’un monde ?
Ou pour le dire différemment, n’avons nous pas, même sur le ton de la plaisanterie, une fois de plus, regardé le doigt quand le sage (qu’il soit antique ou contemporain, Maya, Romain ou que sais-je) nous montrait la lune ?
Ce titre – « la fin d’un monde » – était d’ailleurs celui de l’émission d’Yves Calvi « C’dans l’air » diffusée il y a quelques jours, durant laquelle Philippe Dessertine (professeur d’économie à Paris X) nous expliquait dans les grandes longueurs pourquoi nous étions bel et bien en train d’assister, à défaut d’apocalypse planétaire, à la fin d’un cycle de ce monde qui vient de subir, en un siècle, des mutations d’une ampleur absolument gigantesque.
Dans la même émission, Frédéric Lenoir, directeur du Monde des Religions et chercheur associé à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, expliquait qu’il y avait tout simplement aujourd’hui, une plus grande différence entre le monde du début du 20ème siècle et celui d’aujourd’hui qu’entre ce même monde des années 1900 et l’antiquité !
Le débat était centré sur le formidable paradoxe que traverse notre modèle économique et sociétal : pour faire simple, le paradigme de la croissance comme moteur unique de l’économie mondiale est à bout de souffle pour ne pas dire à l’agonie. En effet, alors que tous les gouvernements, notamment dans la zone euro, recherchent désespérément les fameux « leviers de croissance » qui nous sont présentés (à défaut d’être identifiés) comme notre unique voie de salut dans cette crise planétaire, la vérité des faits et des chiffres fait l’effet d’une gifle : si tous les pays affichaient demain matin, miraculeusement, un taux de croissance de 4% (ce qui, rassurons-nous est aujourd’hui du domaine de l’heroic fantasy), la planète et ses 7 milliards d’habitants serait, mécaniquement, sur le point de succomber en termes de ressources naturelles, de capacité à gérer cette progression exponentielle de la démographie, et de besoins en nourriture et en énergie … Nous sommes donc, globalement, pris dans les mailles (!) du filet d’un extraordinaire paradoxe qui, que cela nous plaise ou non, va nous forcer à réinventer notre modèle de civilisation ou, plus humblement, à accepter le fait que celui-ci n’est plus, loin s’en faut, adapté aux gigantesques défis de notre époque.
Et nous dans tout cela ? Quel est le rapport avec notre sujet de prédilection de prime abord plus « léger » que ces débats de civilisation ?
Et bien, le monde de l’élégance masculine classique, si l’on prend le temps de l’envisager sous cet angle sociologique, constitue un formidable miroir grossissant des mutations à l’oeuvre dans nos sociétés occidentales.
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HS/
On n'écrit pas "Et bien" mais "Eh bien."
/HS
Oui, c'est incroyable comme la créativité et les initiatives commencent à refleurir en Angleterre depuis que Cameron a relancé la manufacture du "tapis rouge".