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Le luxe masculin
ne connaît pas la crise !

Malgré la crise, les maisons traditionnelles dédiées à l’élégance masculine réalisent d'excellents chiffres d'affaires. Hugo Jacomet, blogueur star de l'élégance parisienne, s'intéresse de près à ce phénomène, en véritable explosion.

Atlantico chic

Publié le 24 février 2012
 

« Le marché des biens personnels (hors voitures ou voyages) reste sous-développé par rapport à celui de la femme. Il y a donc un rattrapage, avec un potentiel de croissance très, très important, dans toutes les catégories de produits », commente Jean-Marc Bellaïche, associé du Boston Consulting Group.

Les grands noms du secteur que sont LVMH et PPR ne s’y sont pas trompés, le premier affichant ses ambitions pour le chausseur Berluti, le second pour le tailleur Brioni qu’il vient de racheter.

Tancrède de Lalun, directeur des marchés homme et femme du Printemps, anticipe quant à lui une « explosion » du marché, « parce que l’appétence est extrêmement forte et que les consommateurs masculins n’ont aucune limite ».

Ayant pris la mesure du mouvement, le grand magasin parisien, repositionné sur le haut de gamme, vient tout juste d’ouvrir un espace dédié aux accessoires de luxe pour hommes, centré sur la maroquinerie et les chaussures.

« La femme est guidée par l’envie, l’homme par le savoir-faire et la technologie », précise Tancrède de Lalun.

Le savoir-faire constitue en effet une des clés d’entrée sur ce marché et les marques l’ont bien compris, centrant leur offre sur ce thème, mêlant histoire et fabrication de haut vol.

Chez Hermès, où l’univers masculin a toujours été très présent depuis les selles et les harnais des débuts, le premier magasin exclusivement dédié aux hommes, ouvert il y a près de deux ans à New York, connaît un taux de croissance supérieur à celui de la marque aux Etats-Unis.

« Notre croissance est d’environ 30% aux Etats-Unis, et dans notre magasin de Madison Avenue la progression est supérieure à cela », précise Axel Dumas, directeur général des opérations.

Le prêt-à-porter masculin pèse aujourd’hui autant que le féminin dans le chiffre d’affaires du groupe. Ciblant aussi le luxe extrême, il propose des vêtements sur mesure à Paris, New York, mais aussi en Chine et au Japon, où un magasin éphémère uniquement masculin ouvre ce mois-ci à Tokyo.

LVMH et PPR sont quant à eux partis à l’offensive avec des objectifs similaires : créer leur première marque globale de mode haut de gamme exclusivement masculine.

LVMH, qui nourrit de grandes ambitions pour sa pépite masculine Berluti, a décidé, pour la première fois depuis longtemps, d’investir sur une marque existante de son portefeuille.

En rachetant la discrète maison romaine Brioni, célèbre pour ses costumes à plus de 5.000 euros et coqueluche des grands de ce monde, PPR entend lui aussi profiter du prestige d’une griffe dont la taille reste encore modeste – 170 millions de chiffre d’affaires – pour en faire une marque globale, avec une gamme d’accessoires et une offre élargie de prêt-à-porter sportswear.

Jusqu’ici, la demande de luxe, y compris dans l’horlogerie, a résisté aux soubresauts de l’économie mondiale, à la crise des dettes souveraines en Europe et au plongeon des marchés. »

Comment donc expliquer, au delà de ces chiffres presque insolents et du « rattrapage » évoqué par Jean-Marc Bellaïche du BCG, ce phénomène mondial ?

 


Hugo Jacomet

Fondateur et éditeur de "Parisian Gentleman", Hugo Jacomet est une plume reconnue dans le domaine du style masculin.

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