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Quand les députés scient (enfin) la grosse branche (trop) confortable sur laquelle ils étaient assis

Pendant que Mélenchon et ses troupes se préoccupent de l’importante réforme du port de la cravate à l’Assemblée, leurs collègues moins tonitruants tiennent les promesses de campagne de Macron.

Réforme parlementaire

Publié le
Quand les députés scient (enfin) la grosse branche (trop) confortable sur laquelle ils étaient assis

Ça fait curieusement moins de bruit que le combat anti-cravate des Insoumis de Mélenchon, mais l’une des principales promesses de campagne macroniennes vient d’être tenue avec la suppression, par les parlementaires eux-mêmes, des plus exorbitants de leurs privilèges.

 

Je ne m’attendais évidemment pas à ce qu’on se mette à danser dans les rues pour célébrer cette mini nuit du 4 août, ça n’est pas dans nos gènes, mais tout de même… Terminé, le régime de retraites hors normes, dont le système de calcul faisait des envieux jusque chez les cheminots. Nos députés cotiseront désormais comme le commun des mortels et en obtiendront la juste proportion le jour venu.

 

Fini, le traitement de faveur en cas de non-réelection : un député blackboulé recevra exactement, et pour la même durée, le pourcentage de sa rémunération à laquelle il aurait eu droit s’il travaillait dans le privé.

 

A la trappe, les transports gratuits à vie des ex-parlementaires qui, s’ils avaient exercés au moins trois mandats,  continuaient de s'asseoir dans un TGV ou dans un avion d’Air France comme on s’installe dans le canapé du salon.

 

Au rencart, l’absence de contrôle sur l’utilisation de leur enveloppe de frais, cette fameuse IRFM qui doublait leur indemnité : il leur faudra désormais rendre des comptes et justifier leurs dépenses professionnelles comme le premier VRP venu.

 

D’autres mesures devraient d’ailleurs suivre, visant à accélérer et rationaliser le travail parlementaire (notamment les « navettes » entre Sénat et Assemblée), réglementer le recrutement et les missions des assistants et, ultimement, à réduire le nombre de circonscriptions et donc de députés.

 

Pas de quoi danser la Carmagnole, donc, mais la torpeur aoûtienne est plus généralement propice à l’augmentation de la taxe sur ceci ou à l’impôt sur cela qu’à la réduction des grands fromages de la République. Si vous lisez ça à la plage, entre deux infos sur la constituante sanglante de Maduro, ça devrait vous aider à vous rappeler la supériorité du réformisme social-libéral sur le révolutionnarisme sans cravate.

 

 

 
Commentaires

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  • Par J'accuse - 06/08/2017 - 11:24 - Signaler un abus C'est de la gnognote, de la poudre aux yeux

    La fin de ces quelques minables privilèges que le peuple ignorait d'ailleurs, ne constitue pas une révolution: ce sont juste quelques pièces que le monarque jette négligemment par la fenêtre de son carrosse, et les laudateurs s'empressent d'y voir la preuve des changements promis. La seule réalité visible aujourd'hui, c'est un pouvoir autoritaire de parvenus qui ne savent pas gouverner, encore entouré de courtisans feignant de ne pas voir que le roi est nu.

  • Par vangog - 06/08/2017 - 11:51 - Signaler un abus La fin des privilèges gauchistes?...

    Il n'y a que Serraf pour y croire! Nous, les patriotes, y croiront et danserons la carmagnole lorsque TOUS les privilèges gauchistes auront été abolis...il y a encore beaucoup de boulot, et ca ne sera que justice

  • Par Anouman - 06/08/2017 - 12:26 - Signaler un abus Branche

    Une branche a été sciée mais l'arbre des privilèges en comporte beaucoup d'autres. Et puis, une branche ça repousse à la saison suivante.

  • Par Deneziere - 06/08/2017 - 13:27 - Signaler un abus Oui, mais les parlementaires ont aussi besoin de moyens

    Si les parlementaires ne vont pas taper sur la haute fonction publique conflictée, ni sur la magistrature crypto-marxiste, qui va le faire ? Et pour faire cela sans palper des dessous de table de l'industrie, et bien il faut de l'argent.

  • Par Yves3531 - 06/08/2017 - 13:43 - Signaler un abus Si il s'agit de montrer l'exemple ...

    avant de s'attaquer aux vrais problèmes, alors j'encourage. Sinon, comme dit par tous ci-dessus, ce n'est que de la poudre aux yeux. Voyons ce qu'ils feront sur les régimes spéciaux, les agences de l'état inutiles et gâches à copains, les fonctionnaires en surnombre dans les bureaux, les retraites, ...

  • Par Deudeuche - 06/08/2017 - 14:44 - Signaler un abus Un publiciste social libéral

    Fait sa minute de dévotion en bon parisien Macronien.

  • Par francoise34 - 06/08/2017 - 23:57 - Signaler un abus Poudre aux yeux

    Quelques rafistolages dans l'air du temps pour plaire à l'opinion publique Pourquoi interdire de prendre un boulot parce-que l'on est marié avec l'employeur ? C'est discriminant' de toute façon le mariage est une super escroquerie legale, on est, une fois marié responsable des dettes de l'autre!,!,,,

  • Par Paulquiroulenamassepasmousse - 07/08/2017 - 08:09 - Signaler un abus Ils nous prennent pour des blaireaux !

    Comment ne pas règler un problème....... .......Aju lieu tout simplement de dire que tout emploi rémunéré devra être effectif sous peine d'une amende 100 fois supérieure au montant détourné....... On interdit à un député d'employer sa femme. Alors je peux vous dire comment ça va se passer..... Le député X va employer la femme du député Y, lui même employant l'épouse de Z Reste plus à Z qu'à employer la fille de X... Ou alors encore plus simple employer sa maîtresse..... Ils nous prennent vraiment pour des blaireaux !

  • Par lexxis - 07/08/2017 - 08:34 - Signaler un abus DES RÉFORMES BÂCLÉES!

    Comme de juste , on ne trouve pas la réflexion critique que le lecteur est en droit d'attendre de ceux qui l'informent. Si le régime spécial des retraites dont bénéficiaient les parlementaires va être être effectivement supprimé, c'est pour être aligné sur celui des fonctionnaires où la cotisation patronale d'État est de 74,28%, soit plus du quadruple de celle d'un employeur du secteur privé, En matière de nuit du 4 août, on fait mieux!! Quant à la justification des notes de frais, elle va être laissée à l'appréciation des Assemblées, auxquelles l'expérience l'a montré, on ne peut absolument pas faire confiance pour exercer un contrôle rigoureux sur leurs membres, alors que l'alignement de la justification des frais de mandat sur le droit commun fiscal eût d'emblée écarté toutes les simagrées et contorsions auxquelles c'est sûr, on va avoir à faire .

  • Par moneo - 07/08/2017 - 16:09 - Signaler un abus c'est très bien

    MAIS manque aussi la clarté nécessaire sur le finances des syndicats... est ce pour cela que pour l'instant ils sont tranquilles comme jamais des fois que...

  • Par Liberte5 - 07/08/2017 - 18:54 - Signaler un abus C'est un petit pas dans le bon sens....

    mais si cela ne va pas plus loin, nous n'aurons pas un changement significatif pour redonner confiance aux Français.

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Hugues Serraf

Hugues Serraf est journaliste et écrivain. Ses derniers romans : Les heures les plus sombres de notre histoire (L'Aube, 2016) et Comment j'ai perdu ma femme à cause du tai chi (L'Aube, 2015).

 

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