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Immigration aux États-Unis : la réforme impossible

Obama appelle à régulariser 11 millions de clandestins ! Les démocrates et républicains du Congrès le suivent. Mais la réforme ne résoudra pas pour autant la question de l’immigration…

Trans-Amérique Express

Publié le 30 janvier 2013 - Mis à jour le 3 avril 2013
 
Un institut de recherche a constaté que le nombre de clandestins présents aux Etats-Unis a reculé entre 2008 et 2012, années de crise.

Un institut de recherche a constaté que le nombre de clandestins présents aux Etats-Unis a reculé entre 2008 et 2012, années de crise. Crédit Reuters

Trois propositions en trois jours. La question de l’immigration,  une des priorités du second mandat du président Obama, est l’objet de toutes les attentions aux Etats-Unis. Un texte de loi pourrait être déposé devant le Congrès dès ce printemps. Mais qu’il soit  approuvé ou rejeté, ce texte ne résoudra pas durablement la question de l’immigration, surtout clandestine.

Cette question n’est pas nouvelle. D’autres lois, louées en leur temps, ont été passées. Elles ne l’ont pas fait disparaître. Pour deux raisons. Un, l’immigration clandestine est intégrée à certains secteurs économiques américains. Deux, les immigrants ne lisent pas la loi avant de venir. Les phénomènes migratoires répondent à des problématiques humaines et économiques sur lesquelles les législations n’ont que peu d’impact.

Le 29 janvier, à Las Vegas, dans le Nevada, Etat qui compte 27% d’hispaniques, c’est à dire d’Américains d’origine latino-américaine, le président Obama a appelé à une « réforme de l’immigration marquée sceau du bon sens », « une réforme qui offre un chemin vers la citoyenneté aux 11 millions de sans-papiers présents sur notre territoire. »

La veille à Washington, huit sénateurs, quatre Républicains et quatre Démocrates avaient présenté les grandes axes d’une telle réforme : régularisation progressive  des clandestins, renforcement du contrôle des frontières, vérifications plus sévères auprès des employeurs susceptibles d’engager des sans-papiers, visas de travail accordés aux étudiants étrangers désirant rester aux Etats-Unis après leurs études.

Enfin John Boehner, le « Speaker » de la Chambre des Représentants, a confié qu’une «  réforme est nécessaire ». Un groupe de parlementaires travaille d’ailleurs sur le sujet « depuis quatre ans » et il a « pleine confiance » dans leur projet. 

Les Etats-Unis sont une « nation d’immigrants ». Le pays a été peuplé par vagues successives, depuis le XVIIe siècle. Les plus importantes ont été celles de la décennie 1850, période de famine et de crise en Europe, puis de 1890 à 1910, à l’heure de l’urbanisation et de l’industrialisation. Le pays a fermé ses portes entre 1924 et 1965 instaurant un système de quotas nationaux. En 1965 ces quotas ont été levés et les Etats-Unis connaissent depuis la plus forte vague migratoire de leur histoire. Plus de quarante millions de personnes. Un million d’immigrants acquièrent la nationalité américaine chaque année. Tandis que le nombre des clandestins est passé de moins d’un million en 1970 à 12 millions en 2010. Ces nouveaux Américains proviennent principalement du Mexique, d’Inde, des Philippines et de Chine. Depuis la chute du mur de Berlin, les pays d’Europe de l’Est sont à nouveau fournisseurs d’immigrants, mais dans des proportions moindres que l’Amérique latine ou l’Asie.

Ce phénomène contribue certes à l’expansion démographique des Etats-Unis, mais il pèse sur les dépenses sociales. Ces nouveaux immigrants sont souvent peu qualifiés, ne parlent pas anglais à leur arrivée et ne correspondent pas au besoin du marché du travail. Le regroupement familial permet aux personnes âgées de se joindre aux familles et de bénéficier d’une aide sociale sans avoir jamais contribué au système. Parallèlement, les enfants nés aux Etats-Unis d’immigrants clandestins ont la pleine nationalité américaine et sont donc pris en charge par l’Etat pour l’éducation et la santé. Plus que le gouvernement fédéral, ce sont les Etats qui déplorent cette situation, parce que ces dépenses sociales leur échouent alors qu’ils n’ont pas leur mot à dire sur la législation et ne maîtrisent pas leurs frontières. 

 
Commentaires

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  • Par Robert - 31/01/2013 - 10:27 - Signaler un abus Changer le pays

    Barak Hussein Obama a tout compris, il applique la même politique que la notre. Diviser et rendre le blanc en minorité pour verrouiller les élections. Les étrangers votent bien souvent a gauche..........

  • Par kettle - 30/01/2013 - 22:50 - Signaler un abus "Le regroupement familial

    "Le regroupement familial permet aux personnes âgées de se joindre aux familles et de bénéficier d’une aide sociale sans avoir jamais contribué au système. Parallèlement, les enfants nés aux Etats-Unis d’immigrants clandestins ont la pleine nationalité américaine et sont donc pris en charge par l’Etat pour l’éducation et la santé."
    ----
    Comme en France.

  • Par alsatian in oklahoma - 30/01/2013 - 18:21 - Signaler un abus MARRE!

    Decidemment, moi qui croyait que les USA depuis la fin de la guerre froide etait un pays pragmatique, depuis, l'ideologie de ce pays est repugante de conneries!(comme c'etait bien la guerre froide ou la droite etait la droite!)... Les latinos representent pres de 75% des prisonniers, ne se retrouvent QU"ENTRE EUX (Ya pas de croisement culturel WASP-LATINOS), partous ou ils s'intallent, les valeurs immobilieres s'effondres (voir ma bellemere Americaine et ce qu'est devenu son block) Ils tuent le travail en diminuant les salaires (pure racisme anti-blancs et black), Amene un traffic de drogue INNEGALE a ce jour! etc........!!!!!!... Nous voyons comme des neocons pourrissent aussi la vie des Americains car meme Mc Cain est pour cette loi pro-immigration-invasion seul l'ideologie neo-con du partage du salaria brade multi-culti-liberal (ca en revient au communisme par l'appauvrissement du peuple de souche)

  • Par Leucate - 30/01/2013 - 17:01 - Signaler un abus Ou est le problème ?

    Aux US, il est économique mais ne présente pas une menace sociétale, comme le faisait remarquer le démographe JC Chesnais dans une communication à l'Académie des Sciences Morales et Politiques intitulée "l'Europe ou l'illusion de la grandeur: dépression démographique et dépendance migratoire (faire google)
    Comme il le faisait remarquer, le Sud de l'Europe est musulman tandis que celui des USA est chrétien.
    Les espagnols et portugais furent les premiers à mettre le pied dans les Indes Occidentales et à les peupler de colons européens, avant que les autres européens disposent d'une marine suffisante pour chercher des terres à leur tour, le plus souvent loin des colonies espagnoles déjà suffisamment fortes pour contrer toute tentative d'implantation près de leur territoire (exemple, les Hollandais au Brésil)
    Beaucoup de villes américaines ont des noms espagnols (San Diego, Los Angeles, San Francisco ..) parce que ces territoires avaient été explorés par les conquistadores et des implantations créées.
    Pays d'immigrants européens, les USA connaissent une immigration de descendants de colons espagnols.
    Pour eux, à part le cout économique, ce n'est pas un problème crucial.

  • Par pidmerd - 30/01/2013 - 16:20 - Signaler un abus DITES OUI

    Dîtes Mr OBAMA, est-ce-qu'on peut vous refiler nos immigrés et nos clandestins ? çà m'arrangerait bien moi

  • Par CN13 - 30/01/2013 - 16:17 - Signaler un abus à Equilibre :

    vous nous faites rappeler que Hollande - avec ses manières de diversion - le "mariage pour tous" alors que le titre exact d'après ce que l'on voit dans la rue et le petit journal de Canal+, ce n'est pas pour "tous" NON. c'est "mariage homosexuel"...
    L'autre diversion : le vote des étrangers en France.
    Eh oui ! ces socialistes ne pensent qu'à leur petit C.. grasouillet. Les élections municipales et législatives arrivent bientôt. Et il n'est pas question pour EUX de perdre ces confortables fauteuils.
    Ne croyez surtout pas que ces socialistes au pouvoir se soucient EN PREMIER, des problèmes du pays : chômages, emplois, investissement des étrangers pour notre pays, logements, etc. NON.

  • Par CN13 - 30/01/2013 - 16:08 - Signaler un abus LeLiberal :

    que faites-vous des 11 millions de "pélerins" qui demandent à rester vivre aux USA ?
    C'est marrant ! ils sont TOUS à critiquer les USA mais ils sont TOUS à vouloir immigrer là-bas... à les imiter en vêtements, cinémas et autres...
    On n'a pas encore entendu parler des immigrés qui retournent volontairement dans leur pays d'origine qui se porte beaucoup mieux et crée des emplois. NON.

  • Par Equilibre - 30/01/2013 - 16:02 - Signaler un abus Les problèmes posés par l'immigration

    sont identiques de partout, mais pas sur tous les points.
    A quand un nouveau séparatisme aux USA?
    En fond, on voit le commerce des voix électorales, véritable champ du signe de la démocratie et de son dévoiement.
    Les politiques sont vraiment des putes, suivant le bon mot de Reagan (un peu transformé).

  • Par LeLiberal - 30/01/2013 - 14:51 - Signaler un abus Le problème de l'immigration se résoudra tout seul

    Les USA restent dans une situation économique compliquée alors que le Mexique connait une croissance soutenue en dépit des problèmes d'insécurité ou de corruption qui gangrainent ce pays.
    Du coup, c'est bel et bien au Mexique que beaucoup de Mexicains trouveront du boulot et ils en ont parfaitement conscience, il y a désormais plus de Mexicains qui reviennent au Mexique que de Mexicains qui partent aux USA.

Gérald Olivier

Gérald Olivier est journaliste et  partage sa vie entre la France et les États-Unis. Titulaire d’un Master of Arts en Histoire américaine de l’Université de Californie, il a été le correspondant du groupe Valmonde sur la côte ouest dans les années 1990, avant de rentrer en France pour  occuper le poste de rédacteur en chef au  mensuel Le Spectacle du Monde.  Aujourd’hui il est consultant en communications et médias et se consacre à son blog « France-Amérique ».

Il est l'auteur de Mitt Romney ou le renouveau du mythe américain, paru chez Picollec on Octobre 2012.

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