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Des mots, des mots, des mots... Quand François Hollande part à la reconquête de l'Elysée avec une obsession rhétorique qui pourrait vite se retourner contre lui

Le "beau discours" de François Hollande salle Wagram n’a guère été convaincant sur le fond, délaissé pour des procédés rhétoriques qui peuvent aisément se retourner contre leur auteur.

Rhétorico-laser

Publié le - Mis à jour le 13 Septembre 2016
Des mots, des mots, des mots... Quand François Hollande part à la reconquête de l'Elysée avec une obsession rhétorique qui pourrait vite se retourner contre lui

On nous l’aura répété à satiété sur tant de médias, et pas seulement gouvernementaux : le Président(candidat) a fait un "beau discours" à la salle Wagram : formules ciselées, images frappantes, questions rhétoriques et, bien sûr, anaphores, le tout accompagné d’un vrai engagement corporel de l’orateur. Etait-ce enfin le retour du François Hollande inspiré, celui du Bourget, que l’on n’avait entendu qu’une seule fois depuis 2012, devant le Congrès réuni en janvier dernier ? 

Pourtant l’impression l’a emporté très vite que l’intervention présidentielle était restée loin du compte, c’est-à-dire de la question posée qui n’avait rien d’anecdotique : "la démocratie face au terrorisme". 

Voilà qui aurait demandé une argumentation solide et d’abord des définitions précises des termes clés : "démocratie", "république" "islamisme", "Etat de droit", "France" (une "idée", mais laquelle ?).

Et une thèse claire : a-t-on, oui ou non, tout fait contre le terrorisme dans le cadre de cet Etat de droit ? Rien de tout cela. Ce qui est un peu ennuyeux pour un discours, supposé de fond, prononcé devant deux distingués "think-tanks"…

Ah ! C’est vrai, il y a eu ce très beau moment sur "les arguties juridiques", véritable feu d’artifice oratoire. Le procédé s’appelle la "rétorsion" : elle consiste à reprendre l’expression de l’adversaire (devinez qui ?) pour la retourner contre lui afin d’en monter l’absurdité et/ou le danger. 

Mais la manœuvre est des plus risquées car elle invite à la contre-rétorsion. Appliquons-la à F. Hollande sur son propre totem, "l’Etat de droit" :

"Etat de droit, un Etat où la justice n’est pas un Pouvoir mais, aux termes mêmes de la Constitution, une simple "autorité" ?

Etat de droit, une justice où le parquet reste soumis à la Chancellerie, comme nous en fait régulièrement grief la Cour européenne des droits de l’homme ?

Etat de droit, où le même parquet dresse des réquisitions plus étendues que celles de l’instruction contre un adversaire majeur du Pouvoir ? Et les publie par "pur hasard" (sic) le jour même où s’ouvre le procès d’un ancien dignitaire dudit Pouvoir ?

Etat de droit, quand 100 000 peines de prison sont en attente d’exécution ?

Etat de droit, quand les dépenses de justice par habitant sont parmi les plus faibles de l’OCDE ?

Etat de droit, quand des individus, dont la dangerosité n’est pas "supposée" mais avérée, sont laissés en liberté ou en semi-liberté ?

 
Commentaires

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  • Par vangog - 12/09/2016 - 12:35 - Signaler un abus Le Front National rétablira l'état de droit!

    Sur ces quinze points et sur d'autres ( Justice du mur des cons, 100% des journaleux de la place de Paris issus du CFJ votent extrême-gauche ou gauche...), le Front National sera sans compromis sur l'état de droit. Ah oui! Et aussi l'application sans les états d'âmes gauchistes du type "ce n'est pas l'esprit du texte..." du livre IV du code pénal et de son article « Le fait d’entretenir des intelligences avec une puissance étrangère, avec une entreprise ou organisation étrangère ou sous contrôle étranger ou avec leurs agents, en vue de susciter des hostilités ou des actes d’agression contre la France, est puni de trente ans de détention criminelle et de 450 000 euros d’amende. »...avec les patriotes au pouvoir, "l'esprit" sera là et les gauchistes devront se soumettre au droit français, ou déguerpir dans le pays de leur choix...

  • Par Paulquiroulenamassepasmousse - 12/09/2016 - 17:13 - Signaler un abus Et on pourrait ajouter......

    État de droit quand on laisse en plein état d'urgence la police s'épuiser pour encadrer les manifs de la CGT et casseurs réunis... État de droit quand on oblige une minorité (juive) à se cacher ou quitter certains quartiers... État de droit quand on oublie volontairement de protéger des minorités asiatiques qui ne demandent rien sinon de pouvoir travailler en sécurité. État de droit quand certains territoires de plus en plus nombreux sont interdits aux services de l'état et aux non musulmans ..... On pourrait continuer ainsi à l'infini... Pas de temps à perdre !

  • Par Stargate53 - 12/09/2016 - 17:46 - Signaler un abus Et Calais à ne pas oublier

    L'état de droit est un slogan pour F Hollande et son gouvernement de gauchiste ancrés dans une idéologie dépassée et une certaine complaisance envers les coupables plutôt que les victimes. Idem pour ceux qui prétendent nous imposer, à terme, les us et coutumes de ces "merveilleux" pays islamisés. Que ces beaux esprits égarés de la promotion Voltaire vienne voir sur Calais, par exemple, ce qui s'y passe vraiment ! Ils découvriront le vrai visage d'une zone de non-droit !

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Christophe de Voogd

Christophe de Voogd enseigne l'histoire des idées politiques et la rhétorique politique à Sciences Po. Il est également formateur accrédité en "political speechwriting" au secrétariat général du Conseil des ministres européens à Bruxelles.
 
Spécialiste des Pays-Bas, il est l'auteur de Histoire des Pays-Bas des origines à nos jours, chez Fayard. Il est aussi l'un des auteurs de l'ouvrage collectif, 50 matinales pour réveiller la France.

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