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Hollande, Copé, Sarkozy "coincés" par des journalistes : mais pourquoi donc de grands fauves politiques se laissent ainsi prendre aux (gros) pièges médiatiques ?

Entre prix du pain au chocolat et choix au second tour de la présidentielle, Jean-François Copé et Nicolas Sarkozy ont fait en petit ce que François Hollande a fait en immense : tomber dans des gros panneaux que leur expérience aurait dû leur faire éviter. Pourquoi donc ?

Rhétorico-laser

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Hollande, Copé, Sarkozy "coincés" par des journalistes : mais pourquoi donc de grands fauves politiques se laissent ainsi prendre aux (gros) pièges médiatiques ?

Ni Hollande, ni Copé, ni Sarkozy ne sont des perdreaux de l’année. Leur sens de la formule et de la répartie est même exceptionnel.  Crédit Pixabay

Comment donc expliquer que des politiciens très expérimentés se fassent prendre au jeu très balisé de journalistes qu’ils pratiquent depuis des lustres ?

On ne fera qu’évoquer ici le fameux livre sur François Hollande des journalistes du Monde. « LE LIVRE » comme on dit désormais, continue semaine après semaine de saper sûrement une nouvelle candidature du locataire (précaire) de l’Elysée, comme on l’a vu avec les dernières déclarations de Manuel Valls. 

Ce qui nous intéresse ici, c’est que cet exemple contredit l’un des dogmes de la (mauvaise) communication politique, le sacro-saint découpage en « séquences » de la grande dramaturgie médiatique. Certes un événement chasse l’autre, certes l’hydre a besoin de viande fraîche chaque jour et les communicants sont précisément là pour la lui fournir, comme le préconisait Alistair Campbell, le grand prêtre de la communication de Tony Blair. Mais il faudrait s’aviser que, si internet est un puissant incitateur au zapping, c’est aussi un dépôt d’archives sans limite, immédiatement disponible et très bavard.

On le mesure au fait que depuis la parution « DU LIVRE », l’Elysée n’arrive justement pas à passer à une « nouvelle séquence ». Comme si les pendules médiatiques s’étaient arrêtées et que le temps (d’orage) avait suspendu son vol au-dessus de la tête de François Hollande. Nul doute que l’on parlera longtemps de cette « séquence sans fin » et qu’elle figurera en bonne place dans l’enseignement des futurs journalistes et communicants.

Comme l’on parle toujours, près de 10 ans plus tard, d’une certaine soirée au Fouquet’s en mai 2007, dont la mémoire colle toujours à l’image de Nicolas Sarkozy avec son corollaire mortifère en France : « président des riches ! ». Lequel doit désormais se dépêtrer aussi de sa réponse embarrassée à Jean-Jacques Bourdin sur son choix entre François Hollande et Marine Le Pen dans un duel de second tour. Voilà que l’ancien président semblait se résigner à voter pour son rival et successeur. De quoi semer le trouble parmi ses fans, pour qui le « TSH » (« Tout Sauf Hollande ») est le premier des dix commandements. En mode plus léger, Jean-François Copé s’est lui fourvoyé sur le prix du pain au chocolat au micro de Thomas Sotto. « La Toile », encore elle, s’en est emparée dans l’instant et n’a cessé de déployer son imagination impertinente et son humour vachard sur le « vrai prix des choses ».

Episodes d’importance très inégale mais qui posent tous la même question élémentaire : comment ont-ils simplement pu se produire ? Ni Hollande, ni Copé, ni Sarkozy ne sont des perdreaux de l’année. Leur sens de la formule et de la répartie est même exceptionnel. Dans les trois cas, il était d’une facilité déconcertante d’échapper au piège : le « off » systématique ou la relecture pour François Hollande (quitte à stopper le jeu) ; le coup de botte en touche pour Jean-François Copé, d’autant plus facile qu’il pouvait plaider avec humour une « allergie au pain au chocolat » depuis une certaine déclaration… Idem pour Nicolas Sarkozy, qui pouvait de façon imparable (voir plus haut) écarter dans un grand éclat de rire toute hypothèse d’une duel Hollande/ Le Pen en 2017. 

 
Commentaires

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  • Par Camtom - 31/10/2016 - 14:52 - Signaler un abus L'important étant la taille

    L'important étant la taille de la boulette!.. Et en cherchant bien je pense que tous et toutes ont au moins une fois "mal" répondu... Et puis c'est bien utile ça permet d'occuper l'antenne et de ne pas parler de la France qui sombre...

  • Par langue de pivert - 31/10/2016 - 17:09 - Signaler un abus Piégés par des rats ! ☺

    Il ne POUVAIT pas dire qu'il voterait pour Le Pen en cas de duel Hollande/Le Pen (déjà que ses électeurs hésitent entre elle et LUI :-) Il ne DEVAIT pas dire qu'il voterait pour Hollande ! Pourquoi se prêter à ce genre d'émissions inutiles ? Pour Coppé personnellement je ne connais pas le prix d'un pain au chocolat et même le prix du litre de carburant ! Je vis très bien avec ça ! Qui connait le prix de tout ? Évidemment le journaleux connait la réponse et se donne le beau rôle. Comment peut-on se mettre sur un pied d'égalité avec ces minus ? Je comprends pas ! On connait toute les combines des journaleux ! Leurs questions sur un auteur classique ou a succès, ou la résolution d'une règle de trois ! Leur façon de poser des questions "fermées" ! Tout irait mieux pour les politiciens en refusant tout contact avec la presse ! Pourquoi faire ? Qui a mandaté ces journalistes pour poser les questions au nom du peuple ? Pour Hollande on est dans la pathologie ! Ces heures de confessions à des journaleux n'ont pas d'autres explications ! Hollande n'est pas capable d'une pensée structurée alors écrire un livre...Trop fainéant !

  • Par Jardinier - 31/10/2016 - 21:01 - Signaler un abus On s'en fout que ce soit une boulette.

    C'est la clarté de sa réponse qui compte.

  • Par J'accuse - 31/10/2016 - 22:35 - Signaler un abus Manque de professionnalisme et de respect

    Le cas Hollande étant pathologique, il faut le mettre de côté. Pour Sarkozy et Copé, il s'agit d'un complexe de supériorité : ils se croient au-dessus de tous, et ce ne sont pas ces petits merdeux de journalistes qui vont les prendre en défaut... Hé bien si! Ils sont tellement sûrs d'eux qu'ils préparent mal les interviews -uniquement les bobards qu'ils doivent sortir- et négligent les questions toutes simples, toutes bêtes, mais piégeuses. Pris au dépourvu, ils sortent la première chose qu'il leur vient à l'esprit, et patatras! Ce mépris pour les journalistes -que beaucoup trouveront justifié- s'étend au peuple à qui ils s'adressent : les électeurs ne sont bons qu'à être manipulés et voter pour le meilleur menteur, et ne méritent pas que les élites s'abaissent à connaître leurs vies (le prix des petites choses) et leurs opinions (Hollande est fini).

  • Par emem - 01/11/2016 - 18:24 - Signaler un abus Du côté du manche...

    Il est beaucoup plus facile de piéger quand on pose les questions que quand il faut il répondre. Monsieur "Les Français veulent savoir" est passé maître dans ce domaine. De Gaulle ne se laissait jamais piéger car il connaissait les questions à l'avance et elles étaient soigneusement sélectionnées.

  • Par DrPal - 01/11/2016 - 19:16 - Signaler un abus Fillon a été impeccable

    Sur Fr2 , Fillon a fait mieux que répondre sereinement et clairement avec des arguments construits. Il a démonté le minable petit jeu des médias en plaçant les journalistes face à l'ineptie de leurs questions, leur obsession à chercher des failles, des contradictions et bien sûr des arrières pensées réacs qui pourraient rapprocher l'accusé du grand Satan, le FN. Il a été impérial face aux contradicteurs agressifs qu'on lui a choisi, et, cerise sur le gâteau, il a remis à sa place, avec le sourire, la fofolle pitoyable qui conclut l'émission. Quel plaisir de les voir tous déstabilisés!

  • Par bd - 02/11/2016 - 11:27 - Signaler un abus Plus de narcissique à la présidence!

    Sarkozy n'est pas Donald Trump mais on en est pas loin. Il a bon nombre de caractéristiques d'un narcissique... et en neuropsychiatrie, les narcissiques sont classés dans la même catégorie que les sociopathes et les psychopathes. Pourquoi lui donner une seconde chance alors qu'il a échoué lors de son précédent mandat et que l'offre politique est pléthorique? L'empathie est un meilleur critère pour un politique et le charisme est malheureusement une qualité bien différente de l'empathie. Le charisme de Nicolas Sarkozy cache bien son déficit d'empathie. Ne vous fiez donc pas au charisme d'un politicien pour effectuer votre choix.

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Christophe de Voogd

Christophe de Voogd est normalien et docteur en histoire, spécialiste des idées et de la rhétorique politiques qu’il enseigne à Sciences Po et à Bruxelles. Dernier ouvrage paru : « Réformer : quel discours pour convaincre ? » (Fondapol, 2017).

Spécialiste des Pays-Bas, il est l'auteur de Histoire des Pays-Bas des origines à nos jours, chez Fayard. Il est aussi l'un des auteurs de l'ouvrage collectif, 50 matinales pour réveiller la France.

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