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La Grèce et son chèque en blanc : victoire de la démagogie ou de la démocratie ? ; Agnès Saal et ses notes de frais : naufrage d’une aristocratie d’Etat ? ; les riches ralentisseurs de croissance

Beaucoup d’affaires de gros sous cette semaine dans nos médias… La dette grecque, bien sûr, ou comment sauver l’Europe (sa face, son avenir, son Histoire… et son portefeuille) ; mais aussi les 500 plus grosses fortunes de France ; l’argent et l’aristocratie d’Etat au travers du cas d’Agnès Saal ; Marine Le Pen et son microparti "Jeanne" : un système de surfacturation au détriment de l’Etat qui s’élèverait à 10 millions d’Euros ?

Revue de presse des hebdos

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Evidemment l’actualité qui fait la Une de nos hebdos cette semaine, c’est la Grèce et les conséquences du « non » de son peuple au referendum ! Et au delà des faits qui se sont déroulés cette semaine, on sent bien les différents sentiments qui portent les hebdos cette semaine. Quand « l’Obs » affirme totalement son attachement à la Grèce, en titre : « Jamais sans la Grèce » ! « Le Point » paraît plus en colère.

Alexis Tsipras : érigé au rang de figure de la mythologie ?

C’est un peu ce que craint « Le Point » qui propose ce titre en couverture : « Les charlatans contre l’Europe » et annonce (avec grande inquiétude) « un big-bang idéologique ». Qui sont ces « charlatans » ?  Désormais, « Marine Le Pen, Cécile Duflot et Jean-Luc Mélanchon ont la même idole : Tsipras ». Mais ils ne sont pas les seuls. Le journal liste aussi Dupont-Aignant, Henri Guaino, le banquier Matthieu Pigasse, Edwy Plenel,, Natacha Polony, Thomas Piketty… « Bref de l’extrême gauche à l’extrême droite, une vaste coalition politique intellectuelle et médiatique hétéroclite s’approprie le non grec », s’inquiète l’hebdomadaire quand tous  ceux-là se réclament d’Alexis Tsipras « érigé au rang de figure mythologique pour son courage et sa détermination face à la bureaucratie bruxelloise ».

Alexis Tsipras : Face à la peur et face au courage

« Le Point » publie d’ailleurs en « exclusivité » une interview d’Alexis Tsipras …  Mais attention les questions ne datent pas d’aujourd’hui, de « quelques semaines avant le referendum ». Cette une itw avait été accordée à la revue « Politique internationale ». Aujourd’hui son intérêt, c’est qu’elle permet de révéler quelques « ressorts de cet homme politique hors norme ».

Ses  idoles de jeunesse ? « Che Guevara, Fiidel Castro, et pour ce qui est  de l’Europe, Enrico Berlinguer ». Mais il y a aussi Roosevelt aux Etats-Unis qui a dit « La seule chose dont il faut avoir peur c’est de la peur elle même ». « Cette phrase, explique Tsipras, est devenue pour moi une sorte de devise qui me donne chaque jour la force d’avancer ».

La personnalité qui a le plus de courage en politique selon lui ? « De nos jours, celui qui fait preuve du plus grand courage est le pape actuel, le pape François. J’ai eu la chance de le rencontrer par l’intensité de sa spiritualité et sa tendance à aller au fond des choses ».

Lire des phrases comme «  aller au fond des choses » ou «  avoir peur de la peur elle même » résonnent aujourd’hui bien autrement... forcément. 

La Grèce : la représentation d’une « Tragédie » !

Pour évoquer ce qui s’est déroulé ces derniers jours, « L’Obs » utilise le déroulé et la forme d’une tragédie grecque en 5 actes expliquant « pourquoi le piège s’est refermé »… comme si c’était écrit, comme si c’était son (notre) destin. Retour sur les faits, comme si on était au théâtre :

Acte 1 : « Sommet à l’encre rouge » : le 22 juin, les créanciers considèrent que Tsipras n’a pas prévu « assez de coupes budgétaires », sa copie revient pleines de corrections à l’encre rouge.

Acte 2 : « La déflagration » : les 25, 26, 28 juin, la confusion règne et les résonnances se font ressentir dans toutes les capitales européennes.

Acte 3 : « Un chèque en bois » : les 29, 30 juin et 1er juillet, on croit de nouveau au rebond : « Il ne faut pas se suicider parce qu’on a peur de la mort » lance Jean Claude Junker qui « parle avec ses tripes » avant de rajouter « la Grèce c’est l’Europe et l’Europe c’est la Grèce ». Mais, le 30 juin c’est le jour où « la Grèce est supposée rembourser le prêt de 1,5 milliard d’euros, octroyé par le FMI »… tout est bloqué. « Alexis Tsipras maintient l’appel à voter non » Les Européens

Acte 4 : « Deux pavés dans la Mare » : le 2 juillet, « le FMI publie une enquête explosive indiquant que même si les Grecs votent « oui » au plan des créanciers, la Grèce aura besoin de 50 milliards d’euros supplémentaires d’ici 2018 ». Peu encourageant… mais l’entourage de Tsipras est ravi « paradoxalement » : « cela nous donne raison d’insister sur le fait que notre dette est insoutenable » !

Le 5 juillet : Les ultimatums n’ont pas effrayé les grecs. Le « non » l’emporte à 61,3%

Acte 5 : « Exit Varoufakis ». Exit donc le ministre des finances Grec en désaccord avec son premier ministre pour qui « refuser le programme des Européens ne signifie pas automatiquement sortir de la zone euro ». La Grèce cherche le nord. « Les allemands sont au bord de la crise de nerf. Les français commencent à renâcler. »

Le « Non » au referendum grec : Une preuve de « Démocratie »

« La démocratie est née à Athènes » rappelle Odile Benyahia-kouider, journaliste de « l’Obs », interrogeant l’historien régulièrement consulté par Angela Merkel, Heinrich August Winkler. Point du tout, lui répond-il : « c’est une légende dont il faut s’émanciper. La première démocratie moderne n’est pas née  en Grèce mais aux Etats Unis à la fin du 18ème siècle » avant d’ajouté que les électeurs à Athènes provenaient uniquement de familles bourgeoises, et que les esclaves ne votaient pas. Autant dire que Heinrich August Winkler exprime qu’il est révulsé par l’attitude  du gouvernement grec rappelant que « les vrais problèmes de la Grèce sont les réformes structurelles ratées depuis des décennies » et qu’aujourd’hui « Tsipras doit montrer sa volonté de réforme ».

La crise grecque : placée sous le signe de la « démagogie »

« On a dit que les grecs étaient entrain de réinventer la démocratie » qu’ils avaient inventé dans l’Antiquité, on avait presque fini par oublier qu’ils avaient également conçu, à la même époque, le concept de démagogie. Tirée de Démos, « peuple » et de « Agô » : conduite… La démagogie, nous rappelle utilement « Le Petit Robert », désigne une « politique par laquelle on flatte, excite, exploite les passions des masses »

Dans « Le Point » cette semaine, on s’inquiète : « Toute la crise grecque est en réalité placée sous le signe de la démagogie. Pierre-Antoine Delhommais étaye son propos en donnant divers exemples :

Démagogie, cas n°1, au niveau des commentaires : « En osant expliquer que tous les malheurs économiques de la Grèce viennent des politiques d’austérité menées depuis 2009 en contrepartie de l’aide financière accordée et de l’effacement partiel de la dette. Et en oubliant la folle dérive d’un pays ayant vécu pendant des années avant que la crise n’éclate, totalement au dessus de ses moyens… »

Démagogie, cas n°2, du côté des autorités européennes : « Dans le fait d’avoir accepté, pour des raisons historico-culturelles et parce que, pour reprendre la formule de Giscard « on ne fait pas jouer Platon en deuxième division », l’entrée de la Grèce dans l’euro en fermant soigneusement les yeux sur ses archaïsmes, son retard et son opacité économiques. »

Démagogie, cas n°3, du côté des responsables européens (encore) : « de continuer à faire croire aujourd’hui aux Grecs qu’au prix de quelques efforts et réformes supplémentaires ils seront définitivement tirés d’affaire… »

 

 
Commentaires

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  • Par myc11 - 09/07/2015 - 15:27 - Signaler un abus La vérité nous échappe comme toujours,

    car on oublie de dire que l'argent prêté à la Grèce sert pour beaucoup à rembourser les intérêts, en dehors du fait que la Grèce a besoin de réformes.

  • Par Bretondesouche - 11/07/2015 - 22:12 - Signaler un abus A Saal

    Aurait pu faire appel à UBER,la note aurait été moins salee

  • Par MONEO98 - 13/07/2015 - 10:47 - Signaler un abus la démocratie à l'ancienne...

    Appliquons alors la définition originelle ,La démocratie est CENSITAIRE,ne votent que les riches et les éduqués ceux qui paient l'impôt.... Pour le reste nous n'avons dans notre pays que des gesticulations politiques .il ne faut surtout pas que le mythe Keynésien s'écroule,plus on gaspille l'argent des contribuables,plus il faut accélérer le mouvement les fourmis sont égoïstes et les cigales doivent pouvoir chanter toute l'année ;il n'y a jamais assez de dépenses culturelles ; sociales clientélistes, de grands principes payables par la masse. Tant que les "ravis " votent pour la nomenkatura qui vit ultra confortablement entre soi , tout va bien et il faut continuer à faire pleurer ZIZA dans les cités ressemblant de plus en plus en Zone de non droit. Les ivrognes accusent le barman de les avoir obligé à leurs addictions tout comme le joueur au casino qui dénonce l'exploitation par abus de faiblesse etc.... La France déteste la Liberté qui a pour corollaire la responsabilité et donc Grecs et français se ressemblent c'est la faute des autres .Moralité c'est sûr nous finirons comme la Grèce .

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