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Le panier paysan victime de son succès

Les circuits courts de livraisons de fruits, légumes et victuailles du producteur au consommateur se développent, avec deux écoles, les AMAP et les distributeurs de type "La ruche qui dit oui", mais parfois, se chamaillent.

Revue de blogs

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Le panier paysan victime de son succès

2%, ce n'est pas lourd, mais c'est déjà beaucoup à l'échelle de l'alimentation des Français. La vente directe des agriculteurs aux consommateurs égratigne à peine la grande ditribution mais progresse et comme dans tous les secteurs à forte croissance, une allergie se déclare régulièrement entre les deux piliers du "panier paysan" livré de la ferme.

Régulièrement, des querelles via blogs éclatent entre les deux frères un peu ennemis du circuit court. D'un côté, les AMAP, associations de producteurs obligatoirement bio, et leurs clients obligatoirement adhérents, qui s'engagent pour un an et reçoivent chaque semaine des produits selon disponibilités de saison. De l'autre, des distributeurs, dont le fondateur "La ruche qui dit oui", parisien, et bobo, oui, et financé entre autres par deux grandes fortunes de l'Internet français, Xavier Niel et Marc Simoncini.

Les Ruches permettent au consommateur de commander via Internet une large gamme de produits et de retirer leur "panier paysan" plus varié et à des horaires plus souples, dans l'équivalent d'un "relais-colis" de proximité, une "ruche".  Les AMAP trouvent que La ruche qui dit oui fait du "greenwashing", ne s'engage pas pour le maintien de l'agriculture, fréquente trop le grand capital, et trompe ses clients sur son engagement social et auprès des paysans.

Un dépot de La ruche qui dit oui, photo La Mutinerie Paris

Querelle de marges

A intervalle régulier, le dazibao virulent d'un groupe d' 'AMAPiens' ressurgit, et, ces jours-ci, c'était sur le portail Les moutons enragés.

"Le “frelon” parisien exterminateur de la petite paysannerie continue ses ravages ! (...) Grâce à la médiatisation énorme dont a bénéficié cette nouvelle formule, l’engouement auprès de celle-ci a bien pris. En effet, la presse laisse supposer aux lecteurs qu’il s’agit de distribution de paniers en vente directe, alors que c’est une plate-forme logistique qui prélève près de 20 % du chiffre d’affaires aux paysans adhérents à ce système".

Un blog militant de la Confédération paysanne trouve aussi critiquable les conditions d'emploi des gestionnaires des "Ruches".

"Ces « reines » besogneuses mettent du coeur à l’ouvrage pour un complément de revenus moyen de 400 € par mois, soit 301,6 € nets, déduction faite des 24,6 % des cotisations sociales, taux appliqué aux auto-entreprises. Le gain net pour « 10 à 15 heures de travail hebdomadaire » est de 6,28 € de l’heure, inférieur au smic."

Pour les consommateurs urbains, tout se joue à la taille du frigo, et la Ruche gagne le match Macdomagda : "Je suis légèrement dépitée de constater cette gueguerre AMAP/RUCHE. J’ai pratiqué les deux : environ 3 ans à l’AMAP, 3 ans à la RUCHE. J’apprécie les 2 systèmes et pourtant je suis passée à la RUCHE et sans regret. – Pas assez de disponibilité pour la remise des légumes (...) Pas assez de choix de produits. – A court d’idées quand il fallait cuisiner des blettes pendant 4 semaines de suite – beaucoup de gaspillage : je n’arrive pas à suivre le rythme du 1/2 panier hebdomadaire, donc poubelle ! > donc l’AMAP c’est super, mais voilà, cela ne correspondait pas à mes pratiques, disponibilités."

(photo AMAP Le Pallet)

 
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Claire Ulrich

Claire Ulrich est journaliste et fan du Web depuis très longtemps, toujours émerveillée par ce jardin aux découvertes, et reste convaincue que le Web peut permettre quelque chose de pas si mal : que les humains communiquent directement entre eux et partagent la chose humaine pour s'apercevoir qu'ils ne sont pas si différents et qu'il y a donc un moyen de s'entendre.

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