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Pourquoi on enterre le scénario de la déflation un peu trop vite

Dans l'œil des marchés : Jean-Jacques Netter, vice-président de l'Institut des Libertés, dresse, chaque mardi, un panorama de ce qu'écrivent les analystes financiers et politiques les plus en vue du marché.

Revue d'analyse financière

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Pourquoi on enterre le scénario de la déflation un peu trop vite

"On enterre le scénario de la déflation un peu trop vite".

Les économies ralentissent partout. Cela n’empêche pas les marchés de se réjouir des derniers propos de Mario Draghi, président de la BCE. On est toujours dans le keynésianisme primaire qui consiste à penser que c’est l’Etat ou la Banque Centrale qui créent de la richesse. Pourtant, l’observation de la réalité montre que les banques centrales sont impuissantes pour faire face à une croissance atone.

L’endettement mondial a progressé de 40% du PIB mondial depuis 2007. La politique de "taux zéro" pratiquée par toutes les banques centrales ont maintenu en vie des sociétés mal gérées qui auraient du disparaître et des gouvernements peu courageux qui n’ont pas su faire de réformes.

L’hyper-inflation qui devait être la conséquence logique de politiques monétaires très laxistes n’a pas eu lieu. La quasi totalité des économistes l’anticipait pourtant. Il faut donc bien maintenant se poser la question de la vigueur des pressions déflationnistes.

Les sociétés de matières premières connaissent en ce moment une crise de solvabilité qui est loin d’être terminée. Elle sera proche de la fin quand nous assisterons à des mégafusion du type BHP + Billiton et Exxon + Mobil. Des pays sont désormais dans une situation budgétaire compliquée. Le déficit de l’Arabie Saoudite, victime de la chute de ses recettes pétrolières, inquiète le FMI. A la tête du troisième fonds souverain mondial, elle a été obligée de retirer 70Md$ aux sociétés de gestion à qui elle avait confié des fonds à gérer. Les sociètés les plus exposées à ce mouvement sont les très grandes sociétés de gestion : Blackrock qui gère 4800 Md$, Vanguard (3100Md$), State Street (2400Md$), Fidelity (2100Md$) et Allianz (2000Md$).

L’euthanasie du rentier va donc continuer. Observons que les obligations ont réalisé une performance supérieure à celle des obligations depuis douze mois et surtout n’oublions pas que cet été certains ETF se traitaient avec 40% de décote tant la liquidité des marchés avait disparu !

On a du mal à voir "la France apaisée" de Monsieur Hollande

La pression fiscale s’est alourdie en France de 58 Md€ en plus sur les ménages en six ans. Les régimes de retraites sont en quasi faillite. Sans alignement des régimes publics sur ceux aux mêmes conditions et sans report formel de l’âge de départ à la retraite pour tout le monde, le système ne fera qu’accumuler les déficits au cours des prochaines années. Rappelons une fois de plus le courage de l’association "Sauvegarde des retraites" qui se bat contre les mesures de spoliation des régimes de retraite du privé. Les derniers accords sur l’Agirc-Arrco, présentés par les m"dias comme un "sauvetage" ne feront  en fait qu’aggraver un peu plus les différences de traitement qui prévalent, en matière de retraites, entre les deux sphères publique et privée.

 
Commentaires

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  • Par bjorn borg - 27/10/2015 - 16:58 - Signaler un abus La BCE

    va abaisser ses taux et la déflation n'est pas exclue ou, si vous préférez: l'inflation négative !

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Jean-Jacques Netter

Jean Jacques Netter est vice-président de l’Institut des Libertés, un think tank fondé avec Charles Gave en janvier 2012.

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