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Les mots de la France 2017 : l’étude exclusive qui révèle à quel point l’état d’esprit des Français a changé depuis la présidentielle

Une étude Elabe, publiée par Atlantico, s'intéresse aux mots représentatifs de la France d'aujourd'hui. France en mouvement ou France en crise, les résultats en disent long sur l'état du pays.

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Les mots de la France 2017 : l’étude exclusive qui révèle à quel point l’état d’esprit des Français a changé depuis la présidentielle

C’était il y a dix-huit mois.

Avant le vacarme de la campagne présidentielle, nous tracions le portait d’un pays marqué par les stigmates de la crise mais qui avait soif de retrouver des valeurs perçues alors comme fragilisées[1]. D’une France semi-nostalgique, mais refusant l’immobilisme, prête à la résistance et en quête d’un sens commun.

D’un Etat qui avait du mal à assurer la cohésion sociale face à l’atomisation des rapports sociaux mais d’une croyance forte en une République-bouclier. D’une France en quête d’un nouveau leadership qui saurait réconcilier, écrivions-nous, « De Gaulle et les Start-ups », « la France de la peur et la France du mouvement ».

Quel impact la campagne présidentielle, l’arrivée d’une nouvelle génération politique, le début d’amélioration de la situation économique ont-ils sur l’état d’esprit de notre pays ? Avec quels mots les Français interrogés pendant plusieurs semaines fin 2017, décrivent-ils le pays et ses évolutions ?

C’est ce à quoi l’étude les Mots de la France Edition 2018, réalisée par ELABE, a cherché à répondre.

1/ Une France qui retrouve ses couleurs

Ce sont d’abord les évolutions des représentations de la France, frappantes en 18 mois par leur amplitude et leur nature,  qui interpellent : au-delà des slogans de campagne et des injonctions partisanes, la France est bel et bien en mouvement.

Sur les 87 mots testés en juin 2016 et en décembre 207, 75 voient leur attribution à la France évoluer.

En Juin 2016, « chômage, crise, et grèves » étaient les mots que les Français attribuaient le plus à la France. En 2018, Marseillaise, Droits de l’Homme, Général de Gaulle dessinent le nouveau trio iconique d’un pays qui commence à se retrouver et veut puiser dans ses marqueurs une nouvelle énergie mobilisatrice.

Les trois composantes de la devise républicaine Liberté Egalité Fraternité progressent eux d’un même et double mouvement.

Première en perception, avec le respect et le courage (8,5 sur l’axe de perception positif/négatif), l’attribution de la liberté au pays est cependant plus faible (6,5) laissant entrevoir une aspiration à aller plus loin pour « libérer » le pays de ses contraintes et de ses blocages. Et sans nul doute le sentiment d’une liberté dont l’accès est encore jugé inégal selon les groupes socioéconomiques (catégories populaires et moins de 25 ans attribuent encore significativement moins la liberté à la France qu’ils vivent que les cadres et les séniors)

Ce qui, en 2016, dessinait une France couleur sépia, des symboles jugés très positifs mais peu attribués à la France d’alors, boucliers d’un modèle dont on craignait l’effondrement, prend en 2018 de nouvelles couleurs. Qu’il s’agisse des piliers Armée, Police, Sécurité Sociale, des acteurs de la société comme les entreprises (+0,8) l’Ecole (+0,8) et l’Université ou les services publics (+1 sur C/NC), des constituants tels que la République (+0,9 C/NC) et la Nation (+0,7 C/NC), les fondamentaux du pays semblent revitalisés. Comme si le discours sur les atouts de la France, largement tenu pendant la campagne présidentielle et depuis mai 2017,incarné par le nouveau Président de la République, avait fini par infuser.

Car on ne peut évidemment pas lire l’évolution sans la corréler à l’alchimie de l’élection présidentielle et aux premiers mois d’Emmanuel Macron. Sans lui attribuer tous les mérites de ce nouveau regard porté sur le pays, son élection agit incontestablement comme un révélateur ou un accélérateur.

Ainsi, le retour en force de l’Etat de l’ordre et de l’autorité, à la peine en 2016, fait écho à la verticalité du pouvoir qu’il cherche à installer. La perception de l’autorité progresse également (6.2, +0.6), et figure parmi les mots les moins clivants. On peut y voir l’aspiration à « ce qu’il faut » d’autorité et le refus de ce qui s’approcherait de près ou de loin de l’autoritarisme.

La progression de concert des mots diplomatie et grandeur, comme du patriotisme, marquent la satisfaction du retour de la France sur la scène internationale, alors que l’attribution nettement supérieure de l’Europe à l’image de la France confirme que nos concitoyens se sentent plus attachés à l’idée européenne quand ils pensent que leurs dirigeants y retrouvent le rôle de pilote ou de co-pilote.

Enfin, la politique, qui aurait pu sortir éreintée de cette longue campagne, s’éloigne du purgatoire. Toujours connotée négativement, elle progresse cependant sensiblement. Comme si tous les 5 ans, malgré les déceptions et les promesses non tenues, les Français acceptaient, même brièvement, de tendre à nouveau l’oreille et voulaient espérer en la politique.

2/ L’envie d’avoir envie

Un bloc de valeurs auxquelles les Français aspiraient déjà (mots jugés très positifs mais ne correspondant que plus modérément à l’image de la France) se déplace sur l’axe horizontal du mapping : optimisme et espoir de manière spectaculaire, progrès et confiance de manière sensible. Le pays se découvre aussi une nouvelle audace (+1 C/NC), affiche de la fierté (+1 C/NC) et retrouve plus d’ambition.

Le courage, déjà classé parmi les trois premiers mots les plus positifs en 2016, voit sa perception et son attribution à la France progresser. Moins attribué qu’il n’est bien noté, il indique aux politiques le chemin qui leur reste à parcourir pour renouer avec la force du roman national incarné dans l’étude par la progression de la figure du Général de Gaulle.

Est-ce le souvenir de « l’homme du non » au déclin qui est aujourd’hui réactivé ? Est-ce le dépassement du clivage droite-gauche par le rassemblement ? Ou est-ce l’évocation d’une période de transformation positive qui réapparait, en même temps d’ailleurs - ironie de l’histoire - que les évènements de Mai 68 dont l’évocation progresse aussi à l’approche des commémorations de leur cinquantenaire ?

Ces mouvements réactivent des moteurs dans la sphère économique et sociale.

Assez loin du mythe d’un peuple durablement fâché avec l’économie, la perception de la compétitivité (+1,1 C/NC) rappelle que les évidences ont réussi à dépasser les polémiques. PME, TPE et entreprises affirment leur rôle dans l’image que les Français dessinent de leur pays. Entrepreneurs et chefs d’entreprise affichent des résultats solides. 

 
Commentaires

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  • Par Citoyen-libre - 31/01/2018 - 11:39 - Signaler un abus La force de la France profonde

    Dans un pays dit démocratique, il suffirait sans doute pour l'état de s'appuyer sur cette volonté profonde des français, qui s'exprime dans cette étude, mais qui existe également sur tous les sujets importants. A chaque fois que le sujet est sérieux, il y a aujourd'hui la possibilité de comprendre rapidement pour l'état, ce que souhaite la France profonde. Le parlement, au 21 siècle n'est absolument plus représentatif de ces choix de société. Un cap de gouvernement devrait pouvoir être défini sur ces bases, pour corriger ce qui, in fine, pourri et lamine insidieusement les fondations du pays. Mais pour ça, il faudrait qu'il fasse abstraction des courants de pensées multiples et contraires, des associations minoritaires mais cupides, d'une presse souvent hypocrite et cynique, du clientélisme, de la réélection permanente, etc. C'est ce que font (un peu) les anglais, avec le Bréxit, ce que font les suisses avec les référendums, etc. Gouverner en démocratie, c'est peut-être avoir le courage et l'honnêteté de prendre les décisions nécessaires, pour respecter la volonté du pays dans ce qu'il a de plus profond. Tout attendre des élections, est une absurdité et un mirage.

  • Par gregoire25 - 31/01/2018 - 16:17 - Signaler un abus Déclaration des droits de l'homme et du citoyen (1789)

    Prélude aux grands massacres de la révolution.

  • Par cloette - 31/01/2018 - 17:35 - Signaler un abus il serait plus judicieux

    d'offrir un article sur "les maux de la France 2017"

  • Par vauban - 31/01/2018 - 19:30 - Signaler un abus Tout cela

    Pour découvrir que les français refusent immigration migrants,islam ,attentat et terrorisme Belle masturbation sondagiere Cela a coûté combien et qui a payé?

  • Par Anouman - 31/01/2018 - 20:07 - Signaler un abus Mots

    Quelle enquête idiote! Quant à ce qui est déduit de ces résultats...

  • Par winnie - 01/02/2018 - 08:01 - Signaler un abus Y avait il......

    vraiment besoin d un tel sondage pour savoir ce que tout Francais sense sait deja?

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Bernard Sananès

Bernard Sananès est président d'Elabe. Il est diplômé de l'Institut d'Etudes Politiques d'Aix en Provence, et de l'Institut Pratique de Journalisme.

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Laurence Bedeau

Laurence Bedeau est associée d’Elabe.

Diplômée du Master 2 Communication Politique et Sociale Université Paris 1 Panthéon Sorbonne, elle débute sa carrière en 2004 chez TNS Sofres au sein du département Stratégies d'opinion où elle accompagne pendant sept ans entreprises et acteurs publics dans l'analyse de l'opinion et des phénomènes sociétaux, la gestion de leur communication et de leur image.

Elle rejoint CSA en 2011, comme Directrice du Pôle Opinion Corporate. Elle y développe la synergie études, conseil et planning stratégique sur des enjeux de communication corporate et d’opinion.

Elle rejoint Elabe en 2015 comme Associée.

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