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Des casseurs aux zadistes en passant par Nuit Debout, l'extrême-gauche est partout dans les médias mais combien de divisions réelles dans les urnes ?

Ultra-présente tout au long des manifestations contre la loi Travail, la gauche radicale s'était encore donnée rendez-vous sur la place de la Bastille ce mardi. Pour autant, malgré une visibilité hors du commun, cette nébuleuse politique connaît un véritablement tassement électoral.

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Des casseurs aux zadistes en passant par Nuit Debout, l'extrême-gauche est partout dans les médias mais combien de divisions réelles dans les urnes ?

Atlantico : Ce mardi 5 juillet, la gauche radicale participait à des rassemblements place de la Bastille, à Paris, pour protester contre le retour du texte de la loi Travail à l'Assemblée. Quel portrait peut-on dresser de cette gauche radicale, entre les opposants "durs" à la loi Travail, les casseurs, les zadistes ? Si l'on fait abstraction de leur poids médiatique, quel est leur poids politique réel ? 

Sylvain Boulouque : Il n'y a pas, dans le cadre de l'extrême-gauche, de portrait type du militant. Dans les faits, il existe une forte pluralité des militants de la gauche radicale, dont le poids semble particulièrement important en raison de leur dimension activiste. Parce qu'ils sont des activistes – et c'est là quelque chose d'ancré dans les gènes de la gauche radicale, qui se définit même en partie autour de cela – ils sont en mesure d'exercer une activité militante pratiquement 24h sur 24. C'est ainsi que la gauche radicale parvient à une présence quasi ininterrompue sur les différents terrains d'actions qu'ils privilégient (la rue, certes, mais également les publications où ils peuvent être particulièrement prolifiques).

C'est de là que naît le sentiment de nombre et de sur-présence.

Pour autant, leur poids politique réel reste évidemment à pondérer. En vérité, il est même inversement proportionnel à leur activisme, qui leur permet d'occuper le terrain avec une poignée de militants en termes de ressources humaines. Leur nombre est très réduit. Cependant, il m’apparaît important de préciser que nous ne sommes pas, dans le cas de la gauche radicale, dans une configuration comparable à celle des partis politiques plus traditionnels : il n'y a pas de cœur électoral qui se mobiliserait davantage que les autres, tandis que les différentes couches participeraient plus occasionnellement aux mobilisations. Ici, la configuration militante est différente : l'ensemble des gens militent et le font sur toutes les mobilisations. C'est une façon de vivre différente, qui contribue à l'activisme de la gauche radicale et donc, au final, à lui donner une ampleur médiatique et politique largement supérieure à celle que son nombre lui permettrait de prétendre, du point de vue de la mobilisation.

Comment se répartissent-ils d'un point de vue électoral ? Combien d'entre eux votent respectivement pour le Parti communiste, Jean Luc Mélenchon, le NPA ou Lutte ouvrière ?

C'est une question à laquelle il est complexe de répondre, dans la mesure où le nombre d'activistes varie selon les partis concernés. Leur répartition au sein de l'extrême-gauche est très variable.

Sur le plan plus global, il est possible de souligner que la sensibilité d'extrême-gauche représente environ 10 à 12% de la population française. Parmi ces 10 à 12%, on constate qu'ils sont près de 80% à se diriger vers Jean-Luc Mélenchon. NPA et Lutte ouvrière se partagent à peu près équitablement le reste. Toutefois, il reste primordial de préciser que tout un pan des militants, pour des raisons diverses et variées comme le fait de ne pas se reconnaître dans le système en place, ne votent pas. Il n'y a pas, à l'extrême-gauche française, d'unicité. La division y est particulièrement forte et la dimension abstentionniste de cet électorat ne l'est pas moins.

S'il fallait cependant revenir sur la répartition de cet électorat, il est possible de le découper entre ceux qui votent pour Jean-Luc Mélenchon et pour le PC (du fait du partenariat qui associait les deux jusqu'à la dislocation du Front de Gauche), dont la distinction est très compliquée, et entre le NPA et Lutte Ouvrière. Globalement, les deux derniers rassemblent chacun 1% des voix quand le PC et Mélenchon parvenaient à rassembler environ 10%.

 
Commentaires

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  • Par Mario - 06/07/2016 - 09:54 - Signaler un abus en fait ils ne représentent

    en fait ils ne représentent rien et font chier tout le monde parce qu'ils ont les médias , les fonctionnaires ou assimilés et les profs avec eux. Ce pays est bien foutu et j" encouragerai mes enfants à se tirer s'ils le peuvent.

  • Par Fondation pour l'innovation politique - 06/07/2016 - 11:40 - Signaler un abus Déclin de la gauche radicale

    En France, la gauche radicale est en phase de déclin, accompagnant la chute de la gauche socialiste. En dépit de cette rétraction, la gauche radicale continue de connaître une certaine vitalité médiatique. http://goo.gl/Ijg5rO

  • Par Deudeuche - 06/07/2016 - 15:13 - Signaler un abus Le rouge foncé c'est comme l'arc-en-ciel

    minoritaire, média-friendly et histrionique! A part ça tout le monde (presque) s'en fout!

  • Par chamouton - 06/07/2016 - 15:27 - Signaler un abus Des racines révolutionnaires

    La gauche radicale est un ramassis de tous ces réactionnaires, nostalgiques de Robespierre, qui se considèrent comme les dépositaires des idéaux révolutionnaires. Cet agglomérat de communistes, marxistes, anticapitalistes, altermondialistes, anarchistes, internationalistes, féministes, christianophobes et antisémites a un seul objectif : Détruire les valeurs fondamentales de la civilisation occidentale. Même si elle est en déclin, la gauche radicale est enracinée dans notre histoire, elle a des antennes très efficaces au sein des média et de la culture.

  • Par zouk - 06/07/2016 - 16:40 - Signaler un abus Extrème gauche

    Elle se rassemble sur des totems brandis par les uns ou par les autres, ou contre tout et n'importe quoi. S'il ne s'agit plus de totems illusoires et qu'il faille de rassembler sur (quoi?), où sera le ciment?

  • Par vangog - 06/07/2016 - 21:53 - Signaler un abus La branche armée (rouge) de la gauche...

    et la force d'appoint qui permet à la gauche de gagner à chaque fois, et même lorsque la droite molle est au pouvoir... Cette configuration gagnante gauche/ gauche fasciste a permis à la gauche de grignoter tous les postes de pouvoir, et d'infiltrer tous les corps intermédiaires (syndicats, associations, médias...voila pourquoi ils sont aussi médiocres)) qui permettent à la gauche d'accéder au pouvoir et de s'y maintenir, par tous les moyens les plus tordus. Si la gauche fasciste était interdite, la gauche de pouvoir serait bien mal en point, d'où sa complaisance éternelle (depuis 1930) avec le fascisme...

  • Par arcole 34 - 07/07/2016 - 16:31 - Signaler un abus MAIS VANGOG PAR EXEMPLE

    Puisque vous parlez de 1930, je vais vous poser une question lors de la naissance de la République de Weimar sur les décombres de l'Empire Allemand , lorsque le gouvernement social-démocrate de Fréderich Ebert et son ministre de l'intérieur Ernst Noske s'appuient sur les corps francs d'extrêmes droites comme le corps francs Ehrarhdt ( dite Brigade de Marine ) et Oberland pour réprimer l'insurrection Spartakiste ou communiste en janvier 1919. Peut-on parler d'une alliance d'une gauche fasciste avec une autre gauche nationaliste fasciste elle aussi ??. Pourriez vous m'éclairer SVP sur ce phénomène de l'histoire , vous qui m'avez l'air de vous y connaître et surtout d'avance épargnez moi les citations de Dominique Venner qui avait réécrit son livre en 1990 à l'aune d'archives ouvertes en provenance de l'ex-RDA.

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Sylvain Boulouque

Sylvain Boulouque est historien, spécialiste du communisme, de l'anarchisme, du syndicalisme et de l'extrême gauche. Il vient de publier sa nouvelle note, La gauche radicale : liens, lieux et luttes (2012-2017), à la Fondapol (Fondation pour l'innovation politique). 

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