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Une révolution qui changera la face du monde est peut-être en marche au Japon

Le nouveau Premier ministre japonais, Shinzo Abe, veut en affaiblissant le yen, créer un peu d'inflation et rendre de la compétitivité aux exportations japonaises, pour ainsi relancer l'économie. Un exemple à suivre pour l'Europe, confrontée elle aussi à la nécessité d'accroître sa base monétaire pour sortir de la récession.

革命

Publié le - Mis à jour le 3 Avril 2013
Une révolution qui changera la face du monde est peut-être en marche au Japon

Le problème du Japon, depuis 20 ans, c'est la déflation. Crédit Reuters

L'avenir monétaire du monde est peut être entrain de se jouer au Japon. Depuis Noël, le yen ne fait que s'effondrer par rapport au dollar et aux autres monnaies. Pourquoi ? Et pourquoi est-ce important ?

La raison est simple : l'élection du nouveau premier ministre du Japon, Shinzo Abe, du Parti libéral-démocrate, le parti conservateur qui domine la politique japonaise de l'après-guerre. Les investisseurs ont-ils aussi peu confiance en Abe qu'ils fuient les actifs japonais ?

Au contraire ! Le yen s'effondre après l'élection de Abe parce que celui-ci a fait campagne pour un affaiblissement du yen, et même, pour une inflation plus importante au Japon. Et c'est ça la révolution potentielle.

Petite explication : le problème du Japon, depuis 20 ans, c'est la déflation. La déflation est un cancer de l'économie : si je sais que les prix vont baisser demain, je n'achète pas, puisque ça sera moins cher demain. Mais si tout le monde fait ça, plus personne n'achète rien, et l'économie meurt. Et puisque personne n'achète, les prix baissent, ce qui crée un cercle vicieux.

Abe veut, en affaiblissant le yen, créer un peu d'inflation et rendre de la compétitivité aux exportations japonaises, et ainsi relancer l'économie.

Double révolution : dans la mécanique de la politique monétaire, et dans nos débats politiques

Dans la mécanique de la politique monétaire : ça fait 20 ans que la banque centrale japonaise essaye de relancer l'économie japonaise en faisant tourner la planche à billets, sans guère de résultats. Est-ce parce que la politique monétaire ne peut pas avoir autant d'impact sur l'économie ? Ou est-ce à cause de pressions politiques sur la banque centrale qui rendent sa politique timorée ? Maintenant on verra peut être quel est le vrai impact de la politique monétaire.

Mais la vraie révolution est peut être celle des mentalités. Le Japon nous tend le miroir qui prédit l'avenir. Pays riche, mais vieux, vieillissant, sans croissance, enkysté dans sa gérontocratie et son conservatisme. En général, les pays vieillissants sont conservateurs, et refusent à tout prix tout accroissement de la base monétaire qui pourrait mener à de l'inflation, car les retraités vivent de revenus fixés nominalement qui peuvent être mangés par l'inflation. Or l'accroissement de la base monétaire est nécessaire pour sortir des récessions. Si ce dilemme vous rappelle l'attitude de l'Allemagne et de la Bundesbank dans la crise de l'euro, c'est normal.

Si le pays le plus vieux, peut être le plus conservateur, du monde peut se réveiller et voter majoritairement pour un projet politique explicitement centré autour de l'inflation, de l’affaiblissement de la monnaie, il y a peut être de l'espoir pour notre vieille Europe.

La nouvelle page de l'histoire économique qui vient de s'ouvrir au Japon nous apprendra non pas seulement sur la politique monétaire, mais sur notre avenir de pays de riches vieux. Et si ça se trouve, les résultats seront révolutionnaires.

 
Commentaires

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  • Par Gégé Foufou - 07/01/2013 - 08:37 - Signaler un abus C'EST BIZARRE

    C'est exactement ce que veut faire Marine Les Japonais ont dû lire le programme économique du F.N. C'est des copieurs d'idées, c'est bien connu LOL

  • Par General3Gaulle - 07/01/2013 - 10:22 - Signaler un abus L'oligarchie financiere

    Le probleme c'est que l'oligarchie financiere ne veut pas de cela. Et ce n'est pas le parti socialiste ou l'ump qui sont les valets de cette oligarchie qui suvront se chemin. Quand aux electeurs sont ils suffisament impliquer dans la crise pour comprendre que c'est notre chemin... je pense que non. On est pas encore assez dans la m... pour que les gens face l'effort de voir ce chemin pour sortir de la crise... quand on voit que les medias osent nous imposer maintenant le mariage gay alors que on est en pleine crise économique... en clair on nous impose un écran de fumée.... pendant ce temps la... on apprend que Bale 3 est reporte a 2019 on parle de quoi dans les medias Depardieu, Peillon, Belkacem, boutin.... Bysance qui parle du sexe des anges...

  • Par Higitsune - 07/01/2013 - 15:35 - Signaler un abus La solution proposé ne marchera pas pour le Japon

    Il ne faut pas oublier que comme nous au Japon, il y a eu dans les années 80 une bulle financière et une bulle immobilière. Ils l'ont "résolu" par le QE, Quantitative Easing, c'est-à-dire création de monnaie virtuelle qui reste à la BJ. Sauf que cela n'a pas permis de redémarrer l'économie. La solution présenté dans l'article et bien pour un pays comme la France qui a une forte consommation mais une monnaie qui asphyxie ces entreprises et érode sa compétitivité. Au contraire au Japon leurs 3 gros problèmes dont le premier est : une décroissance démographique qui fait qu'il n'y a pas de consommation, le vieillissement de la population qui fait qu'il désépargne. Ce qui est très grave car leur pays est financé à 90% par les Japonais, si il désépargne ils ne pourront pas refinancer leur dette colossale (250% du PIB!). Le dernier problème est leur dépendance accru aux énergies telles que le gaz ou le pétrole depuis Fukushima ainsi qu'a la nourriture - 60% de leur nourriture est importée - Ce que je veux vous faire comprendre pour le cas du Japon c'est que même si l'ont affaiblie la monnaie, si il n'y a pas de consommateur ou de nouveaux créateurs d'entreprises, cela ne changera rien.

  • Par Mani - 07/01/2013 - 15:57 - Signaler un abus Pfff...

    Tout ça est fondé sur l'idée simpliste et fausse selon laquelle il suffit de baisser un peu ses prix pour faire monter ses exportations. Pour que ça marche, il faut BEAUCOUP baisser ses prix... ou bien miser sur la qualité. Mais sur les bas prix, dans tous les domaines, la concurrence est très rude ! . En outre, en ce qui concerne la France, combien de fois faudra-t-il rappeler que notre commerce extérieur se fait à 60% environ à l'intérieur de la zone euro ?? Par conséquent, une dévaluation n'aurait absolument aucune conséquence sur notre commerce extérieur dans la zone euro ! Ce truc, c'est la tarte à la crème, la fausse bonne idée, le grand truc des amateurs de "ya qu'à faut qu'on" qui imaginent qu'il existe des solutions toutes faites de cette nature... . La vérité, c'est que les entreprises françaises doivent miser sur la recherche et la qualité. Tout ce blabla sur la monnaie trop forte, c'est du cout-termisme totalement aléatoire et fondamentalement dangereux.

  • Par fengel11 - 07/01/2013 - 16:08 - Signaler un abus Impossible en France avec l€ plutôt mourrir....

    Le premier ministre Japonais applique la politique monétaire prônée par Marine le Pen! Une révolution au Japon

  • Par Higitsune - 07/01/2013 - 16:59 - Signaler un abus @ Mani

    "La vérité, c'est que les entreprises françaises doivent miser sur la recherche et la qualité. Tout ce blabla sur la monnaie trop forte, c'est du cout-termisme totalement aléatoire et fondamentalement dangereux." OH mais les entreprises en France ont fait mieux que miser sur le recherche et la qualité, elles ont délocalisé car quand la monnaie est trop FORTE - je rappelle quand même qu'on est passé de, 1 Francs = 0.198778 USD à 1 Euro = 1,3185 USD - soit une augmentation de la valeur de notre monnaie utilisé sur le territoire de 659% en 2002 - dans mes souvenirs rien ne légitimait une telle augmentation de notre monnaie. Dans ce cas les entreprises ont deux choix soit mourir soit délocalisé - ou baissé les salaires ou supprimer les impôts sur les entreprises. Ceci explique en partie la perte de 2 millions d'emplois dans l'industrie.

  • Par boblecler - 07/01/2013 - 21:09 - Signaler un abus Vous êtes des comiques sur

    Vous êtes des comiques sur atlantico. Il serait de bon ton de rappeler que que tous les pays du monde à part la France ont repris le système des prêts hypothécaires et les gens convertissent la hausse de plus value potentiel en cash via un prêt hypothécaire à taux variable non capé et ils investissent ou consomment aussi. Le Français ne le peut pas à cause du taux d'usure et les banques ne prêtent que 40% du montant du bien.

  • Par boblecler - 07/01/2013 - 21:10 - Signaler un abus Donc la France ne verse ni

    Donc la France ne verse ni dans le prêt à taux variable ni dans le prêt hypothécaire donc pour relancer l'activité, il faut donc faire des économies budgétaires .

  • Par Rlilette - 07/01/2013 - 21:13 - Signaler un abus Certes, mais.

    Il me semble que vous n'êtes pas sans savoir que: 1) L'inflation (à l'instar de la croissance) ne se décrète pas. Preuve en est de ce que fait la FED et la BoE (depuis 2008), et la BoJ depuis 20 ans. on en est au 4ème QE aux E.U. et on ne les compte plus au Japon avec une inflation qui ne décolle pas (la faute à la Chine d'aucuns diront). 2) L'inflation ne se contrôle pas. Il me semble donc que le "créer un peu d'inflation" me parait un peu euphémique, tant à mon avis lorsque le boite de Pandore sera ouverte, l'inflation sera plutôt tendance "hyper" pour remettre à 0 les compteurs de la dette. Globalement d'accord sur le reste, la dévaluation est un coup de pouce indéniable pour n'importe quel pays (quoiqu'en dise mani). Mais elle a tout de même de grosses conséquence pour un pays comme le Japon qui importe une immense partie de son énergie. Et le mix dévaluation/inflation est l'imposition socialement la plus juste qui soit: égalisation entre jeunes et vieux ainsi qu'entre rentiers et actifs.

  • Par fms - 07/01/2013 - 22:52 - Signaler un abus une bonne guerre des changes...

    je reste perplexe sur les chances de réussite d'une décision unilatérale d'une baisse des cours d'une monnaie si les autres pays se mettent à faire la même chose ? la chine maintient sa monnaie à un niveau faible, le dollar essaye de filer. Les autres monnaies, et l'euro, se retrouvent comparativement trop fortes, leur niveau de change ne reflétant plus la "valeur" de leur économie. Mais avons-nous intérêt à entrer en guerre avec la chine et les Usa sur le taux de change ? la chine produit un effort important pour maintenir ce taux de change, n'y a-t-il aucune stratégie périphérique pour en profiter ? Aucune voie pour que les décisions de la chine soient exploitées économiquement par les pays avec une forte devise ? la chine donne artificiellement à l'europe les moyens d'une politique qu'elle n'aurait pas sans les manipulations des cours de change, pourquoi n'en profite-t-on pas ?

  • Par Bart Tinker - 08/01/2013 - 11:23 - Signaler un abus Révolution, oui

    Révolution dans le sens "cercle complet" pour se retrouver au point de départ. Cela fait plus de dix ans que le Japon utilise l'inflation monétaire, je ne vois pas la nouveauté. Et pas qu'au Japon, d'ailleurs. Mais bon, chacun sa voie, on en reparlera dans dix ans.

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Pascal-Emmanuel Gobry

Pascal-Emmanuel Gobry est journaliste pour Atlantico.

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