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Laudato Si' : la quadrature du cercle de la vision écologique du pape François

Le pape François a publié le texte de la première encyclique centrée sur la question écologique, dans laquelle il invite chacun "à un nouveau dialogue sur la façon dont nous construisons l’avenir de la planète." Le pape a indiqué que "Laudato Si'" était destiné "à tous", et pas seulement aux catholiques.

Le Nettoyeur

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Laudato Si' : la quadrature du cercle de la vision écologique du pape François

Le pape François a publié Laudato Si'. Crédit Reuters

Hier, le pape François a publié Laudato Si' (ne pas oublier l'apostrophe!), son encyclique très attendue sur l'environnement. Comme prévu, il s'agit d'un pavé dans la mare, un appel très fort en faveur d'une “conversion écologique” (expression de Jean-Paul II reprise par François), non seulement des politiques, mais de chacun d'entre nous.

L'encyclique nous avertit que les ressources naturelles ne sont pas infinies et que nous devons changer de mode de vie pour sauver la planète.

En même temps, en bon catholique, le pape nous rappelle néanmoins que cette vision écologique ne saurait être un argument en faveur de l'avortement ou de la contraception, et qu'elle est parfaitement compatible avec l'accroissement de la population.

Ceci pose alors un problème qui ressemble à une quadrature du cercle : si les ressources sont limitées, ne faut-il pas limiter la croissance de la population pour éviter de les épuiser ?

C'est ce dilemme qui se pose depuis que la question de l'écologie est posée. L'écologie n'est-elle pas, au final, une vision qui nie la valeur de la personne humaine, et se retrouve donc en porte-à-faux avec l'humanisme, que celui-ci soit judéo-chrétien ou issu des Lumières ?

Celui qui a permis de sortir de cette aporie est l'économiste Julian Simon - qui par ailleurs, ça ne surprendra personne, était chrétien - et qui a déclaré dans un livre éponyme que “les gens sont la ressource ultime.”

Et c'est cela, la clé. Nous brûlons du pétrole pour faire avancer nos voitures, ça pollue, ça met la planète en danger, soit. Et les réserves de pétrole sont limitées, soit. Mais la ressource que nous consommons, est-ce vraiment le pétrole ? Le pétrole serait encore de la boue noire enfouie sous terre, s'il n'y avait pas des hommes pour le découvrir, découvrir ses utilisations et l'extraire. Le pétrole n'est devenu une ressource qu'à partir du moment—historiquement assez récent—où les hommes ont inventé les moyens pour l'exploiter. Avant cela, ils utilisaient principalement le bois et le charbon, encore plus polluants d'ailleurs.

Autrement dit, c'est l'innovation technologique qui permet d'avoir une croissance—à la fois économique et de population—écologiquement responsable. C'est limite une tautologie : le mot “technologie” veut dire “faire plus avec moins.” Après le pétrole il y aura (sans doute) le nucléaire et (moins probable) le solaire et l'éolien. Chaque nouvelle ère technologique a permis d'extraire plus d'énergie de quantités plus réduites de ressources ; autrement dit, de faire plus avec moins ; autrement dit, de croître la population et l'économie sans (pour l'instant) épuiser les ressources de la planète.

Et d'où vient cette innovation techologique ?

Hé bien, des gens. C'est nous qui la créons, cette innovation technologique. Les scientifiques, qui découvrent les idées. Les entrepreneurs, qui les transforment en produits utilisables. Les financiers, qui permettent à ces produits d'être déployés dans toute la société. Et les consommateurs, dont les choix et les envies dirigent les marchés. Et les familles, tout simplement, qui donnent naissance aux scientifiques, aux entrepreneurs, aux financiers, aux consommateurs.

Être humain, c'est être créatif. Chacun, à notre niveau, nous aimons être un artiste, nous aimons créer. C'est cette créativité qui fait la richesse - dans tous les sens du terme- d'être humain, et c'est aussi cette créativité qui permet l'innovation qui permet une vraie croissance responsable.

 
Commentaires

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  • Par langue de pivert - 19/06/2015 - 17:10 - Signaler un abus "Si dieu existait...il faudrait s'en débarasser"

    Bien vu camarade Bakounine ☺ ! Le "capitalisme", les "dirigeants" de ce monde, "l'homme" en général appliquent à la lettre les recommandations du "Tout Puissant" : à savoir soumettre la nature à leur bon plaisir et à leurs besoins pour croitre et se multiplier ! 7 000 000 000 et une planète en ruine ! pas mal comme résultats ! Il devrait être content le pape ! ☺ Il ne croit plus en Dieu ? Moi non plus. Ni aux hommes. Et c'est pas d'hier.

  • Par cloette - 19/06/2015 - 17:38 - Signaler un abus réchauffement climatique?

    de deux degrès sans doute ce n'est pas la mer à boire , et cela permettra quelques cultures de plus , de toute façon l'homme n'y est pour rien , les changements climatiques se sont toujours faits sans lui, quant aux ressources il y en a encore pour un milliard d'année , le seul problème est la surpopulation car la surface de la terre restera la même , le pape devrait prôner aux Africains la doctrine de l'enfant unique !

  • Par zouk - 19/06/2015 - 18:52 - Signaler un abus Laudato si'

    Il n'y a pas qu'un économiste chrétien pour écrire que les "gens sont la solution", Alfred Sauvy, socialiste bon teint écrivait: "il n'y a de richesse que d'hommes". Ils ont raison, avec un bémol: les populations, occidentales au moins, doivent apprendre à ne plus dilapider les richesses, naturelles en particulier, c'est sans doute le message de notre Pape

  • Par gwirioné - 21/06/2015 - 01:35 - Signaler un abus Vive l'avenir!

    "Il n'y a de richesse ni force que d'hommes", ,Les six livres de la République",Jean Bodin, 1576. A part ça, bon article!

  • Par Babaswami - 21/06/2015 - 09:31 - Signaler un abus L'écologie à la mode

    Le pape François , dans sa recherche éperdue du buzz à tout prix,apporte de l'eau au moulin de l'autre François en enfourchant le cheval à la mode de l'écologie. Mais le facteur prédominant sous-jacent au problème écologique, que l'on ne mentionne jamais, est la surpopulation du globe, que l'on n'arrive pas à endiguer et qui accroît la misère année après année. Et là le Vatican, opposé au contrôle des naissances, est vraiment mal placé pour donner des leçons.Le jésuitisme a quand même des limites!

  • Par Ex abrupto - 24/06/2015 - 12:04 - Signaler un abus La cause racine

    La "root cause" quand on parle savant, c'est le pullulement humain et l'utilisation démesurée des ressources ainsi que la production des déchets. En attendant qu'on ait réglé ce pb du pullulement, il faudra se contenter de toutes sortes d'expédients (consommation énergétique, recyclage,....) qui nous donneront (peut-être!) le temps d'y arriver. A noter que la quantité d'humains que peut héberger la planète souffre d'une lourde imprécision: entre 100 000 et 1 000 000 d'individus pour les "deep ecologists" jusque 12milliards pour des écologistes plus récents...

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Pascal-Emmanuel Gobry

Pascal-Emmanuel Gobry est journaliste pour Atlantico.

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