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Ecole de l'entrepreneuriat : et si c'était en réalité une bonne idée ?

Fleur Pellerin, ministre déléguée aux PME et à l'Innovation, a proposé la création d'une école de l'entrepreneuriat qui faciliterait la création d'entreprises aux personnes plus vulnérables sur le marché de l'emploi.

Moins bête qu'il n'y paraît

Publié le
Ecole de l'entrepreneuriat : et si c'était en réalité une bonne idée ?

Fleur Pellerin souhaite lancer une école de l'entrepreneuriat.

A (re)lire sur ce sujet : Ecole d'entrepreneuriat : entre les entrepreneurs potentiels et les administrations en charge de l'économie, qui aurait le plus à apprendre ?

Lorsque Fleur Pellerin a lancé l'idée d'une école de l'entrepreneuriat, beaucoup dans le monde des entrepreneurs ont ri. L'idée que l'entrepreneuriat peut s'apprendre sur les bancs de l'école, comme on apprendrait la physique ou l'histoire, a peu d'arguments pour elle. Et, plus généralement, ça ressemblait à une caricature de la vision de la société à la française, où le statut découle des études qu'on a fait à 18 ans, et où il n'y a pas de salut hors du diplôme. Certains ont fait remarquer que presque toutes les grandes écoles françaises et de nombreuses universités ont aujourd'hui des formations en entrepreneuriat, et que ce n'est donc pas une nouveauté.

Mais à y regarder de plus près, cette idée a du mérite. En effet, dans l'interview au Figaro où elle lance l'idée, voici ce que dit Fleur Pellerin : “elle pourrait prendre la forme d'une plate-forme largement dématérialisée, ouverte à tous les profils - y compris ceux qui n'ont pas fait d'études - et à tous les âges. Ce serait une école pour tous où l'on trouverait aussi bien des formations de droit ou de compatibilité que des techniques pour créer son site Internet ou choisir la forme juridique de sa société. Cela pourrait prendre la forme d'un partenariat public-privé”.

En fait, Fleur Pellerin pense moins à une “Ecole Nationale de l'Antrepreneuriat” qu'à une sorte d'université en ligne ou, mieux, une sorte de portail d'informations pour donner des outils à chacun.

Cette idée a plusieurs avantages. D'abord, elle se rapproche de la vision de l'enseignement supérieur que devrait adopter la France. Comme je l'ai écrit, la révolution de l'enseignement supérieur qui se dessine passe par Internet, et c'est un train que la France devrait prendre, et même anticiper.

Ensuite et surtout, ça ne peut pas faire de mal. Une critique possible de l'idée de Fleur Pellerin est que ce qu'elle propose existe déjà. Contrairement à ce que pensent les hauts fonctionnaires, l’initiative privée marche vraiment bien, et il y a pléthore d'informations pour lancer son entreprise. Oui, mais cette information est disparate, très souvent en anglais (pas gênant pour les startuppers, mais ils sont loin d'être le seul public concerné par l’entrepreneuriat), pas toujours mise à jour ou même correct (je pense aux diverses informations juridiques/fiscales qu'on peut trouver ça et là). Bref, il y a un “trou” dans le marché. Pour le combler, il faudra un bon produit, et rien ne garantit que le gouvernement ou son “partenariat public-privé” pourra nous en sortir un. Certes, mais au pire, ça ne fera pas de mal. Et au mieux, ça peut être un outil carrément utile. Ca vaut le coup de tenter quelque chose.

C'est peut être même une bonne chose parce que, tant que Fleur Pellerin se concentre à faire son école de l'entrepreneuriat, elle ne peut pas faire de mal ailleurs. Les PME et l'entrepreneuriat ont souffert de l'action du gouvernement : politique d'austérité, augmentations diverses d'impôts, fracassage du statut d'autoentrepreneur, mise à mal de l'état de droit... Puisqu'il semble qu'en France le gouvernement est obligé de toujours s'agiter, qu'il s'agite au moins sur quelque chose qui ne peut pas faire de mal !

Cette idée devra éviter les nombreux écueils qui se dessinent devant lui : une vision trop “verticale”, sorte de CNED de l'entrepreneuriat avec des diplômes, plutôt qu'une vision “horizontale”, plateforme apportant des ressources à chacun ; une mauvaise exécution, créant un problème inutile.

Mais, en tous les cas, l'idée a du mérite. Tous les entrepreneurs devraient espérer que l'école de l'entrepreneuriat de Fleur Pellerin sera un succès. Et sinon, au pire, ça ne nous fera pas de mal.

 
Commentaires

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  • Par Jeffouille91 - 30/08/2013 - 15:49 - Signaler un abus M'ouiche

    le pari de Pascal en quelque sorte De là à dire que cela ne nous coutera pas grand chose ..... j'attend de voir le budget qui y sera alloué ...

  • Par jerem - 30/08/2013 - 16:03 - Signaler un abus c'est plus fort que tout ....

    "C'est peut être même une bonne chose parce que, tant que Fleur Pellerin se concentre à faire son école de l'entrepreneuriat, elle ne peut pas faire de mal ailleurs. Les PME et l'entrepreneuriat ont souffert de l'action du gouvernement" c'est plus fort que tout .... oui d'ailleurs que n'a telle fait souffrir les entreprises en supprimant le fichage des entrepreneurs liquidés et déposeurs de bilan et on ne parle pas de la suppression du dépot des comptes au greffe.... tout un boulevard pour des arnaqueurs et de laisseurs d'ardoise pour que leur entreprise puisse venir et revenir sans fin ..... oui c'est vrai fleur pellerin a fait bcp de mal ..... normal , elle est dans un gouvernement socialiste , pas vrai !!

  • Par jean fume - 30/08/2013 - 16:26 - Signaler un abus ""sinon, au pire, ça ne nous fera pas de mal."" ???

    Si justement. C'est exactement comme ça, que l'état dilapide l'argent des contribuables depuis des décennies. En fabricant des "machins" qui ne servent à rien, sinon à engraisser les quelques uns qui ont trouvé là un moyens de se gaver sur le dos des contribuables. A part ça tout va bien !

  • Par fentreti - 30/08/2013 - 16:39 - Signaler un abus Entrepreneuriat de kébab , et de resto chinois

    Voila les nouveaux entrepreneurs de la France .

  • Par Ravidelacreche - 30/08/2013 - 17:08 - Signaler un abus Ecole de l'entrepreneuriat

    Pinel n'est pas d'accord pour que l'on forme des autoentrepreneurs, y faudrait savoir ?!

  • Par Gégé Foufou - 30/08/2013 - 17:12 - Signaler un abus Formidable

    piège à con de" chômeurs qui se mettent à leur compte, après avoir repent la chambre du voisin, taillé la haie du cousin, refait la plomberie du copain et le carrelage de Valentin, plus de boulot. La banque plus de sous plus de carte bancaire plus de chéquier, dépôt de bilan. Direction Pôle Emploi, pas de bol pas d'indemnités direction la rue et la pauvreté. Et un chômeur de moins c'est la petite Fleur qui aura bien baisé le pèlerin.

  • Par Yvantof - 30/08/2013 - 18:23 - Signaler un abus bonne idée

    Il faudrait que les 4 premiers élèves soient MM Montebourg, Moscovici, Pellerin et Pinel Un stage aussi pour M. Sapin ne lui ferait pas de mal et peut-être qu'il comprendrait que d'avoir sur ordre des syndicats taxé à 20% l'interessement (PME < 50 salariés) sous prétexte selon les syndicats que ce revenu s'apparente à du salaire déguisé n'a strictement aucun rapport. Ce dispositif permet juste au chef d'entreprise d'associer les salariés aux performances (gros mot patronal) de celle ci. L'intéressement est d'ailleurs plafonné pour éviter des dérives Lorsque vous avez 200 euros d'interessement, M. SAPIN croit-il vraiment que c'est du "salaire déguisé" ?! Qu'il cesse d'écouter les conneries des syndicats concernant les PME de moins de 50 salariés car ils n'y sont pas et n'y comprennent RIEN Cette taxation a foutu le bordel dans toutes les entreprises et ce qu'elle que soit sa taille. Comme d'habitude avec la gauche, on traite la multinationale comme la PME et l'on croit que cela se gère de la même façon et ont les mêmes contraintes. Il suffit de voir l'exemple des 35h

  • Par Vinas Veritas - 30/08/2013 - 18:38 - Signaler un abus Ecole d'entreprenariat

    Le principe, en lui-même, n’est pas stupide car passer du statut de salarié au statut d’entrepreneur responsable n’est pas d’une parfaite évidence pour celui qui n’a d’autre souci que de gérer le montant de sa paye La perception du Chiffre d’Affaires diffère de l’encaissement, la perception du bénéfice net n’a rien à voir avec le résultat net avec Crédits Clients non encore perçus Déjà, un enseignement qui permet aux postulants d’appréhender les arcanes de l’entreprise sera aune bonne chose dans le principe Pour la suite, les doutes surgissent dans la manière d’appliquer en pratique les modalités d’une théorie annoncée C’est là que, comme beaucoup d’observateurs, les doutes se bousculent lorsque la proposition émane d’un membre du gouvernement qui se dit socialiste Pourtant l’idée n’est pas à rejeter d’emblée, dans le flot des inepties peuvent se glisser parfois des erreurs qui sont bonnes à retenir. Reste donc la mise en place d’une structure efficace à un prix raisonnable pour des personnes décidées à créer sans pratiquer la chasse aux subsides issus des fonds collectifs.

  • Par Jean-Pierre - 30/08/2013 - 19:05 - Signaler un abus Bientôt, d'autres écoles socialistes... ?

    . Pour ma part, j'attends : . - une école d'entrepreneuriat pour apprendre à créer / faire survivre face à l'administration l'auto-entreprise que le gouvernement socialo veut couler ; ainsi que les autres entreprises... ; . - une école fiscalo-sociale-juridique pour apprendre à ne pas trop se faire tondre par l'Etat avide de mes euros ; . - une école de morale socialo-gauchiste du mensonge et de l'inaction / anti-réforme pour mieux appréhender le monde qui nous entoure (encercle... ?) sans étouffer ; -. Et bien sûr une école des allocs et pensions diverses, pour préparer l'avenir des jeunes, des chômeurs longue durée, des "emplois" d'avenir quand ils reviendront à la réalité... et etc. . Qui mieux que le pouvoir socialiste peut effectuer de telles créations ?

  • Par amike - 30/08/2013 - 19:07 - Signaler un abus Quand on veut être clair, on s'exprime clairement !

    L"Ecole de l'entreprenariat" ne voulant pas dire grand'chose de bien, Fleur tente de se rattraper en ajoutant de l'Internet dedans... Mais, franchement, n'était-ce déjà pas ce qu'Allegre voulait faire ? Qu'elle aille déjà se faire comprendre auprès de Peillon et de ses syndicats avant de faire des annonces gratuites !

  • Par emcé - 30/08/2013 - 19:46 - Signaler un abus ????

    Ttes les ecoles de management ont une section entrepreunariat !

  • Par Johanus - 30/08/2013 - 20:21 - Signaler un abus Un entrepreneur c'est l'antipode d'un prof !

    L'entrepreneuriat ne peut être enseigné que par des entrepreneurs et ce qu'ils auront à transmettre, ce n'est pas des cours de comptabilité, mais leur passion, leur créativité, leur pugnacité, leur charisme, leur folie... alors franchement... NON CE N'EST PAS UNE BONNE IDÉE ! C'est de l'ENFUMAGE, comme les dix propositions qui ont été faites aux assises de l'entrepreneuriat et dont on n'a pas encore vu la couleur.

  • Par titine - 30/08/2013 - 21:02 - Signaler un abus et hop !

    encore un "gros machin" qui va coûter la peau des fesses ... libérer les entreprises qui étouffent sous les taxes et ne peuvent embaucher est évidemment moins facile et ne coûte rien mais peuvent rapporter gros, mais là... c'est tout un problème pour l'idéologie socialiste.

  • Par legaulois - 31/08/2013 - 07:48 - Signaler un abus le résultat

    d'avoir mis tous les jeunes au niveau bac sans sélection comme à mon époque (examen d'entrée en 6 éme un bon brevet un bon bac et gens motivés et capable d'aller en fac ou grandes écoles) de plus on à méprisé l'apprentissage en entreprise ce que les allemands n'ont pas fait le travail quelque soit la sorte s'apprend sur le terrain je parle en connaissance de cause ( apprenti ouvrier responsable et chef d'entreprise le tout avec succès )

  • Par timi - 31/08/2013 - 12:43 - Signaler un abus @ Johanus

    Oui, l'entreprenariat est une affaire de passion, de créativité, etc. . Mais tout comme la compta ou le management (qui sont aussi nécessaires), ça s'apprend aussi dans des écoles. Non pas au collège, au lycée ou à la fac, mais dans des établissements du supérieur, au contact d'entrepreneurs et de spécialistes de la question (du moins, c'était encore le cas quand j'y étais). L'entrepreneur est à l'antipode du prof du secondaire, mais il n'empêche que c'est durant ses études qu'on reçoit le plus efficacement la motivation et les connaissances pour le devenir. Toutefois, l'idée d'une « école d'entrepreunariat » n'est pas bonne pour autant. Parce que pour exercer une véritable activité économique, il faut des connaissances et des savoir-faire spécifiques au domaine inverti. Difficile donc d'envisager des formations pas ou peu spécifiques qui soient réellement abouties et efficaces ... sauf à prétendre pouvoir gérer une entreprise comme une administration étatique ! Cette idée semble pour l'instant se limiter à en engraisser certains, et à envoyer au casse-pipe des bataillons de soi-disant affranchis avec le seul bénéfice de faire baisser les mauvaises statistiques de l'emploi.

  • Par naouak - 31/08/2013 - 15:26 - Signaler un abus Pas vraiment crédible

    Les socialistes qui créent une école de l'entreprenariat ? Après avoir passé tant de temps à détruire l'entreprise, le travail et à pourrir les relations sociales dans l'entreprise ? Il n'y a plus qu'à demander à Mme Taubira d'organiser les écoles de police, à Mac Donalds de refondre nos écoles hôtelières. Tiens, on pourra même en confier la direction à ce brave Mélanchon ...

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Pascal-Emmanuel Gobry

Pascal-Emmanuel Gobry est journaliste pour Atlantico.

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