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Peut-on vraiment stocker ses données en toute confiance sur le cloud ?

Nous stockons toujours plus de données en ligne, selon Scientific American : carnet d’adresse, agenda, e-mails, mots de passe... Comment les géants du web ont-ils fait pour rendre le "cloud" indispensable ? En quoi ces données aident-elles les agences de marketing à mieux cibler leurs clients ?

La minute Tech

Publié le
Peut-on vraiment stocker ses données en toute confiance sur le cloud ?

Le Scientific American fait état dans un récent article de la montée en puissance du "cloud" dans la vie de tous les jours. Crédit Reuters

Atlantico : Le Scientific American fait état dans un récent article (voir ici) de la montée en puissance du "cloud" dans la vie de tous les jours : carnet d’adresse, agenda, e-mails, tâches à effectuer, mots de passe… tous ces outils sont regroupés sur le net, sauvegardés sur des serveurs. Comment les géants du web Apple, Google ou Microsoft ont-ils fait pour rendre le "cloud" de plus en plus incontournable ?

Maxime Pinard : Ils sont partis d’un double constat : les internautes créent de plus en plus de contenus numériques (photos, vidéos, lourds programmes…) qui nécessitent des espaces de stockage toujours plus importants. Ces mêmes internautes ont peur également qu’en raison d’une défaillance technique ou humaine (les sauvegardes ne sont pas fiables à 100%), leur vie numérique disparaisse.

Les entreprises concernées n’ont eu qu’à jouer sur l’idée qu’elles se chargeaient de protéger les données numériques des internautes, mettant en avance leur savoir-faire technique et leur réputation. Pour ce faire, elles ont au fur et à mesure intégrer dans leurs services classiques (messagerie, logiciel de gestion de fichiers pour Apple avec Itunes, etc…) des outils permettant (Gdrive pour Google, Icloud pour Apple, Skydrive pour Microsoft…) à chacun d’externaliser ces données, avec l’idée séduisante de pouvoir les consulter d’où on veut, le tout étant bien évidemment synchronisé. Le problème est que ce qui était au départ une possibilité tend à devenir un impératif pour profiter des services de ces entreprises.

Avec le système Mavericks d’Apple, il est désormais impossible de faire passer des données de son iPhone vers un ordinateur avec un câble : on doit forcément passer par le cloud… Peut-on encore aujourd’hui utiliser des appareils Apple, Samsung ou autre sans devoir nécessairement stocker ses données ailleurs ? Ces entreprises font-elles en sorte qu’il soit impossible de profiter de leurs services sans confier au "cloud" ses données ?

L’objectif à terme est clairement que les internautes stockent dans le « nuage numérique » toutes leurs informations. Il y a toujours une possibilité pour l’internaute de passer outre ce chemin guidé, mais cela nécessite du temps, une curiosité et quelques notions en informatique (impliquant parfois des modifications en profondeur du système, ce qui fait perdre la garantie), ce dont une grande partie des internautes ne veut pas entendre parler, privilégiant le côté pratique aux enjeux sécuritaires posés par cette utilisation du web.

Des entreprises comme Apple avec iOS ou Samsung avec son Androïd retravaillé cherchent à créer un écosystème numérique à même de faire croire à l’internaute qu’il est en sécurité tant qu’il utilise les services qu’elles recommandent, ce qui est tout simplement faux, aucun système n’étant sûr à 100%.

Pourquoi ces entreprises cherchent-elles à rendre le "cloud" incontournable ? Derrière l’argument de la praticité, poursuivent-elles un objectif particulier ? 

Ces entreprises fabriquent des terminaux numériques qui ne sont qu’une étape dans leur stratégie globale qui consiste à gérer l’ensemble du flux de l’information et du divertissement : créer un objet qui sera acheté par un consommateur qui l’utilisera pour créer du contenu hébergé par la société créatrice de l’objet qui en monétisera le contenu. Sans le percevoir réellement, nous stockons une mine d’informations en ligne qui sont un trésor pour les sociétés de marketing qui cherchent toujours plus à cibler le client. L’heure de connexion, le temps passé sur tel site, l’utilisation de tel appareil photo, etc, permettent de nous faire rentrer dans des « cases » et ainsi de nous proposer des « offres adaptées ». De plus, ces mêmes sociétés s’arrangent pour rendre incompatibles (ou compatibles mais avec des outils tiers) leurs services avec ceux du concurrent, d’où une dépendance du consommateur qui aura tendance à renouveler son matériel chez la même enseigne.

 
Commentaires

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  • Par Ravidelacreche - 17/02/2014 - 09:44 - Signaler un abus stocker ses données en toute confiance

    Bof! On braque bien les banques...

  • Par Djelmé - 17/02/2014 - 10:47 - Signaler un abus Mêmes cryptées

    Mêmes cryptées (si l'outil de sauvegarde ne le prévoit pas pour la conservation mais aussi/surtout pour le transfert, s'y atteler soi-même, c'est in-dis-pen-sable), les données peuvent être récupérées, le tout dépend de l'intrus. Un peu comme en ville où on use de moyens basiques dans les quartiers habituels (non, non, pas de bat ni de poing américain dans ces quartiers là !) mais où il s'agit de repenser sa bulle de défense pour peu que l'on s'aventure dans quelque quartier chaud), le Net idem : si l'on n'est pas dans le viseur un minimum est requis, si on devient l'obsession d'un sniper même le maximum risque de pas suffire. Ainsi, faire gaffe avec ses données en particulier si l'on est du genre flegmatique à se balader les mains dans les poches en sifflotant tout en arpentant la faune embusquée ... Pour éviter la parano, sortir couvert, et sortir ses données couvertes, surtout !

  • Par yavekapa - 17/02/2014 - 11:53 - Signaler un abus En cherchant bien

    on trouvera que le cloud a été promus par la NSA, qui passe chaque nuage au peigne fin. c'est comme si on mettait son coffre-fort dans les quartiers nord de Marseille, ou pire, aux sièges des PS.

  • Par ignace - 17/02/2014 - 17:49 - Signaler un abus Stocker toutes les conneries generées sur internet

    une vraie croisade §§§

  • Par helios - 17/02/2014 - 18:52 - Signaler un abus bien sûr qu'on peut,

    avec un cryptage adéquat...

  • Par sergeG - 17/02/2014 - 19:54 - Signaler un abus en cas de conflit ?

    En cas de conflit, nos données seront elles toujours accessibles ? j'en doute !!! Ma conviction est que l'objectif est de rendre chacun dépendant de l'oligarchie.

  • Par pemmore - 17/02/2014 - 20:21 - Signaler un abus C'est prendre un très grand risque,

    il y aura toujours des pannes et des virus, mais c'est sur les gens s'en foutent, par curiosité j'ai mis en vente des grosses cassettes de données(stockage facile 60 ans sans risques) ça n'est pas parti et ça n'a pas effleuré la tête de qui que ce soit.

  • Par amusée - 18/02/2014 - 10:06 - Signaler un abus Bah oui

    L'idée d'archiver sur le cloud ou même sur un objet connecté ou encore d'utiliser des services en ligne n'est pas prête de me traverser l'esprit. Ce qui se prépare est bien trop évident.

  • Par Glop Glop - 19/02/2014 - 20:06 - Signaler un abus Ben oui tiens...

    ... le Cloud, en voilà bien un monde où tout appartient à tout le monde. Le pire des coffre forts. Ne jamais rien y stocker. Pour mes clients, ma règle restera la même depuis le début: Tout sur support physique, par retrait à l'entreprise ou envoi par LRAR, pas de virtuel, si eux en prennent le risque, ce n'est dès lors plus mon affaire mais seulement la leur. Aucune transmission par le net non plus et aucun travail effectué à partir d'une unité reliée au web sous une forme ou une autre, c'est la seule sécurité réelle à l'heure actuelle.

  • Par iMandarinGriot - 23/02/2014 - 15:33 - Signaler un abus J'ai déjà vu, constaté,entendu, et lu cette attitude.

    Socrate présenta des arguments imparables contre l'utilisation de l'écriture, l'Eglise fit de même contre la prolifération de la Bible grâce à l'invention de l'imprimerie. Le grand philosophe Alain mena la lutte contre le téléphone avec des arguments eux aussi imparables, des comités d'éthique composés d'hommes admirables conclurent après des études savantes, que celui-ci devait être interdit aux femmes. tour à tour, la radio, la télévision, le cinéma, la motorisation de la marine subirent les critiques admirables qui démontraient tous leurs effets né fastes. Maintenant c'est le tour du stockage sur le Cloud de provoquer les mêmes peurs enfantines (infantiles ?) Corrigez-moi si je trompe mais il me semble que je confie mon argent à mon banquier, mes yeux, mon coeur, mes reins, ma prostate à des spécialistes que je n'ai jamais rencontré, que je confie ma vie à un pilote d'avion que je n'ai jamais rencontré non plus. Enfin il me semble que tout le monde fait comme moi. Il faut savoir raison garder !

  • Par Lennart - 24/02/2014 - 06:55 - Signaler un abus C'est la base même d'un éco système

    Rendre captif le consommateur, ou l'idée d'aller voir ailleurs couterait une fortune en remplacement de produits médias (musique, livres, applications, jeux, films, vidéos etc.) était la grande idée de Steve Jobs depuis des années il rongeait son frein de pouvoir disposer des technologies permettant cela. Je ne doutes pas que d'autres y pensaient aussi, l'exemple de Google le confirme mais ne nous laissons pas influencer par la tendance actuelle qui est de montrer du doigt exclusivement Google, ou pratiquement, comme étant le "seul méchant" qui pourrait laisser croire que les autres sont très vertueux. Aujourd'hui méfions nous encore plus de ceux qui cherchent à nous faire croire qu'ils sont très vertueux, l'affaire du procès des éditeurs et iBook d'Apple est l'exemple des dangers que les consommateurs courent, l'excuse d'un concurrent trop présent ne justifient pas que l'on cherche à remplacer un presque monopole aux pratiques commerciales douteuses par un autre monopole tout aussi dangereux.

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Maxime Pinard

Maxime Pinard est directeur de Cyberstrategia, site d'analyse stratégique portant sur les enjeux du cyberespace et de la géopolitique en général. Il est adjoint aux formations à l'IRIS, en charge de l'enseignement à distance et de la formation "Action humanitaire : enjeux stratégiques et gestion de projet".

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