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Le crowdfunding va-t-il remplacer votre banquier ?

Crise aidant, le "crowdfunding", ou le financement collectif par les internautes de projets culturels, intéresse maintenant les institutions et les petites entreprises à la recherche de capitaux.

Minute tech

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Le crowdfunding va-t-il remplacer votre banquier ?

Le financement collectif d'un projet par les internautes s'institutionnalise à grande vitesse. Crédit Reuters

L'Agence pour la création d'entreprise (APCE), organe officiel des futurs entrepreneurs, cite désormais parmi les possibilités de financement d'une jeune entreprise le crowdfunding, ou financement collectif, dit aussi financement participatif.  Le crowdfunding, né d'Internet et sur Internet pour financer des projets culturels - livres, disques, concerts, films -  par des centaines ou des milliers de petits investissements électroniques, s'institutionnalise à grande vitesse.

Illustration du crowdfunding, photo Rocio Lara sur Flickr.

Une croissance qui fait rêver

Jusque là, et depuis 2009, la mécanique était innovante, simple et bon enfant. En présentant un petit projet sur Internet, sur une des plateformes de crowdfunding, le porteur de projet pouvait compter sur le soutien d'amis et de proches ou d'inconnus en échange de cadeaux symboliques (citation au générique, livre dédicacé).  Après avoir longtemps courtisé les sceptiques, le crowdfunding, faute de banquiers prêteurs, est maintenant celui que l'on courtise. Le rachat récent d'une plateforme de crowdfunding, People for cinema, par l'un des pionniers français, Ulule, signale aussi qu'il peut maintenant viser grand, comme la production de longs métrages. Le "hall of fame' de Ulule, qui a fêté récemment 2500 projets financés, illustre en cinq projets phénomènes l'enfance du crowdfunding, du bouquet de fleurs destiné à Christiane Taubira financé en un temps record et au-delà de toute espérance aux 110 000 euros réunis par exemple pour le développement d'un jeu-vidéo.

Ces chiffres font rêver les petits ou grands entrepreneurs en mal de crédit, et si l'on croit les rapports annuels des très rares bureaux d'études spécialistes de cette nouvelle économie, tous les espoirs sont permis.  Massproduction, vient de publier un rapport très optimiste de l'actuelle explosion du crowdfunding. Selon Massproduction, plus d'un million de campagnes d'appels de fonds par  crowdfunding ont levé 2.7 milliards de dollars en 2012, une augmentation de 81 pour cent par rapport à 2011, et ce marché devrait doubler encore en 2013. L'étude s'est basée sur 308 plateformes en ligne de financement participatif, mais 95 pour cent de ces projets et fonds s'échangent aux Etats-Unis et en Europe.

Une solution pour les entreprises? 

Le système, qui confie à l'entrepreneur lui-même le soin de faire sa publicité sur les réseaux sociaux et de fédérer au-delà de son cercle, privilégie les experts des réseaux sociaux et est soumis à de très capricieux phénomènes de mode et à un univers encore étranger aux besoins de l'entreprise non culturelle. Clubic a publié une enquête soulignant que sur le site américain du grand du crowdfunding aux Etats Unis, Kickstarter, 82 000 projets ont été présentés depuis 2009 mais seulement 35 000 ont été financés. Clubic a aussi rassemblé des témoignages d'entrepreneurs venus chercher des capitaux pour des projets non culturels, mais industriels, qui se sont heurtés à des déboires ou à un flop complet.

Un cadre législatif à inventer

Et pourtant, de plus en plus de petites entreprises cherchent et trouvent parfois leur capital initial grâce aux crowdfunding. Encore cantonné à la "finance solidaire" pour de très petites entreprises ou commerces, le nouveau mécanisme souffre avant tout, pour passer à la vitesse supérieure et offrir une alternative aux banques, de l'absence d'un cadre législatif français ou européen qui le reconnaisse. Aux Etats-Unis, le Jumpstart your business Act a été voté en 2012 et permet aux petites entreprises de recourir à ce type de financement pour trouver un capital de départ. Un manifeste pour une reconnaissance du crowdfunding a été présenté aux instances européennes, avec quelques vagues promesses. Le site Le Monde du droit a récapitulé tous les obstacles qui s'opposent pour l'instant à ce qu'il devienne une vraie alternative pour les créateurs d'entreprises. "Deux difficultés principales sont identifiables : la question du monopole des activités bancaires et celle de l'offre d'épargne au public. Dans les deux cas, les réglementations existantes, destinées à protéger l'emprunteur ou l'investisseur, brident les initiatives ou obligent les acteurs de la finance participative à recourir à des structurations peu adaptées". Mais...sous la pression de la crise bancaire et des entrepreneurs, les institutions et les monopoles commencent à bouger. Le Monde du droit signale que l’AMF et l’ACP ont annoncé publier prochainement un communiqué de presse commun  indiquant les limites dans lesquelles ces activités doivent s’exercer en France. 

 
Commentaires

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  • Par Casperino - 22/04/2013 - 10:14 - Signaler un abus Fixer un cadre?

    de peur de concurrencer les banques qui ne veulent pus rien financer ?? Il est tout de même remarquable que les besoins politique et surtout financier se précipitent à cadrer ce genre de participation citoyenne plutôt que d'interdire les spéculations : à grande vitesse (robots de la City par exemple a contrario des investissements en bon père de famille), les spéculations sur les matières premières (notamment alimentaires), sur les produits complexes (ou le virtuel tue l'économie réelle), spéculations encore avec les ventes à découvert, spéculations toujours sur lesles tendances baissières (les futures, ...) .... Là, il y aurait vraiment de quoi faire entrer pas mal d'argent dans les caisses de l'état et surtout empêcher le vol des petits investisseurs par les grands fonds d'investissement et autres courtiers majeurs.

  • Par afexios.com - 22/04/2013 - 10:43 - Signaler un abus afexios.com est 100% légal

    Merci pour cet article ; en attendant les améliorations réglementaires, le crowdfunding à destination des entreprises est d'ores et déjà possible dans un modèle validé par l'ACP-AMF. Chez Afexios, il est possible à des TPE / PME de promouvoir leur activité, être mis en relation avec des membres intéressés par l'invesetissement direct via le crowdfundin, et d'organiser eux-mêmes leur augmentation de capital dans la limite de 100.000 € auprès de 149 investisseurs. Ces contraintes sont un frein, certes, mais n'empêchent de découvrir ce nouveau de mode financement en fonds propres sans intermédiation financière, et sans frais pour les particuliers...RDV sur afexios.com pour plus d'informations sur ce qu'il est légal de faire à ce jour pour soutenir nos entrepreneurs et les emplois de demain.

  • Par Zentreprendre - 22/04/2013 - 10:59 - Signaler un abus Z'entreprendre, crowdfunding pour entrepreneurs

    Excellent article, merci. Les PME françaises tremblent en attendant les résultats des assises de l'entrepreneuriat ... en espérant qu'un cadre juridique opportun sera mis en place pour les réseaux de crowdfunding, permettant de mobiliser l'épargne des ménages. En France le financement participatif est en plein boom, y compris pour la création d'entreprise. Les banquiers sont devenus tellement frileux...alors les entrepreneurs partent à la recherche d'autres sources de financement. www.zentreprendre.com est un réseau 100% gratuit pour les co-financeurs et les porteurs de projet : et s'il permet de lever des fonds, il se positionne avant tout comme un réseau de partage et un lieu d'échange entre les internautes (à la manière des réseaux sociaux "classiques") .

  • Par walküre - 22/04/2013 - 11:40 - Signaler un abus En attendant

    ce système s'apparente à une loterie et est prompt à ruiner les gens. Pour le cinéma les disques, zéro pointé. Ca nous fait penser aux chevaux de courses vendus par parts. Un canasson qui vaut 10 000 euros est partagé en 100 parts non pas de 100 euros mais de 500 euros ce qui fait le bourrin à 50 000 euros. Qui ne gagnera peut-être jamais rien.

  • Par PILOTAGE Dufresnoy-SFMIE - 22/04/2013 - 17:11 - Signaler un abus Projet de "crowdfunding" avant de savoir ce que c'était !

    ...Comme Monsieur Jourdain faisait de la prose sans le savoir... Il y a déjà une douzaine d’années que je rêvais d’un financement direct entre particuliers et entrepreneurs «l'aide à la création d'entreprise pour cette marge importante de créateurs n'étant pas assez pauvres pour bénéficier des aides existantes et pas assez riches pour obtenir un concours bancaire pour un projet +/- modeste ?». Projet passablement oublié appelé «Capital-fisc» (marque enregistrée INPI) site Internet ou réseau possible d’associations régissant les relations entre investisseurs et entrepreneurs en Pilotage* chacun d’eux bénéficiant donc à ce titre de l’encadrement d’un contrôleur de gestion (sécurisation des investissements). Il est vrai que nous sommes plus axés actuellement sur le Pilotage* de SUSHIJU, mais si ce commentaire attirait un certain intérêt... Cordialement, FD Dufresnoy * Pilotage ? C’est une toute autre histoire !

  • Par Particeep - 23/04/2013 - 00:01 - Signaler un abus Particeep, la banque participative

    Merci pour cet article, il est important de rappeler que les PME sont actuellement financées à 80% par les banques. Et en temps de crise, les prêts sont de plus en plus dur à obtenir. Le "crowdfunding en actions" est donc promis à un bel avenir pour le financement des entreprises. Particeep.com propose aux investisseurs des méthodes et outils pour investir rapidement dans des startups, PME, et ainsi contribuer directement au financement de l'économie en réalisant une performance financière ! a très vite ! www.particeep.com

  • Par Decebal - 25/04/2013 - 01:09 - Signaler un abus Travaillez

    Si les journalistes pouvaient se creuser un peu pour trouver des équivalents a tous ces anglicismes. Bientôt pas une phrase un article avec du Franglais. Commencez par le " le fait en France" A usité l'anglais a tout va, je me demande si ils connaissent encore ou on jamais connu le mot Français. Heureusement ces derniers temps la Francophonie et ses réalisations sont en veilleuse, car au lamentable s'ajouterai le ridicule même si ici il ne tue pas depuis bien longtemps.

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