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La "révolution de couleur catalane", chronique d’un conflit géopolitique du faible au fort

D’évidence, les Indépendantistes "catalanistes" ont "gagné" le "premier round". Cette petite "révolution de velours" catalane, ou "révolte pacifique du faible au fort", minutieusement planifiée par des professionnels de la déstabilisation dont les groupes séparatistes d’extrême-gauche alliés au gouvernement frondeur de la Generalitat, a été un succès.

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La "révolution de couleur catalane", chronique d’un conflit géopolitique du faible au fort

D’évidence, les Indépendantistes « catalanistes » ont « gagné » le « premier round ». Ce premier round était de celui de la communication victimaire, qui a entouré la journée du 1er octobre, lorsque le référendum illégal a été organisé avec la complicité de la police locale catalane (qui a désobéi à Madrid) et des civils chauffés à blocs par les associations et partis séparatistes protégés par les tracteurs des paysans catalans venus en masse. Cette petite « révolution de velours » catalane, ou « révolte pacifique du faible au fort », minutieusement planifiée par des professionnels de la déstabilisation dont les groupes séparatistes d’extrême-gauche alliés au gouvernement frondeur de la Generalitat, a été un succès.

Elle l’a été dans le sens où elle visait à tendre un piège consistant à pousser l’Etat espagnol à l’erreur dès lors que la police aux ordres de Madrid a été contrainte de réprimer des civils catalanistes sciemment encouragés à servir e boucliers humains devant le bureau de vote en attente de bavures filmées en ‘live’ et relayées dans les réseaux sociaux et les médias du monde entier.

De ce point de vue, on peut comparer ceteris paribus, la « stratégie du faible au fort » des séparatistes catalans aux célèbres protestations pacifiques de Gandhi, Martin Luther King, ou encore plus précisément à la stratégie des « révolutions pacifiques » initiées sous la guerre froide face aux Soviets en Hongrie, en Pologne, en Tchécoslovaquie, puis ensuite face à la Russie post-soviétiques et ses séides en Géorgie, en Ukraine. On peut même faire le parallèle avec les premiers protestataires pacifiques arabes qui ont initié le « révolution du Jasmin » en Tunisie qui a débouché sur un « printemps arabe » vite devenu un « hiver islamiste », sans oublier le phénomène également asymétrique des révoltes pacifiques des Indignados sous Zapatero dans les capitales espagnoles ou des manifestants de Wall Street ou de Hongkong face aux forces de l’ordre et aux pouvoirs en place. 

Pousser l’Etat légal à utiliser la violence afin de la retourner contre lui

Comme on l’a vu en Ukraine, face à l’ex-président pro-russe très rapidement sorti, ou encore en Tunisie et en Egypte, face aux dictateurs Benali et Moubarak, très vite « dégagés » par les « révolutionnaires 2.0 » armés de leurs blogs, de leurs réseaux sociaux et rompus aux techniques de subversion pacifique et des manifestations médiatisées visant à retourner la force légitime de l’Etat central contre lui-même au profit des forces réprimées qui lui sont hostiles, les Catalanistes ont réussi très efficacement à discréditer l’image du Premier Ministre Mariano Rajoy, de son gouvernement de droite issu du parti populaire (PP, post-franquiste), et - d’une manière générale - de Madrid et des forces de l’ordre espagnoles jugées « répressives », « inhumaines » et donc illégitimes non seulement par les séparatistes catalans, mais également par nombre d’Espagnols-catalans au départ non séparatistes et par de nombreux téléspectateurs européens scandalisés par le fait que la Guardia civil espagnole ait osé chargé, déplacer violemment et même frapper des braves civils catalans innocents simplement venus voter ou « protéger » des bureaux de vote, dont des enfants et des vieilles dames qui n’ont même pas été épargnées.

 
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  • Par vangog - 13/10/2017 - 21:35 - Signaler un abus Excellent compte-rendu de Del Vallee, comme toujours!

    Les indépendantistes Catalans ont gagné, car la gauche espagnole leur avait bien facilité le travail, depuis le socialaud Tapazéro. Cette indépendance Catalane signe le début de la décomposition de l'UE, seul avantage positif...

  • Par Helveticosuisse - 14/10/2017 - 06:15 - Signaler un abus Fuillons

    Hier soir le décompte de la fuite des entreprises était de 530 ! Elles n'envisagent pas le retour,la situation n'offrant aucune perspective de stabilité. Dialoguer avec les séparatistes qui ont violé toutes les règles démocratiques et constitutionnelles n'est pas dans la mentalité espagnole. Je réside en partie en Espagne et je connais les méthodes musclées de la police et d la justice,nous ne sommes pas en France avec son côté bisounours. Rajoy est poussé à la fermeté par la majorité des espagnols qui auraient souhaité dès le début ,a mise sous tutelle de la Généralité, et l'emprisonnement des séditieux, à commencer par Puigemont. C'était un de slogans de la manif des unionistes.

  • Par Helveticosuisse - 14/10/2017 - 06:15 - Signaler un abus Fuillons

    Hier soir le décompte de la fuite des entreprises était de 530 ! Elles n'envisagent pas le retour,la situation n'offrant aucune perspective de stabilité. Dialoguer avec les séparatistes qui ont violé toutes les règles démocratiques et constitutionnelles n'est pas dans la mentalité espagnole. Je réside en partie en Espagne et je connais les méthodes musclées de la police et d la justice,nous ne sommes pas en France avec son côté bisounours. Rajoy est poussé à la fermeté par la majorité des espagnols qui auraient souhaité dès le début ,a mise sous tutelle de la Généralité, et l'emprisonnement des séditieux, à commencer par Puigemont. C'était un de slogans de la manif des unionistes.

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Alexandre Del Valle

Alexandre del Valle est un géopolitologue et essayiste franco-italien. Ancien éditorialiste (France SoirIl Liberal, etc.), il intervient à l'Ipag,  pour le groupe Sup de Co La Rochelle, et des institutions patronales et européennes, et est chercheur associé au Cpfa (Center of Foreign and Political Affairs). Il a publié plusieurs essais en France et en Italie sur la faiblesse des démocraties, les guerres balkaniques, l'islamisme, la Turquie, la persécution des chrétiens, la Syrie et le terrorisme.

Il est notamment l'auteur des livres Comprendre le chaos syrien (avec Randa Kassis, L'Artilleur, 2016), Pourquoi on tue des chrétiens dans le monde aujourd'hui ? : La nouvelle christianophobie (éditions Maxima), Le dilemme turc : Ou les vrais enjeux de la candidature d'Ankara (éditions des Syrtes) et Le complexe occidental, petit traité de déculpabilisation (éditions du Toucan). Son dernier ouvrage paraîtra le 26 octobre 2016 : Les vrais ennemis de l'Occident : du rejet de la Russie à l'islamisation de nos sociétés ouvertes (Editions du Toucan). 

 

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