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Pourquoi (et comment) les vrais ennemis de la France se combattent avant tout sur notre propre territoire

Après plusieurs articles-feuilletons consacrés aux pôles de l'islamisme radical décrits en détails dans son ouvrage "Les vrais ennemis de l'Occident", Alexandre del Valle propose ici des pistes de "résistance" et de défense face aux vrais ennemis qui menacent à terme nos sociétés dans leur existence et leur pérennité même.

Géopolitico-scanner

Publié le - Mis à jour le 21 Décembre 2016
Pourquoi (et comment) les vrais ennemis de la France se combattent avant tout sur notre propre territoire

Une vision tronquée de l’ennemi réduite à Daesh donne en fait un boulevard à tous les groupes ou entités totalitaires islamistes qui se dissocient tactiquement, verbalement ou même sincèrement de l’EI.

Il convient tout d'abord, comme je l'explique dans mon essai Les vrais ennemis de l'Occident, de désigner correctement et précisément l'ennemi. Aussi faut-il garder à l’esprit que "le terrorisme", "la terreur globale", "l’extrémisme violent" ou "nihiliste", ou même "le fondamentalisme" et "l’islamisme" ne sont que des modes d’action, des idéologies ou des degrés de radicalisme, mais pas des ennemis concrets et identifiés. Un ennemi est une entité incarnée, comme le sont les pôles étatiques de l’islamisme mondial (Ligue islamique mondiale, Qatar, Arabie saoudite, Turquie néo-ottomane, Pakistan, Organisation de la Coopération islamique, etc) et leurs excroissances insti­tutionnelles, religieuses et associatives ou terroristes, que nous avons examinés dans des "feuilletons" parus dans notre géopolitico-scanner d'Atlantico ainsi que dans la première partie de notre essai.

Une fois que l’on a compris que l’ennemi est une entité vivante, il convient de le désigner de façon non tronquée après avoir hiérarchisé cet ennemi. L’ennemi véritable de l'Europe et de l’Occident – dans son acception non pas atlantiste marchande mais géocivilisationnelle – ne sont ni la Russie ni la Syrie de Bachar el-Assad, qui luttent contre le même ennemi que nous et ne menacent pas nos valeurs et nos sociétés.

Notre vrai ennemi ne se limite pas non plus à l’État Islamique, pas plus qu’hier à Al-Qaïda, qui ne sont que la face immergée de l’iceberg islamo-totalitaire, son entité paraétatique la plus visible, frontale et violente. En réalité, la menace qui pose, à terme, un problème existentiel aux "mécréants" occidentaux englobe l’ensemble des pôles de l’islamisme conquérant qui livrent une guerre non frontale et non déclarée, à la différence des terroristes qui avancent sans masque.

Nous avons vu que les buts de guerre de ces pôles sont en fin de compte – à long terme – les mêmes que ceux de Daesh (conquête-islamisation de l'Europe et du monde à terme), certes par divers moyens, financiers, psychologiques, prosély­tiques, à savoir la destruction de nos sociétés mécréantes et leur remplacement par le modèle de la charià. Ce processus est déjà en cours dans nombre de zones d’apartheid volontaire islamique, dans des villes d’Europe occidentale, qu’il conviendra de reconquérir afin qu’elles ne fonctionnent pas comme des bases arrières internes de l’ennemi.

Une vision tronquée de l’ennemi réduite à Daesh donne en fait un boulevard à tous les groupes ou entités totalitaires islamistes qui se dissocient tactiquement, verbalement ou même sincèrement de l’EI, tout en continuant de poursuivre leur stratégie de subversion/pénétration par étapes de l’Occident mécréant, notamment par la "bataille de la non-intégration" et du communautarisme sécessionniste. Nous aurions d’ailleurs pu gagner celle de l’assimilation si nous avions poursuivi une politique volontariste fondée sur un "patriotisme intégrateur".

Cette "guerre des représentations" a été également sapée ex ante par les adeptes de la repentance, en premier lieu les alliés totalitaires rouges des islamistes, qui sont parvenus à culpa­biliser-diaboliser toute forme de patriotisme ou de défense de la civilisation européenne et judéo-chrétienne en vertu d’un agenda révolutionnaire et d’une convergence antioccidentale ("rouge-verte").

Cette haine de soi, qui a été intériorisée par les Européens depuis le plus jeune âge, fait que la promotion de l’estime de la nation et donc de l’esprit de défense n’est pas aisée, en-dehors des cercles naturellement patriotiques comme l’armée.

Par ailleurs, la désignation partielle de l’ennemi permet à des groupes totalitaires d’être qualifiés "d’islamistes modérés" ou "d’opposition légitime", comme on l’a vu en Syrie, où les Occidentaux ont systématiquement accusé les Russes de s’en prendre à des groupes djihadistes "modérés" qui ont en fait les mêmes objectifs califaux et chariatiques que Daesh. Nos armées se battent d’ailleurs contre d’autres groupes non inféodés à Daesh mais tout aussi djihadistes, notamment en Afrique sahélienne depuis janvier 2013.

Deuxièmement, après avoir mieux défini la menace et l’ennemi, il convient d’élaborer une vraie stratégie, à la fois militaire, politique, économique, psychologique et diploma­tique, et des objectifs clairs pour vaincre ou au moins endiguer et neutraliser cet ennemi multiforme, asymétrique, à la fois idéologique et géocivilisationnel. Sur les théâtres d’opération syrien, irakien ou malien, on voit bien qu’aucun bombardement aérien non accompagné d’une doctrine COIN (voir supra, Petraeus) et donc de moyens humains massifs au sol et de solution politique ne saurait venir à bout de cet ennemi fluide, qui est extrêmement mobile, qui se fond dans les populations, qui s’appuie sur des solidarités familiales, tribales ou commu­nautaristes et les utilise comme bouclier humain.

Rappelons les principaux fronts et buts de guerre straté­giques annoncés par Daesh mais mis en oeuvre et/ou poursuivis d’une façon ou d’une autre par les grands pôles étatiques et associatifs mondiaux de l’islamisme :

1) Reconquérir et réunifier toute la Oumma dans un futur califat après avoir détruit les régimes non chariatiques

2) Prendre d’assaut l’Europe symbo­lisée par les objectifs d’Al-Andalous et de Rome

3) Conquérir-islamiser toute la planète, à terme, à terme

La guerre contre l’ennemi doit donc être dirigée contre toute la mouvance islamiste totalitaire dans ses composantes idéologique, subversive ou propagandiste, et pas seulement contre les terroristes munis d’explosifs, de kalachnikovs ou de haches.

À l’extérieur, aucune guerre de "regime change" ou d’ingé­rence au nom des Droits de l’homme, en réalité néocoloniale, ne doit plus être livrée comme ce fut le cas par le passé en Irak et en Libye avec les résultats catastrophiques que l’on sait. Cette remarque ne concerne pas, selon certains, l’engagement de la France au Mali depuis 2013, qui répondrait pour une fois à un intérêt direct et a été souhaité par les pays africains les plus opposés à l’interventionnisme, comme l’Algérie.

 
Commentaires

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  • Par Deudeuche - 16/12/2016 - 09:13 - Signaler un abus M Del Valle

    Merci.

  • Par A M A - 16/12/2016 - 10:36 - Signaler un abus Marxisme et islamisme, même objectif.

    Marxisme et islamisme, même objectif. "Du passé faisons table rase". La gauche et la pseudo-droite marxiste sont les véritables alliés de l'islamisme. Ce sont eux les vrais ennemis de la France. Sans eux et leurs principes, l'islamo-jihadisme n'aurait pas cette importance dans notre pays.

  • Par zouk - 16/12/2016 - 10:48 - Signaler un abus Combattre en France ses ennemis

    Connaissez vous "fils de France", mouvement créé par Camel Bechikh, musulman, qui se déclare FILS DE FRANCE et agit sur le terrain pour "faire entendre aux jeunes musulmans ou de tradition musulmane autre chose que le bourrage de crâne extrémiste". Voilà comment il convient de combattre EN France. Adresse: 83 avenue du Général Malafosse 34800 Clermont l'Herault

  • Par langue de pivert - 16/12/2016 - 15:34 - Signaler un abus M. DEL VALLE au quai d'Orsay ! ☺ et ministre pas conseiller !

    Curieusement je n'ai pas trouvé le livre de M. Del Valle "les vrais ennemis de l'occident" où je me fourni habituellement (une grande surface ! que les libraires me pardonnent mais j'va rarement "à la ville" :-) Bon je finirais par me le procurer d'une façon ou d'une autre...et j'ai au moins une dizaine de livres "en retard" achetés mais encore non lus ! Quand on voit la qualité d'analyse de cet article (et des précédents) on ne peut qu'être consterné par le niveau (pâquerettes :-) de notre ministre des affaires étrangères (et son prédécesseur dans un autre genre) H. Védrine sous Mitterrand avait au moins le niveau de sa fonction. J-M0 ministre des affaires étrangères ! Quelle mauvaise blague ! Quelle dérision ! Quel camouflet au visage de la France ! Que de temps perdu !

  • Par Citoyen Ordinaire - 16/12/2016 - 16:51 - Signaler un abus Merci Mr, toujours brillant, mais.....

    Avec le temps, et vu tous les efforts déployés par nos pays pour aider au développement de l'islamisme radical, je me demande s'il n'y a pas un vrai choix dans leur démarche...Lequel ? Parvenir à la dictature mondiale sur les peuples ? Ou à un affrontement entre les peuples ?

  • Par lasenorita - 16/12/2016 - 18:25 - Signaler un abus Les ennemis sur le territoire français.

    Les terroristes musulmans sont, pour la plupart, des ''Français, c'est-à-dire qu'ils sont ''nés en France'' ..Le fait qu'ils soient ''nés en France'' les rend inexpulsables!...Les musulmans, eux, ne se sont pas gênés pour chasser de leur pays natal TOUS les non-musulmans.. A notre tour de dire aux musulmans ''indésirables'': ''La valise ou le cercueil''...même s'ils sont ''nés en France''...et nos gouvernants ne doivent plus laisser entrer des musulmans en France!. .Les musulmans ont tué et torturé des milliers de non-musulmans ''innocents'' pour être ''indépendants''. .maintenant les musulmans doivent RESTER dans ''leur'' pays ...la ''sécurité'' des Français se trouvera améliorée!..

  • Par edac44 - 17/12/2016 - 09:45 - Signaler un abus Tuez les tous, Allah reconnaitra les siens, enfin peut-être !...

    Quand un arbre a commencé à pousser de travers, il est souvent trop tard pour le redresser, parce qu'on ne s'en est pas aperçu assez vite et que l'on est finalement contraint de le couper !... Avec l'Islam,c'est pareil, il est trop tard pour enrayer l'islamisation intégriste des musulmans résidant en France. La notion "les musulmans de France", ça n'existe pas, c'est une invention de la gauche bobo et des "droitsdel'hommistes" qui se pensent être l'élite de la nation et se croient au-dessus de la volonté du peuple de France. Ces gens là sont les pires ennemis de la France et quand on trahit son pays en temps de guerre car nous sommes en guerre contre l'Intégrisme, quel qu'il soit, c'est la sentence finale qu'il faudra leurs appliquer pour haute trahison !... Quant aux adorateurs de la charia, c'est au mieux l'expulsion immédiate sans retour ou ... la neutralisation définitive. En France, le nombre d'adhérents des clubs de chasse et de tir augmente tous les jours !... Surtout, ne vous demandez pas pourquoi !...

  • Par kiki08 - 17/12/2016 - 21:29 - Signaler un abus voter

    il faut voter fillon

  • Par Jasmin84 - 17/12/2016 - 22:59 - Signaler un abus Non il ne faut certainement

    Non il ne faut certainement pas voter Fillon qui n'est qu'un Hollande ou Chirac ou Juppé bis. Un pseudo dur qui recule à la première critique. nous simmers foutus parce que le droit et la justice nous ont désarmés. Ils ont choisi le camp des fauteurs de troubles contre celui des victimes. C'est la victime d'un cambriolage de nuit dans son domicile qui est ci dalné à 10 ans de prison. C'est le journaliste ou l'écrivain qui dénonce le terrorisme islamiste qui est condamné pour incitation à la haine. Mais d'où vient la haine ! C'est la Présidente de tribunal correctionnel de Nice qui ayant à juger une femme multireciviste portant le niqab qui injurie les policiers et revendique fièrement devant le tribunal la supériorité de la charia sur la republique, cette president donc s'empresse de rassurer la prévenue en lui expliquant que si elle est poursuivie ce n'est pas du tout parce qu'elle défie ouvertement la republique et se livre à des agressions contre les forces de l'ordre, mais UNIQUEMENT pour des raisons de sécurité, et parce qu'en situation d'état d'urgence il n'est pas raisonnable de cacher son visage. Bref là où il faudrait de la fermeté on a de la lâcheté.

  • Par Danper - 03/02/2017 - 10:53 - Signaler un abus Marxisme, Nazisme, Islamisme: c'est la même chose

    L'Islamisme est une idéologie totalitaire, comme l'Islam est une religion totalitaire. Rappelons qu'il est interdit pour un musulman de religion de changer de religion sous peine de mort. Tant que nos politiciens et commentateurs ne diront pas clairement que l'ennemi est à l'intérieur et non en Syrie, la défaite devant le totalitarisme musulman est inévitable. La seule solution est d'expulser tous les musulmans d'Europe. L'expérience a déjà été réussie par l'Algérie en 1962 quand les européens ont été expulsés (ceux qui restaient ont été égorgés). S'ils peuvent le faire, pourquoi pas nous ?

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Alexandre Del Valle

Alexandre del Valle est un géopolitologue et essayiste franco-italien. Ancien éditorialiste (France SoirIl Liberal, etc.), il intervient à l'Ipag,  pour le groupe Sup de Co La Rochelle, et des institutions patronales et européennes, et est chercheur associé au Cpfa (Center of Foreign and Political Affairs). Il a publié plusieurs essais en France et en Italie sur la faiblesse des démocraties, les guerres balkaniques, l'islamisme, la Turquie, la persécution des chrétiens, la Syrie et le terrorisme.

Il est notamment l'auteur des livres Comprendre le chaos syrien (avec Randa Kassis, L'Artilleur, 2016), Pourquoi on tue des chrétiens dans le monde aujourd'hui ? : La nouvelle christianophobie (éditions Maxima), Le dilemme turc : Ou les vrais enjeux de la candidature d'Ankara (éditions des Syrtes) et Le complexe occidental, petit traité de déculpabilisation (éditions du Toucan). Son dernier ouvrage paraîtra le 26 octobre 2016 : Les vrais ennemis de l'Occident : du rejet de la Russie à l'islamisation de nos sociétés ouvertes (Editions du Toucan). 

 

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