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La politique étrangère de Trump de l'"America first", rupture totale ou continuité partielle avec le "leading from behind" de Barak Obama ?

Donald Trump a choisi comme paradigme-slogan l'expression "America First", qui représente une politique étrangère axée sur le pragmatisme, le non-moralisme et la défense des intérêts géoéconomiques des Etats-Unis.

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La politique étrangère de Trump de l'"America first", rupture totale ou continuité partielle avec le "leading from behind" de Barak Obama ?

Aux Etats-Unis, des slogans-périphrases très directs et des paradigmes chocs servent souvent à définir les visions politiques. La campagne de Donald Trump n'a pas dérogé à cette règle, lui qui a choisi notamment comme paradigme-slogan l'expression America First, lancée pour la première fois le 26 mars 2016 à l'occasion d'un entretien accordé au New York Times. “Je ne suis pas isolationniste, mais simplement en faveur de l'Amérique en premier », déclara-t-il, car les Etats-Unis doivent reconsidérer leurs traditions et alliances si leurs partenaires ne sont plus en mesure de payer, en engagement ou en implications de troupes, pour la présence des forces armées américaines présente un peu partout dans le monde » .

Le paradigme de America First, dont America great again est une dérivation logique, a été ensuite réitéré et précisé lors de son intervention à la Convention nationale du parti républicain de Cleveland en juillet de la même année. Il défendit à cette occasion une politique étrangère axée sur le pragmatisme, le non-moralisme et la défense des intérêts géoéconomiques : « Nous dépensons une fortune pour envoyer nos soldats partout dans le monde et nous perdons 800 milliards de dollars. Cela ne me paraît pas être une chose très intelligente de notre part ». 

Une vision géoéconomique

D'après ce paradigme America First, l'idée est d'indéxer la politique étrangère américaine à la reprise économique américaine et donc au bien être économique des entreprises et des citoyens américains dont il faut améliorer les conditions de vie notamment en diminuant les charges grâce à des économies réalisées en mettant fin au militarisme extérieur étatsunien. 

Face à la menace russe brandie systématiquement par les milieux démocrates et républicains américains puis par les pays revanchards d'Europe de l'est anciennement dominés par l'URSS, Trump explique que l'attitude de l'Amérique en cas d'agression dépendra de la capacité des pays protégés par l'OTAN à remplir leurs engagements pris avec les Etats-Unis, cette condition étant associée à des mots plutôt sympathiques envers Vladimir Poutine. De la même manière, et rompant ainsi avec la vision moraliste d'Obama et surtout ultra-interventionniste de la démocrate Hillary Clinton ou du républicain John Mc Cain, Donald Trump a même eu des mots complaisants envers des leaders autocrates anti-occidentaux comme le président turc Erdogan, les présidents égyptien Al-Sissi et syrien Al-Assad ou encore le dictateur nord-coréen Kim Jong-un.... En fait, loin de vouloir les cautionner, Trump voulait lancer le message suivant - d'ailleurs très bien perçu par la « rue » et les élites chinoises comme par de nombreux pays non-occidentaux - selon lequel sa vision géopolitique néo-isolationniste serait pragmatique, anti-moraliste, non-interventionniste et compatible avec la requête de multipolarité avancée par les pays émergents et les nouvelles puissances régionales las de l'arrogance occidentale. D'où la popularité de Trump dans des pays aussi différents et non-occidentaux que la Chine, l'Egypte, l'Algérie, la Russie, la Thaïlande, la Turquie, etc. Ceci malgré les provocations de campagne anti-musulmans et hostiles aux minorités non-européennes. 

 
Commentaires

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  • Par Texas - 19/11/2016 - 21:53 - Signaler un abus En résumé

    Moins d' interventionnisme avec " Make America Great Again " qu' avec " Leading from Behind " qui nous a quand même amusé avec l' Ukraine , la Syrie , le Yemen , le retour à la Guerre Froide ...etc etc !. Les Démocrates comme les Socialistes ont le sens de la formule ( creuse ) .

  • Par vangog - 21/11/2016 - 11:12 - Signaler un abus Bravo à cet article de Del Valle, qui pulvérise les fantasmes

    anti-Trump de la Nomenklatura mediatico-politique! Les orientations de Donald, fondées sur l'absence d'à priori et l'anti-interventionnisme sont parfaitement en phase avec une perception moderne et pragmatique du monde. Cela va changer des politiques gauchistes et droidelhommistes ringardes et chaotiques! attention, les gauchistes et les rechauffistes, car le vrai réchauffement sera, dorénavant, diplomatique et non climatique...

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Alexandre Del Valle

Alexandre del Valle est un géopolitologue et essayiste franco-italien. Ancien éditorialiste (France SoirIl Liberal, etc.), il intervient à l'Ipag,  pour le groupe Sup de Co La Rochelle, et des institutions patronales et européennes, et est chercheur associé au Cpfa (Center of Foreign and Political Affairs). Il a publié plusieurs essais en France et en Italie sur la faiblesse des démocraties, les guerres balkaniques, l'islamisme, la Turquie, la persécution des chrétiens, la Syrie et le terrorisme.

Il est notamment l'auteur des livres Comprendre le chaos syrien (avec Randa Kassis, L'Artilleur, 2016), Pourquoi on tue des chrétiens dans le monde aujourd'hui ? : La nouvelle christianophobie (éditions Maxima), Le dilemme turc : Ou les vrais enjeux de la candidature d'Ankara (éditions des Syrtes) et Le complexe occidental, petit traité de déculpabilisation (éditions du Toucan). Son dernier ouvrage paraîtra le 26 octobre 2016 : Les vrais ennemis de l'Occident : du rejet de la Russie à l'islamisation de nos sociétés ouvertes (Editions du Toucan). 

 

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