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Et Trump décida d'arrêter de soutenir les rebelles anti Bachar-al-Assad : mais au fait, où en est la Syrie après la chute de l'Etat islamique en Irak ?

Dans ce contexte de partage de la Syrie sur fond de tractations entre grandes puissances qui comptent (Etats-Unis, Russie, Iran), Washington paraît en fin de compte accepter de facto la reprise par l’armée loyaliste syrienne d’une partie du territoire perdu lors du soulèvement de 2011-2012.

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Et Trump décida d'arrêter de soutenir les rebelles anti Bachar-al-Assad : mais au fait, où en est la Syrie après la chute de l'Etat islamique en Irak ?

Conformément à ses promesses de campagnes qu’il semblait avoir contredites à l’occasion de raids de l’armée américaine lancés contre des positions de l’armée syrienne, le président américain Donald Trump a finalement obtenu de la CIA qu’elle mette fin à son programme de soutien (livraison d’armes ; entraînement, etc)aux rebelles syriens - soi-disant « modérés » mais en réalité islamistes - qui combattent le régime de Bachar al-Assad. Trump a en fait pris cette décision dès juin dernier lors d’une réunion avec le patron de la CIA, Mike Pompeo et son conseiller à la Sécurité nationale, H.R.

McMaster. Certes, ce programme inauguré officiellement en 2013 sous l’Administration de Barak Obama -très proche des positions des Frères musulmans -est resté assez modeste et n’a pas contribué à empêcher la Russie, l’Iran et le Hezbollah de secourir le régime de Damas et la peau de Bachar al-Assad. Toutefois, d’un point de vue politique et géopolitique, l’arrêt officiel du soutien aux rebelles syriens anti-Assad est lourd de sens.

Et il suit de très peu la première rencontre officielle du président américain avec son homologue Vladimir Poutine durant le G20 du 8 juillet dernier. Cette décision contrebalance les tensions russo-américaines autour de la question syrienne et elle probablement va faciliter la volonté affichée des deux dirigeants de « mieux travailler ensemble » face au terrorisme islamiste et en vue d’une transition viable en Syrie. Elle est ainsi à replacer dans le contexte du cessez-le-feu négocié le 7 juillet dernier en marge du G20 par les deux pays dans le sud-ouest de la Syrie, oùnombre de groupes islamistes rebelles sévissent.

En fait, le programme d’aide aux rebelles syriens (hors Kurdes et FDS), en majorité islamistes, ne faisait pas l’unanimité au sein de l’Administration américaine, premièrement en raison de sa faible efficacité et deuxièmement à cause des sérieux doutes de responsables étatsuniens sur la capacité réelle des rebelles à renverser le gouvernement syrien et à combattre Da’ech qui a souvent été le bénéficiaire ultime d’armes livrées aux « modérés », entretemps ralliés à l’EI ou à Al-Qaïda en Syrie (Al-Nosra, alias Fatah al-Sham). De bonne guerre, Moscou, qui soutenait le camp opposé en Syrie, a très vivement dénoncé le fait indéniable que des armes américaines (mais parfois aussi françaises et britanniques) tombaient dans les mains de groupes islamistes-jihadistes, sachant que nombre de rebelles armés et entrainés par la CIA ont rejoint peu après l’ex-Front al-Nosra.

La décision de Trump est donc tout sauf une surprise, car la priorité affichée de son Administration consiste,depuis le début,à privilégier la lutte contre l’Etat islamique et la menace islamiste-jihadiste en général, ceci dans le conteste de la défaite de Da’ech à Mossoul notamment (nord de Irak).

 
Commentaires

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  • Par Ganesha - 21/07/2017 - 11:41 - Signaler un abus Vietnam

    En résumé, désormais, Poutine, Trump... et micron, sont d'accord : la Syrie et l'Irak doivent rester des états unitaires, gouvernés par des chiites. Pas question d'admettre un Califat sunnite au centre de ces deux pays. Bonne chance à ce projet ! Combien de temps cette solution tiendra-t-elle ? C'est vrai qu'on les a beaucoup bombardé et ils doivent être plutôt démoralisés. A la fin de la guerre au Vietnam, au contraire, les Américains ont admis la création d'un état communiste. Et ils ont évolué par eux-mêmes...

  • Par Anouman - 21/07/2017 - 12:57 - Signaler un abus Pragmatisme

    A. Del Valle nous livre encore une excellente analyse sur ce conflit. On aurait souhaité que ce pragmatisme nouveau qu'il évoque soit appliqué dès le début ce qui aurait probablement raccourci la durée du conflit et l'extension de Daech. Lorsque les Russes sont intervenus (alors que Daech avançait partout) les occidentaux ont dit que ça allait aggraver la situation et renforcer Daech. On voit la profondeur de leur analyse aujourd'hui. Ils ont de plus été obligé de faire quelque chose au lieu de regarder Daech avancer. Que se serait-il passé si les Russes étaient restés chez eux?

  • Par Leucate - 21/07/2017 - 13:39 - Signaler un abus @Anouman

    ""Que se serait-il passé si les Russes étaient restés chez eux?"" Les Russes, qui ont repris du poil de la bête depuis que Poutine a succédé à Eltsine qui ne pouvait pas faire grand chose, étaient obligés d'intervenir. N'oubliez pas que la Russie est un pays en partie musulman, avec une population turco-mongole ancienne dont les Tatars (Kazan et le Tatarstan) qui est en plus voisin des grands Etats musulmans parties prenantes du conflit. Elle est donc directement concernée par ce qui se passe à ses frontières ou à proximité.

  • Par cloette - 21/07/2017 - 14:28 - Signaler un abus Ganesha

    vous dites des choses fausses, les Américains ont perdu la guerre, ils n'ont rien admis du tout .Ils l'ont perdu, comme les Français l'avaient perdue contre les patientes petites fourmis ....

  • Par Ganesha - 21/07/2017 - 14:56 - Signaler un abus Cloette

    Cloette, voici ce que dit Wikipédia : ''Le conflit étant dans l'impasse et de plus en plus impopulaire dans l'opinion publique américaine, les Accords de paix de Paris décident en 1973 du retrait militaire américain. En 1975, le Nord Viêt Nam réalise une offensive contre le Sud Viêt Nam et remporte la victoire : le pays, officiellement réunifié l'année suivante, devient la République socialiste du Viêt Nam. En même temps que le Viêt Nam, le Cambodge et le Laos deviennent eux aussi des pays communistes''. En 1975, les Américains avaient oublié le Vietnam, ils avaient d'autres préoccupations ! === https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Guerre_du_Viêt_Nam

  • Par Ganesha - 21/07/2017 - 15:06 - Signaler un abus Autodétermination

    Je pense qu'à long terme, la seule politique valable, c'est de laisser chaque peuple décider de son propre destin. Mais cela peut causer de très longues périodes de souffrances : voyez les situations du Congo belge, du Rwanda et du Burundi après plus d'un demi-siècle d'indépendance !

  • Par cloette - 21/07/2017 - 15:24 - Signaler un abus le motif de la guerre

    était d'empêcher le Sud Est asiatique de devenir communiste , ils ont donc capitulé après avoir déversé pas mal de bombes au napalm sur les petites fourmis .Ils ont également contribué à achever de mettre les Français dehors ...

  • Par Ganesha - 21/07/2017 - 16:15 - Signaler un abus Cloette

    Justement, Cloette, les USA ne sont pas répartis en guerre, lorsqu'un bout de deux ans, le Nord-Vietnam a rompu les accords de Paris de 1973.

  • Par J'accuse - 21/07/2017 - 16:33 - Signaler un abus Qu'attend-on pour exclure la Turquie de l'Otan ?

    On doit cesser de considérer cette dictature islamiste comme un allié. Comment accepter d'être obligé d'entrer en guerre pour la défendre si elle est attaquée ? La Turquie n'a plus rien à faire dans l'Otan, et tout aussi peu dans l'UE pour laquelle elle est toujours officiellement candidate...

  • Par brennus - 22/07/2017 - 09:10 - Signaler un abus Lire les analyses de Del

    Lire les analyses de Del Valle est un bonheur en comparaison des mensonges éhontés qui s'étalent dans les médias mainstream depuis le début de la guerre en Syrie. Dommage on ne le voit jamais a C dans l'air...pour apporter un peu d'air.

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Alexandre Del Valle

Alexandre del Valle est un géopolitologue et essayiste franco-italien. Ancien éditorialiste (France SoirIl Liberal, etc.), il intervient à l'Ipag,  pour le groupe Sup de Co La Rochelle, et des institutions patronales et européennes, et est chercheur associé au Cpfa (Center of Foreign and Political Affairs). Il a publié plusieurs essais en France et en Italie sur la faiblesse des démocraties, les guerres balkaniques, l'islamisme, la Turquie, la persécution des chrétiens, la Syrie et le terrorisme.

Il est notamment l'auteur des livres Comprendre le chaos syrien (avec Randa Kassis, L'Artilleur, 2016), Pourquoi on tue des chrétiens dans le monde aujourd'hui ? : La nouvelle christianophobie (éditions Maxima), Le dilemme turc : Ou les vrais enjeux de la candidature d'Ankara (éditions des Syrtes) et Le complexe occidental, petit traité de déculpabilisation (éditions du Toucan). Son dernier ouvrage paraîtra le 26 octobre 2016 : Les vrais ennemis de l'Occident : du rejet de la Russie à l'islamisation de nos sociétés ouvertes (Editions du Toucan). 

 

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