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Défense européenne et Otan : pourquoi la lutte contre les ennemis de la France passe aussi par une nouvelle politique étrangère

Après plusieurs articles-feuilletons consacrés aux pôles de l'islamisme radical décrits en détails dans son ouvrage "Les vrais ennemis de l'Occident", Alexandre del Valle propose ici des pistes de "résistance" et de défense face aux vrais ennemis qui menacent à terme nos sociétés dans leur existence et leur pérennité même.

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Défense européenne et Otan : pourquoi la lutte contre les ennemis de la France passe aussi par une nouvelle politique étrangère

Pour que les États européens soient en mesure de défendre leurs intérêts nationaux et géocivilisationnels, ils devront tôt ou tard augmenter leurs budgets militaires.

Face à la dérive communautariste et à l’assaut livré dans nos cités-mêmes, nos institutions et nos écoles, par les adeptes du totalitarisme islamiste, il est temps de relancer la machine à intégrer et de promouvoir un "vouloir-vivre" ensemble fondé sur le respect des valeurs fondamentales et de l’histoire de la France et de la civilisation européenne, sans quoi plusieurs pays européens seront durablement fragmentés et de plus vulné­rables à la propagande islamiste qui se nourrit de la haine de l’Occident et des idéologies subversives totalitaires rouges ou brunes.

Ces pays seront de plus en plus sujets à des phéno­mènes de guerre civile larvée ou de guérilla communautaire et urbaine autour des ghettos radicalisés et criminels entretenus par les professionnels de la repentance et de l’antiracisme dévoyé.

Cette reconquête nationale et cette libération sur le front intérieur ne pourront se faire qu’en transmettant l’amour de la patrie, la fierté du drapeau, et le respect de l'histoire de nos pays et en particulier de la France qui a su transmettre si longtemps ses valeurs à d’autres et qui doit savoir retrouver ce savoir-faire. Cela passe par une réforme de l’enseignement et des manuels scolaires qui doivent délivrer une vision positive de la France et de l’Occident, puis par le rétablissement d’un service militaire obligatoire et de l’autorité dans les écoles afin que les ensei­gnants puissent y exercer leur métier sereinement sans devoir renoncer à certains sujets sous les pressions communauta­ristes et néo-barbares. Si l’on prend l’exemple de l’Argentine ou de l’Australie, ou même des États-Unis et du Brésil, ce sont bien l’amour du pays, le patriotisme, la fierté nationale, qui unissent des individus d’ethnies et de religions fort différentes autour d’un destin commun et qui intègrent puis assimilent. À l’inverse, l’apprentissage de la haine de soi civilisationnelle et l’idéologisation négative de l’histoire nationale et des ressentiments passés, comme cela se produit dans de nombreux pays européens postcoloniaux gagnés par la honte de soi collective inculquée par la gauche tiers-mondiste, n’incitent pas l’immigré ou ses enfants à s’identifier à une nation coupable de tous les maux et auto-diabolisée. D’où, pour le prochain mandat prési­dentiel, la nécessaire réforme globale de l’Éducation nationale, devenue aujourd’hui une machine à désintégrer et à former des chômeurs, aussi coûteuse qu’inefficace.

Comme le mépris des femmes ou les autres formes de racisme, la haine anti-gaulois, anti-blancs, la christianophobie et la judéo­phobie montantes dans de nombreuses zones hors contrôles ou dans les milieux culturels et médiatiques (rap islamiste violent antisémite, antioccidental ou raciste anti-blanc) doivent être combattus avec autant de fermeté et de vigilance que l’on combat le racisme envers les Arabes, les Noirs ou l’islamophobie, etc., si l’on veut conjurer le syndrome de la balkanisation.

Réussir l’intégration passera par la fixation de règles claires : oui à l’islam comme religion privée, non au communautarisme et à la politisation de l’islam ; oui au "droit à la différence", non à la tyrannie des minorités. Lutter contre l’islamisme, c’est autant défendre les intérêts de nos compatriotes musulmans, premières victimes de l’obscurantisme, que ceux des non-musulmans. Il conviendra pour cela d’associer le plus possible des musulmans éclairés et exemplaires au projet de "reconquête des coeurs", ce qui passera par la mise à l’index et la délégitimation des relais des pôles islamistes mondiaux qui ont monopolisé depuis des décennies les structures de "représen­tation" des musulmans de France pris en otage par des pays et des organisations étrangères obscurantistes. Des pays comme l’Allemagne ou l’Autriche ont récemment pris conscience de la nécessité de couper leurs concitoyens turcs et musulmans de l’influence des pays d’origine ultranationalistes et islamistes qui utilisent le vecteur religieux pour élargir leur profondeur stratégique et pratiquer l’ingérence dans nos affaires internes.

Pour ce faire, nous proposons depuis des années de faire signer aux organisations musulmanes françaises "représenta­tives" et qui gèrent des mosquées ou centres islamiques une "Charte de l’islam de France" qui ferait primer les lois et règles en vigueur sur celles de la charià lorsqu’il y a contradiction entre les deux ordres juridiques (car le problème n’est pas la croyance spirituelle, mais les commandements sociopolitiques). En la signant, les organisations musulmanes lèveraient la suspicion qui plane sur de nombreux musulmans hélas souvent associés aux extrémismes surreprésentés et suractifs. En refusant de la signer et de faire cesser les enseignements antioccidentaux et attentatoires aux lois en place, elles s’excluraient d’elles-mêmes et seraient de ce fait interdites car opposées à la loi en vigueur. Elles ne pourraient plus enseigner leurs valeurs subversives et opposées aux nôtres qu’elles ont en revanche le droit de diffuser dans leurs pays non démocratiques ou islamistes d’origine.

>>>> A lire aussi : Pourquoi (et comment) les vrais ennemis de la France se combattent avant tout sur notre propre territoire

Les nombreuses associations musulmanes plus éclairées qui les remplaceraient à la tête des mosquées et des centres musulmans distilleraient un islam paisible qui répondrait au besoin pastoral et cultuel des croyants. Jean-Pierre Chevènement, nommé, en août 2016, président de la Fondation pour l’islam de France, et qui a suscité une polémique en appelant les croyants de toutes les religions à "être discrets" et à respecter l’ordre républicain laïque, avait déjà tenté de faire signer pareille charte lorsqu’il était ministre du Culte dans les années 1990. Il s’était vu signifier une fin de non-recevoir de la part des pôles de l’islam de France, Frères musulmans en tête. Ceux-ci n’acceptaient pas l’idée que l’on puisse avoir le droit de changer de religion (puni de mort dans la loi islamique), et se posèrent en victime pour justifier leur refus d’allégeance. Chevènement avait eu une idée sensée, mais il eut tort de céder. Ses ennemis en ont tiré les conclusions qui s’imposent. La deuxième erreur, celle du gouvernement Valls, a été de confier la Fondation de l’islam de France à un non-musulman anticlérical, si respectable qu’il soit, et non à un musulman éclairé comme il y en a tant mais qui sont trop souvent mis de côté aux profits des pôles fondamentalistes.

 
Commentaires

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  • Par Deudeuche - 23/12/2016 - 09:37 - Signaler un abus Défense commune

    Et non unique. M Del Valle explique bien le malentendu que le très malheureux "armée européenne" véhicule, alors que la majorité des pays européens font impasse sur La Défense, même nationale.

  • Par zouk - 23/12/2016 - 10:41 - Signaler un abus A. Del Valle

    Une idée majeure dans cet article: restaurer une véritable école primaire qui enseigne l'histoire chronologique et la citoyenneté? ce que l'école de Jules Ferry réussissait remarquablement; y compris dans sa composante patriotique. Ajoutons y un rite de passage à l'âge adulte: un service désintéressé de quelques mois (Armée, détachement auprès de populations déshéritées, pour aider les services de santé, assistance, apprentissage....). Par ailleurs,il a très malheureusement raison, bon nombre de pays d'Europe n'ont plus aucune politique de défense digne de ce nom, yc la France qui exige trop d'une Armée à laquelle elle n'accorde que des moyens insuffisants.

  • Par Paulquiroulenamassepasmousse - 23/12/2016 - 13:10 - Signaler un abus Pour résumer, au plan

    Pour résumer, au plan intérieur il suffirait simplement d'appliquer la loi....Et à l'extérieur de nouer une nouvelle relation avec Poutine ......ça va pas être facile avec les droitsdelhommistes d'un côté et les américains de l'autre.

  • Par Semper Fi - 23/12/2016 - 22:28 - Signaler un abus Excellente analyse... comme d'habitude

    Quelques remarques toutefois. Le service militaire obligatoire : bof, le patriotisme ne passe pas nécessairement par cette mesure (ex : Royaume Uni et USA), très couteuse à remettre en service et d'utilité peu avérée. La défense commune : bof, la défense comme la diplomatie sont NATIONALES et ne se délèguent pas... et la France n'est pas le Liechtenstein ou la Lithuanie... donc que la France trace donc sa route dans ce domaine, en s'alliant qui veulent la suivre, mais sans les attendre non plus.

  • Par langue de pivert - 24/12/2016 - 12:24 - Signaler un abus M. Fillon : vous cherchez un ministre ? ☺

    Article plein de pertinence et de sagesse. Tous les aspects du problème sont formulés avec une grande largesse et profondeur de vue. L'argumentaire est sans faille. (une seule "faiblesse" concernant la communauté musulmane vivant en France - et en Europe - il faudrait pour que les solutions proposées soient efficaces "brouiller" les transmissions de chaines TV haineuses en provenance des pays arabo-musulmans atteints de rage coranique, car dans les "cités sensibles" il y a plus d'antennes paraboliques que de pots de géranium ! Idem pour les sites internet. Faire pression sur les pays émetteurs ?) Quand je pense au pauvre type qui occupe le quai d'Orsay, j'ai honte pour la France. M. Del Valle ferait un bon ministre des affaires étrangères issu de la société civile dans le prochain gouvernement. Bon personne y m'écoute moi :-(

  • Par lémire - 25/12/2016 - 00:21 - Signaler un abus défense nationale et/ou européenne

    Quelles sont les nations européennes prêtes à faire les sacrifices (budgétaires) que la France ne fait pas encore ? Que faire avec les nations européennes qui dépendent du gaz quatari ou du pétrole séoudien ? Si la France augmente seule son budget militaire, ne sera-t-elle pas désavantagée par rapport à ceux qui récoltent les "dividendes de la paix" ? M Del Valle néglige de répondre à ces questions cruciales, qui le concerneraient directement s'il était ministre. Dans une démocratie, le prochain ministre est censé répondre publiquement à ces questions, que les commissions ad hoc du Parlement sont là pour lui poser préalablement à sa nomination

  • Par langue de pivert - 28/12/2016 - 12:24 - Signaler un abus @lémire

    Où avez vu une commission du parlement poser des questions à un futur ministre en France ? "Le président nomme le premier ministre qui compose le gouvernement" Le parlement n'a rien à voir là-dedans ! qui a posé des questions à J-M Ayrault avant sa nomination ? Quand ? Quelles questions? Les questions que vous posez en préambule (toutes pertinentes qu'elles soient) ne dépendent pas du seul ministre des affaires étrangères français d'ailleurs. Elles peuvent juste être l'objet de discussions avec ses collègues européens voir de négociation.

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Alexandre Del Valle

Alexandre del Valle est un géopolitologue et essayiste franco-italien. Ancien éditorialiste (France SoirIl Liberal, etc.), il intervient à l'Ipag,  pour le groupe Sup de Co La Rochelle, et des institutions patronales et européennes, et est chercheur associé au Cpfa (Center of Foreign and Political Affairs). Il a publié plusieurs essais en France et en Italie sur la faiblesse des démocraties, les guerres balkaniques, l'islamisme, la Turquie, la persécution des chrétiens, la Syrie et le terrorisme.

Il est notamment l'auteur des livres Comprendre le chaos syrien (avec Randa Kassis, L'Artilleur, 2016), Pourquoi on tue des chrétiens dans le monde aujourd'hui ? : La nouvelle christianophobie (éditions Maxima), Le dilemme turc : Ou les vrais enjeux de la candidature d'Ankara (éditions des Syrtes) et Le complexe occidental, petit traité de déculpabilisation (éditions du Toucan). Son dernier ouvrage paraîtra le 26 octobre 2016 : Les vrais ennemis de l'Occident : du rejet de la Russie à l'islamisation de nos sociétés ouvertes (Editions du Toucan). 

 

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