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Qui craint le gros méchant Trump ?

Le nouveau Donald d’Amérique est une sorte de Berlusconi américain, homme d’affaires, de communication et de spectacles, habitué des frasques et des flamboyantes conquêtes qui enchantent l’univers des écrans petits, moyens ou grands.

Chroniques du Pot aux Roses

Publié le
Qui craint le gros méchant Trump ?

1 – Trump, un Berlusconi isolationniste

Comme souvent, gauche bien-pensante, bellâtres hollywoodiens et commentateurs sentencieux jouent à se faire peur. Un odieux raciste, un clown démagogue s’apprêterait à s’emparer de la grande Amérique, jouant de l’idiotie crasse d’un électorat de petits blancs désemparés.

La réalité est pourtant bien plus simple. Aux Etats-Unis comme ailleurs, beaucoup de gens en ont assez qu’on leur serine l’air de la reprise et du retour de la prospérité alors qu’ils n’en ressentent rien si ce n’est la conscience diffuse de la montée de la dette publique, grosse de périls financiers.

Trump est un peu l’enfant surprise du Quantitative Easing, cette croissance de papier.

Il y a aussi l’inquiétude devant la pression migratoire, elle-même accentuée par les disparités économiques et le persistant dynamisme démographique des pays « du Sud » qui déjoue les prévisions de tempérance reproductive énoncées jusque ces dernières années.

Trump, homme rompu aux affres des affaires et à toute forme de ruse et de dissimulation ne mérite évidemment ni excès d’honneur ni indignité. Il faut le croire lorsqu'il dit qu’il mettra son expérience de la négociation au service de la fonction présidentielle, dans un continuum de rouerie qui inclut politique et business.

S’il est élu, il ne sera très probablement pas le chef d’Etat que craignent ses détracteurs, d’autant plus qu’il serait largement choisi sur sa bonne mine et sa faconde plus que sur le fond d’un discours où peu de mesures concrètes sont énoncées. Bref, il demande aux Américains de lui faire confiance, semblable en cela à tous les politiciens avant lui.

Du reste, et au risque de surprendre, Trump est un peu un Obama avec d’autres moyens, comme la guerre l’est de la politique. L’un comme l’autre font un choix stratégique majeur : l’isolationnisme. Simplement, Obama le fait plus discrètement. Le président démocrate laisse largement les Européens se débrouiller face aux crises moyen-orientales. Trump le ferait avec moins de vergogne, n’hésitant pas à abandonner le terrain à Poutine qui ne pourra d’ailleurs que s’y enliser et affaiblir son empire à peine renaissant.

Trump assumera sans complexe des mesures protectionnistes autant vis-à-vis des hommes que des marchandises. Mais le mur entre le Mexique et l’oncle Sam est déjà édifié pour un tiers de sa longueur et Washington a la main leste dans les procédures antidumping lancées contre les étrangers ou les sanctions financières imposées aux banques qui ont enfreint des règles qu’il est seul à avoir énoncé. BNP-Paribas en a fait l’amère expérience.

La vie politique apprend au citoyen aguerri qu’il finit toujours par regretter un peu son vote. Les anarchistes et les sceptiques traduisent cela par la célèbre formule qui fait des élections un piège à cons.

 
Commentaires

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  • Par Malaparte - 09/03/2016 - 13:35 - Signaler un abus Une chose est sûre

    La majorité du peuple électoral français et surtout ses médias nationaux sont bien connus et réputés pour leur clairvoyance et leur finesse d'analyse quand il s'agit de choisir et d'élire un président fût-il de la République ou non. Nos (très) chers hexagonaux donneurs de leçons universelles que le monde ne nous envie plus du tout feraient bien de remiser leurs impudentes forfanteries. Ceci dit M. Federbusch, vous avez parfaitement raison.

  • Par cloette - 09/03/2016 - 13:43 - Signaler un abus Trump élu

    Ce serait une bonne claque aux bien - pensants français en effet !

  • Par Lafayette 68 - 09/03/2016 - 13:49 - Signaler un abus @cloette

    Oui, et ce serait salutaire . En 80 on entendait déjà les mêmes bien pensants taxer Reagan de tous les noms ...Il a été un grand président.

  • Par Liberte5 - 09/03/2016 - 14:14 - Signaler un abus Trump peut dire merci au politiquement correct!!!!

    Il est son enfant. Ayant voulu cadenasser, censurer la parole du peuple, celui ci se venge en choisissant D. Trump. Les universitaires Américains, les médias et l'establishment en voulant museler, dans un cadre qu'ils avaient défini, les divers mécontentements, ont permis à D. Trump, qui a tout compris, de dire tout haut ce que la majorité des Américains pensent tout bas. Je ne sais pas s'il ira au bout, en tout cas il secoue le cocotier et donne la colique à tout l'establishment. En France ,idem, gauche et droite confondue, préfère taper sur le FN qu'ils ont contribuer à faire grandir, plutôt que se s'attaquer à l'islamisation de la France. Dans ce domaine rien n'est fait et le nombre de mosquées continue de s'accroitre, les prêcheurs radicaux ne sont pas expulsés et les salafistes pullulent dans les quartiers musulmans.Les immigrés continues d'affluer, les coûts pour leur installation et leur entretien génèrent des sommes colossales. La Turquie nous roule dans la farine (nos dirigeants sont tellement lâches) et bientôt fera parie de l'Europe. La faillite des entreprises publiques ne peut plus être masquée. Mais enfin, c'est toujours le FN le danger.

  • Par vangog - 09/03/2016 - 15:35 - Signaler un abus Isolationiste, Obama?

    pourtant, on ne cesse de voir John Kerry se mêlant de tout, distribuant les brevets de démocratie aux uns, les retirant aux autres,faisant pression sur ses soutiens europeistes pour dézinguer les hommes forts du moyen-orient, ayant, par là-même une lourde responsabilité dans les exodes et les guerres...et puis, il y a toutes ces naturalisations à but électoral...Trump ne fera rien de tout cela, et il le dit honnêtement!

  • Par jurgio - 09/03/2016 - 17:13 - Signaler un abus Que craindre, en effet, d'un huluberlu comme Trump ?

    quand depuis plusieurs décennies un nombre incalculable de méchants crétins nous empêchent de tout entendre, de tout dire et de faire passer des lois raisonnables. Voulez-vous en voir de près ? Et en action ? Descendez dans la rue et sur les quais.

  • Par john mac lane - 09/03/2016 - 18:14 - Signaler un abus Enfin un bon article

    Entre Hitler, clown, et autre non d'oiseau ces derniers jours une vraie campagne de dénigrement jusqu'au ridicule c'est déferlée comme jamais. Enfin un article qui parle autrement que ad personnam primaire. Il n'est surement pas parfait, mais loin d'être pire que les autres....

  • Par Eugénie - 13/03/2016 - 12:29 - Signaler un abus nos politiques devraient réfléchir

    C'est la politique menée par nos idiots gauchistes qui fait monter le populisme !! On impose aux peuples le non racisme quand il est pratiqué en masse contre les indigènes, on impose un vivre ensemble impossible , on interdit de critiquer UNE religion qui pose problème et on s'étonne que les peuples se rebellent !!! La démocratie, la véritable c'est pourtant la voix du peuple !! Mais l'Amérique et lUE passent au dessus et veulent ôter la voix des peuples !! Le populisme est en marche pour une véritable démocratie !! Aucun dirigeant n'a le droit de sacrifier les peuples indigènes pour les noyer dans une civilisation archaïque islamiste sans l'avis des peuples indigènes!!

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Serge Federbusch

Serge Federbusch est président du Parti des Libertés. Il est l'auteur de La marche des lemmings ou la 2e mort de Charlie, paru le 6 mai aux éditions Ixelles

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