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Les trains néerlandais roulent désormais entièrement à la force du vent

En 2015, la compagnie ferroviaire néerlandaise NS s'était associée au fournisseur d'énergie Eneco en vue de réduire les émissions de gaz de ses trains à l'horizon d'octobre 2018. Cet objectif est d'ores et déjà atteint.

La révolution énergétique en marche

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Les trains néerlandais roulent désormais entièrement à la force du vent

Roger van Boxtel, le PDG de NS (Nederlandse Spoorwegen), compagnie ferroviaire néerlandaise, a annoncé que, depuis le 1er janvier 2017, l'ensemble des trains de sa compagnie fonctionne grâce à l'énergie éolienne, et ce grâce notamment à son partenariat avec le fournisseur d'énergie Eneco. Comment est-il possible, concrètement, de faire fonctionner tout un ensemble de trains grâce à la seule force du vent ? 

Myriam Maestroni : Les trains, comme l’ensemble des moyens de locomotion, requièrent de l’énergie pour circuler. En l’occurrence, la source d’énergie, peut être elle-même transportée par le train lui même, sur une locomotive à traction vapeur (XIXème siècle) ou diesel, ou, comme dans la plupart des cas aujourd’hui, par une locomotive électrique.

Cette dernière va fonctionner grâce à des infrastructures de transport d’électricité (caténaires ou troisième rail) qui complètent le réseau ferré. Le train va s’alimenter en électricité en captant le courant par un pantographe (bras articulé au-dessus des trains). L’électricité est une énergie qui peut être produite à partir d’énergies fossiles (charbon, fioul lourd ou gaz naturel) ou nucléaire, ou encore de sources renouvelables parmi lesquelles figurent désormais en bonne position le solaire et l’éolien. En l’occurrence, l’annonce faite par le PDG de la compagnie ferroviaire hollandaise fait bien référence à l’électricité d’origine éolienne, qui est celle qui sera désormais utilisée pour propulser les trains de la compagnie. Il est un peu abusif de parler de la "seule force du vent", puisqu’en l’occurrence, il s’agit bien de la force du vent, mais qui doit d’abord être transformée en électricité. Cela est possible grâce au "moulin à vent" des temps modernes, à savoir une hélice (aussi appelé rotor) à trois pales, qui peut mesurer de 5 à 9 mètres de diamètre situé au bout d’un mât de 10 à 100 mètres de hauteur. L’hélice va entraîner un axe relié à un alternateur qui va produire un courant électrique alternatif. Ensuite, un transformateur situé dans le mât va augmenter la tension du courant pour être transporté dans les lignes moyenne tension du réseau électrique. En principe pour pouvoir démarrer, une éolienne a besoin d’une vitesse de vent de 10 à 15 km/h minimum, et, pour des raisons de sécurité, ne doit pas dépasser 90 km/h.

L’accord passé entre Nederlandse Spoowegen (NS), la société de chemins de fer néerlandaise et Eneco, société également néerlandaise, basée à Rotterdam, consiste donc à substituer la vente d’électricité "classique" par de l’électricité d’origine renouvelable (en l’occurrence éolienne).  Cette annonce a une triple portée. En premier lieu, il faut comprendre que les Pays-Bas, qui achetaient de l’électricité (fossiles ou renouvelables) à ses voisins européens en passant par des infrastructures interconnectées, ont investi pour pouvoir produire plus d’électricité localement (Benelux), et ainsi devenir moins dépendants des importations et donc des choix des autres pays, dont certains continuent à produire massivement de l’électricité fortement émettrice de CO2 (à partir du charbon, fioul domestique…) tels l’Allemagne ou la Pologne. En second lieu, on voit émerger une volonté de "consommer et produire local"… pour pouvoir mieux maîtriser les dispositifs de réduction des émissions de CO2 et favoriser des logiques d’investissements couplant la production avec la consommation. Enfin, on voit émerger une nouvelle génération d’énergéticien de plus en plus déterminés à promouvoir la production et la consommation d’énergies renouvelables. C’est le cas d’Eneco, qui est l’un des premiers énergéticiens (à ne pas confondre avec une coopérative) à avoir décidé de se spécialiser dans la production et la commercialisation d’énergie verte ou à partir de gaz naturel (l’une des énergies fossiles les moins émettrices de CO2). Pour ce faire, Eneco, qui compte 2 millions de clients répartis aux Pays-Bas, en Belgique, en Allemagne et au Royaume-Uni, et qui s’est clairement prononcé contre le nucléaire, a fait des choix de production, d’investissements et de désinvestissements particulièrement ambitieux en matière de lutte contre les émissions de CO2 et de lutte contre le changement climatique. La société, se voulant exemplaire, a ainsi, dès 2014, juste pour ne citer qu’un exemple, lancé le projet EneCO2 Zero avec comme objectif de réduire ses propres émissions de CO2 en allant jusqu’à encourager ses employés à se rendre au travail de manière durable au moins seize fois par an… en Hollande, ils vont désormais pouvoir prendre le train !

 
Commentaires

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  • Par zouk - 22/01/2017 - 10:23 - Signaler un abus Pays Bas, énergie éolienne

    Leur géographie est de ce point de vue très favorable: large façade maritime sur la Mer du Nord connue pour ses vents puissants et assez réguliers, peu de profondeur continentale: 150/200 km au maximum. Ce n'est pas le cas de la France

  • Par LEVENT THIERRY - 22/01/2017 - 10:32 - Signaler un abus Farces et attrapes:

    Comme pour tous ses articles précédents, l'auteure nous prend pour des billes. Il semble judicieux de lire l'analyse critique de cette annonce qui ressemble à un slogan du père Noel: http://lemontchampot.blogspot.fr/2017/01/les-eoliennes-du-pere-noel.html

  • Par Borgowrio - 22/01/2017 - 12:32 - Signaler un abus Bonne nuit les petits ,

    Pour palier à l'intermittence Eneco se reserve la possibilité de s'approvisionner en énergie verte garantie ... ? ? ? Garantie par qui ? De toute façon les réseaux sont interconnectés et bien malin qui sait d' où exactement l'énergie vient ...Je regrette ça sent l'intox .. Quel prix , quel niveau de subventions publiques pour les billets ? Pire , le co-voiturage serait vert et pas le nucleaire ... On se fout de notre gueule

  • Par ikaris - 22/01/2017 - 17:29 - Signaler un abus L'escroquerie éolienne

    comme déjà relevé Myriam Maetroni nous a déjà fréquemment gratifié d'interviews déconnantes. L'escroquerie éolienne tient en une simple remarque : pas de vent, pas d'électricité et pas assez de vent, pas d'assez d'électricité. L'interviewée aborde le sujet en termes très lointain en parlant d'énergie verte complémentaire. En plus d'enlaidir les paysages, de faire du bruit et de couter cher la production éolienne doit obligatoirement se compléter de centrales classiques capable de la remplacer complètement. Il y a donc double dépense. Remplacer un parc nucléaire par des éoliennes c'est donc aussi construire des centrales à gaz ou à charbon et donc augmenter méchamment la production de CO2 ... mais le conglomérat des politiciens menteurs, des industriels chasseurs de subvention et des journaleux corrompus ne va pas nous l'expliquer.

  • Par Inazuma12 - 25/01/2017 - 00:55 - Signaler un abus L'escroquerie du renouvelable

    En dehors des problèmes de vent et d'esthétique de l'éolien, le solaire n'est pas mieux loti. Question indépendance, pour répondre à M.De Rugy qui soulignait la nécessaire importation d'uranium incompatible avec la notion d'indépendance énergétique, il faudrait bien se rappeler que les panneaux solaires viennent pour l'essentiel de l'étranger et que leo soleil brille rarement la nuit. Et problème encore plus important, on ne sait pas stocker l'électricité. Donc, en cas d'absence de vent et/ou de soleil, le nucléaire étant réduit de moitié (2025 ?), il faudra bien produire de l'électricité ou à partir du charbon, ou à partir du gaz, énergies fossiles, et donc, comme rappelé précédemment, construire ou remettre en marche des centrales thermiques.

  • Par Geodebay - 28/01/2017 - 14:26 - Signaler un abus Pays-bas pays plat

    Dans un pays d'altitude moyenne de l'ordre de 40 m., pas de problème, le vent soufflant directement sur le train suffit pour le faire bouger !! Pareil pour la bicyclette, aucun effort pour la faire rouler d'où son succès dans le pays d'ailleurs. Mais cherchons les barrages hydroélectriques, même de basse chute ! 5-6% d'énergies renouvelables aux Pays-Bas et pratiquement 90% d'énergies fossiles avec le gaz de Groningue et ... les émissions de CO² correspondantes (un des plus mauvais élèves de l'Europe). Certains feraient mieux de se taire au lieu de mettre en avant des arguments ridicules pour cacher leurs insuffisances. Tenez, c'est comme notre mairesse Hidalgo qui a choisi EDF pour l'éclairage public de Paris ; EDF s'est engagé à fournir, pour ce faire, de l'électricité provenant uniquement d'énergies renouvelables. Voyez, comme d'aucuns n'hésitent pas à nous prendre pour des ...

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Myriam Maestroni

Myriam Maestroni est présidente d'Economie d'Energie et de la Fondation E5T. Elle a remporté le Women's Award de La Tribune dans la catégorie "Green Business". Elle a accompli toute sa carrière dans le secteur de l'énergie. Après huit années à la tête de Primagaz France, elle a crée Ede, la société Economie d'énergie. 

Elle est l'auteure de plusieurs ouvrages majeurs: Intelligence émotionnelle (2008, Maxima), Mutations énergétiques (Gallimard, 2008) ou Comprendre le nouveau monde de l'énergie (Maxima, 2013), Understanding the new energy World 2.0 (Dow éditions). 

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