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Toutes ces autres raisons que les pesticides pour lesquelles les abeilles meurent aussi et dont on oublie de parler

Cette extermination, ils sont nombreux à en témoigner : des apiculteurs professionnels ou amateurs, des sédentaires ou transhumants, des labellisés bio ou conventionnels, qui assistent tous, impuissants, au dépérissement de leurs colonies depuis une bonne vingtaine d'années.

Atlantico Green

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Toutes ces autres raisons que les pesticides pour lesquelles les abeilles meurent aussi et dont on oublie de parler

 Crédit FRANCOIS GUILLOT / AFP

Atlantico : Dans un contexte agricole ultra dépendant de la chimie, on a tendance à directement songer aux pesticides lorsqu'on parle de la mortalité des abeilles. Et même s'il est probablement difficile de rendre compte de la crise apicole sans être pris en tenaille entre les syndicats des apiculteurs et l'industrie agrochimique, quelles sont, selon vous, les autres causes méconnues de cette hécatombe ?

François Lasserre : La cause de cette perte massive est multifactorielle. En plus de l'utilisation massive de pesticides de plus en plus efficaces, les colonies sont beaucoup trop exploitées depuis des millénaires par les humains qui leur retirent leur nourriture, par tous les consommateurs de miel et bien entendu les apiculteurs. Ces éleveurs croisent les espèces et les sélectionnent les rendant plus dociles et non piquantes. Lorsqu’elles sont lâchées dans la nature, elles se retrouvent dans un environnement également surexploités par les humains : sans nourriture variée, très pauvre d’un point de vue fleuristique, sans aucun mosaïque paysagère.

Elles ne peuvent plus éviter nos produits issus de la chimies de synthèses qui se multiplient. 

Pour ce qui est des causes secondaires, ces insectes sont aussi confrontés à de nombreux facteurs environnementaux, qui lorsqu'elles sont faiblardes, ont un réel impact sur les colonies : entre autres, les maladies comme la teigne ou les acariens, mites, virus, bactéries... D'autres espèces animales comme les frelons d’europe et asiatique introduits par l’homme, les varroas, acariens, teignes, papillons, piverts attaquent les ruches. 

Selon une étude de l'INRA et du CNRS, 35 % de la production mondiale de nourriture est directement dépendante des pollinisateurs. La valeur du service de pollinisation des insectes a été estimée à 153 milliards d'euros, soit 9,5% de la valeur de la production agricole mondiale. Concrètement comment cette perte se matérialiserait-elle ?

L'abeille domestique fait partie des 10 000 espèces d'insectes pollinisateurs. La disparition de l'abeille représenterait à elle seule une perte de 10 à 15% de la part de pollinisation, ce qui est une énorme partie pour une seule espèce. En effet, les abeilles sont très nombreuses d'où cette part si conséquente.

Mais si jamais l’abeille venait à disparaître à cause de facteurs environnementaux, cela impacterait également les autres insectes pollinisateurs puisqu'ils sont aussi sensibles face aux pesticides, maladies et autres agents extérieurs. 

Existe-t-il en ce moment une alternative technologique ou scientifique permettant de pallier cet hypothétique manque ? Auriez-vous des solutions ou des préconisations accessibles à tous pour permettre la sauvegarde de cet insecte ?

Les apiculteurs reviennent actuellement sur des espèces plus rustiques, moins sélectionnées comme l'abeille noire. De plus, on a déjà imaginé des drones pollinisateurs.

 
Commentaires

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  • Par J'accuse - 10/06/2018 - 10:35 - Signaler un abus Il ne faut pas sous-estimer la nature

    Si les abeilles disparaissaient (pas en un jour), elles laisseraient la place à d'autres espèces pour polliniser. Si elles dominent, c'est parce qu'elles étaient plus fortes et ont empêché d'autres de le faire; en s'affaiblissant, les abeilles permettront à d'autres espèces de se développer. La libération des opprimés, ça devrait plaire aux écolos, non ?

  • Par belette - 10/06/2018 - 17:46 - Signaler un abus les abeilles modernes sont des poulets de batteries..

    Issues de croisements avec des abeilles des pays chauds, elles sont inadaptées à nos climats, les apiculteurs doivent les nourrir en hiver, les soigner (attaquées par le Varroa Destructor)... C'est un élevage comme les autres qui demande... des compétences. Nous achetons notre miel en Chine, cherchez l'erreur...

  • Par Borgowrio - 10/06/2018 - 20:25 - Signaler un abus Le peuple aime bien la simplicité

    Comme d'habitude , les braves âmes pures ont leur bouc émissaire tout trouvé et commode , l'agriculture . D'autant plus facile à critiquer qu'ils n'ont pas les contraintes économiques des agriculteurs . Quand on leur dit que les millions de chats domestiques sont responsables de la disparition de dizaines d'espèces d'oiseaux chanteurs , là , ça les dérange car ils adorent leur minou , pas question ,lui ,de l'éradiquer

  • Par SD.. - 10/06/2018 - 21:24 - Signaler un abus Parti pris du journaliste

    Le monde agricole est aussi ultra dépendant de la chimie que la société en general! Par exemple, la médecine est ultra dépendante de la chimie! Les produits ménagers sont ultra dépendants de la chimie. L'essence est le résultat de processus chimiques industriels. Le savon, les colles, les plastiques, ....

  • Par Beredan - 11/06/2018 - 07:52 - Signaler un abus Les pesticides ont bon dos ...

    L’ennemi : la monoculture ! Viennent ensuite l’exploitation intensive des colonies , le nourrissage démentiel , les ruches à étages de hausses , l’intoxication du miel par la fumée et les produits chimiques , la traite des reines , les croisements génétiques ...

  • Par Eolian - 11/06/2018 - 11:43 - Signaler un abus Il n'y a pas que les pesticides,

    il ne faut pas oublier les panneaux solaires qui sont sont de merveilleux grills pour les insectes.Mais il ne faut pas le dire cela fâcherait les "écologistes".

  • Par kelenborn - 11/06/2018 - 15:28 - Signaler un abus oui

    regardez bien cette île à bobos:https://www.babelio.com/auteur/Francois-Lasserre/36741 Il est probable que

  • Par kelenborn - 11/06/2018 - 15:30 - Signaler un abus mr Lasserre gagne bien sa vie

    mr Lasserre gagne bien sa vie, qu'il doit avoir une idée approximative de la manière dont poussent les légumes bio qu'il prélève avec parcimonie sur le dos de Mère Nature! Faudrait lui proposer de ramasser des fraises dans les orties, cela le calmerait !

  • Par vingttroisavril - 12/06/2018 - 08:06 - Signaler un abus les apiculteurs

    devraient prendre leur retraite . Toutes les activités sont surexploitées en raison d'une demande frénétique des populations humaines toujours aussi contradictoires . Cependant faire croire que les jardins à la française contribuent aux problèmes c'est stupide et de mauvaise foi ,ils représentent 0,1% des surfaces exploitées . On peur être éclairé et aveugle en même temps , c'est bien là le malheur .

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François Lasserre

François Lasserre est auteur d'un ouvrage de vulgarisation sur les insectes, J'observe les insectesédité chez La Salamandre, et vice-président de l'Office pour les insectes et leur environnement. Il est également co-président de Graine Ile-de-France, un reseau de structures qui font de l'éducation à l'environnement.

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