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Des scientifiques annoncent que l’augmentation massive des chutes de neige sur une partie de l’Antarctique pourrait contrebalancer l’effet du dérèglement climatique sur la montée des océans

Une étude de la NASA montre une augmentation des chutes de neige sur une partie de l'Antarctique. Elle est révélatrice des difficultés à définir des modèles météorologiques.

Atlantico Green

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Des scientifiques annoncent que l’augmentation massive des chutes de neige sur une partie de l’Antarctique pourrait contrebalancer l’effet du dérèglement climatique sur la montée des océans

Atlantico : Une étude publiée le 26 décembre dans le Geophysical Research Letters montre une augmentation des chutes de neige sur une partie de l'Antarctique. Avec quelle prudence devons-nous aborder cette étude de la NASA qui estime que ces chutes de neige pourraient "limiter les dégâts" concernant la hausse du niveau des océans?

Jean-Paul Maréchal : Ce genre d'études doit toujours être pris avec prudence dans la mesure où elle ne porte que sur une région. Ce n'est pas une étude globale sur l'Antarctique. Je pense qu'il faut la prendre pour un élément intéressant dans le débat car de toute façon la science du climat est loin d'être arrivée à son apogée. Ce sont de nouveaux éléments à verser au dossier de la connaissance climatologique. A partir de là, il ne faut pas forcément en tirer des conséquences, en extrapoler des constats plus globaux, pour orienter les politiques publiques à mettre en œuvre.

D'autant plus que les auteurs eux même ne tirent pas de conclusions et restent très prudents.

Il ne sert en outre à mon sens à rien de remettre les conclusions de ce rapport en question sous prétexte que la NASA y a participé et que les Etats-Unis sont dirigés aujourd'hui par un climatosceptique. La NASA a conduit de nombreuses études sur le climat et leur légitimité n'est pas à mettre en cause.

N'est-ce pas en contradiction d'une certaine manière avec les rapports successifs du GIEC qui s'alarme régulièrement de la gravité du réchauffement climatique et de la hausse du niveau des océans qui ne cesse d'être réévalué ?

Je ne pense pas. Les rapports du GIEC font le point sur ce que dit la communauté scientifique. Il n'y a pas de contradiction avec la théorie d'une accélération du réchauffement climatique et d'une hausse du niveau de la mer. Les auteurs le disent eux-mêmes. Cela ne serait contradictoire uniquement si l'on généralisait les conclusions de manière malveillante par rapport aux travaux du GIEC. Au contraire, les auteurs disent juste que la hausse des chutes de neige sur des zones définies en Antarctique pourrait non pas arrêter la hausse du niveau des océans mais la ralentir. Tout en se préservant de l'affirmer car, ils le disent eux-mêmes, ce phénomène devrait se vérifier partout ailleurs et que dépendra aussi de l'évolution d'une multitude de facteurs.

Intellectuellement, cette piste est intéressante et mérite d'être étudiée mais cela ne vient pas contredire la thèse du réchauffement climatique ni celle de la hausse du niveau de la mer.

Au final, cette étude n'est-elle pas révélatrice d'une extrême difficulté d'évaluation des conséquences du réchauffement climatique ?

C'est révélateur du fait que la modélisation du climat, de la météorologie, est une science extrêmement complexe. Sauf si vous avez affaire à des idéologues, personne ne peut affirmer que modéliser le climat est une chose simple. Il existe des millions de variables et d'interactions. Le climat en se modifiant modifie ses conditions même de fonctionnement. Cette étude menée en partie par la NASA est un beau cas pour réfléchir à la complexité de la modélisation du climat et sur le fait qu'il ne faut pas tirer de conséquences simplistes ou de conclusions ni dans un sens ou dans l'autre.

 

 

 
Commentaires

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  • Par ajm - 07/01/2018 - 10:38 - Signaler un abus Climatologues.

    Ce monsieur est economiste, semble-t-il , pas climatologue. Au sein du GIEC combien de climatologues ? Et combien aussi parmi ceux qui rédigent les rapports de cet organisme ?

  • Par Anouman - 07/01/2018 - 13:00 - Signaler un abus Climat

    Cela montre surtout que les modèles ne sont pas précis et que les conséquences annoncées comme "inéluctables" sont loin d'être certaines.

  • Par Borgowrio - 07/01/2018 - 16:27 - Signaler un abus Nouvelle religion

    Hi hi hi , et voilà , il n'est pas un reportage qui , à un moment ou a un autre et à propos de tout et n'importe quoi, on accuse le "réchauffement climatique " . ça devient assommant . C'est tellement considéré comme un dogme inattaquable que même quand on a les preuves du contraire , on refuse de voir .

  • Par Geolion - 07/01/2018 - 18:09 - Signaler un abus Ça suffit de mentir, ne serait-ce que par défaut !

    Ça suffit ! Quand on parle de réchauffement climatique (même si de plus en plus de scientifiques ne parlent plus que de "dérèglement" climatique...) et de montée des eaux des océans et mers, on attribue implicitement ces faits à l'Homme ! Or, ça fait 20.000 ans que la terre se réchuffe après le dernier épisode glaciaire, avec une montée des eaux de 120 mètres durant cette période avec des pointes de près de 6 cm par an contre 2,5 à 3 mm par an actuellement !!! La faute à l'homme de Cromagnon ?? Personne, je dis bien personne, n'est capable, aujourd'hui, de chiffrer la contribution de l'Homme dans ce qui se passe ! Et depuis 100 ans, la montée des eaux montre qu'elle est LINÉAIRE donc sans accélération, alors que le taux de CO2 a une croissance accélérée depuis la moitié du XX°siècle ! Pour la monée des eaux, voir : https://tidesandcurrents.noaa.gov/sltrends/sltrends_station.shtml?stnid=8574680 Il semble évident que le tapage permanant sur le "réchauffement" climatique a pour origine des intérêts publics ou privés ! Derrière les éoliennes, il y a la Générale Electrique américaine ! Jusqu'à 40 tonnes d'acier et 900 tonnes de béton en terre par éolienne..pour l'éternité !

  • Par assougoudrel - 07/01/2018 - 18:21 - Signaler un abus Si la neige revient, nous sommes

    sauvés; nous pourrons continuer à manger du chocolat, car ils parlaient de la disparition des cacaoyers en 2050.

  • Par brennec - 07/01/2018 - 18:53 - Signaler un abus Surtout n'en tirez aucune conclusion pas correcte.

    Il ne se mouille pas l'économiste! C'est pas comme si c'était un ouragan. @ajm En principe la partie scientifique du rapport du GIEC est établie par des climatologues et compile des études climatiques (encore qu'on y a vu des ong comme greenpeace ou wwf). En revanche le résumé pour les décideurs n'est pas rédigé par des climatologue, on y voit toute sorte de gens. Une étude des divergences entre les deux serait surement très instructive.

  • Par kelenborn - 07/01/2018 - 20:39 - Signaler un abus Ben pardi

    Vous vous souvenez du trou dans la couche d'ozone! Le gaz infernal (CFC)mettait 100 ans pour grimper dans la haute atmosphère et on était foutu: c'était trop tard: puis le trou se reboucha et ce fut grâce....à l'interdiction des CFC que l'humanité fut sauvée. S'il faut avouer un de ces jours que cet histoire de réchauffement était un "fake" destiné à transformer en héros Macroléon en même temps que cela remplissait les poches des escrocs, on a la parade!C'est l'Antarctique qui a empêché le pire! sur demande expresse de Pictafesse Royal qui mérité bien le panthéon !

  • Par vangog - 07/01/2018 - 22:28 - Signaler un abus L’antarctique s’agrandit, aussi!

    alors que l’arctique se rétrécit. Impossible de faire confiance à ce maître de conférence qui affirme, dans le même article: « qu'il ne faut pas tirer de conséquences simplistes ou de conclusions ni dans un sens ou dans l'autre » et « cela ne vient pas contredire la thèse du réchauffement climatique ni celle de la hausse du niveau de la mer »... »ni dans un sens ni dans l’autre » hein?...clown, va!

  • Par pierre de robion - 07/01/2018 - 23:11 - Signaler un abus Ca montre surtout....

    que Trump est probablement plus sensé que nombre de ceux qui le traitent de fou!

  • Par zen aztec - 08/01/2018 - 10:08 - Signaler un abus Tout se résume à ça:

    "Sauf si vous avez affaire à des idéologues, personne ne peut affirmer que modéliser le climat est une chose simple" Voila voila

  • Par JeanBart - 08/01/2018 - 10:50 - Signaler un abus ce qui est, ce qui sera... ou pas

    je me demande comment on peut lire que : "les rapports successifs du GIEC qui s'alarme régulièrement de la gravité du réchauffement climatique" alors que dans ces mêmes rapports, on constate factuellement que la température moyenne du globe (pour autant que cette mesure soit pertinente) n'a pas augmenté les 16 dernières années. En revanche, les prévisions à 10, 20 ou 30ans sont toujours catastrophiques.

  • Par jipebe29 - 08/01/2018 - 11:11 - Signaler un abus Montée des océans ? Pas de panique !

    A la fin de la dernière glaciation, les océans sont montés d’environ 120 m, puis cette montée a continué, mais doucement, à raison de quelques mm/an. Depuis environ 200 ans, selon les mesures des marégraphes, le niveau des océans continue à monter régulièrement, sans accélération, de 1,5 mm/an, sans corrélation avec les évolutions du taux global de CO2 atmosphérique et sans corrélation avec les petites fluctuations de température. Voici le lien pour les évolutions des niveaux océaniques : http://www.climate4you.com/ ,onglet « oceans », sea level from tide gauges. Bref, il n‘y a aucune raison de s’inquiéter d’une montée cataclysmique des niveaux océaniques en faisant confiance aux projections des modèles numériques, car ils ne cessent de se planter, ce qui veut dire que leur crédibilité est nulle...

  • Par MIMINE 95 - 08/01/2018 - 11:29 - Signaler un abus UN ECONOMISTE qui nous fait une leçon de climatologie ????

    ?????? La prochaine que j'aurai mal aux dents, j'irais voir mon coiffeur .

  • Par emem - 08/01/2018 - 19:51 - Signaler un abus Incontestable

    C'est sûr le froid c'est pas chaud

  • Par kelenborn - 08/01/2018 - 20:22 - Signaler un abus jipbe

    Surtout que selon Gore l'escroc les Maldives devraient déjà être sous les eaux depuis 10 ans! D'ailleurs il avait fait le pari qu'il se laverait les pieds quand la mer arriverait! C'est pour cela qu'il doit cocoter des pompes! Au passage: vague de froid en 2017 en Europe Orientale et Russie, cette année en Amérique du Nord, l'an prochain c'est pour nous et quand les cons qui accrochent "Non à l'EPR " derrière leur BX pourrie, leur congélo va avoir triste mine quand l'électricité sera coupée 15 jours !

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Jean-Paul Maréchal

Jean-Paul Maréchal est Maître de conférences en Science économique à lUniversité Paris Sud. Il est l'auteur de l'ouvrage Chine/USA. Le climat en jeu, Paris, Choiseul, 2011, 116 p.

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