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Les dessous d’une imposture écologiste : pourquoi une transition au 100% électrique d’ici 2050 est strictement impossible

Trop chers, pas assez sécurisés, dénoncés par les riverains : l'éolien et le photovoltaïque, comme première source d'énergie, coulent l'économie et alourdissent au final le bilan carbone.

Atlantico Green

Publié le
Les dessous d’une imposture écologiste : pourquoi une transition au 100% électrique d’ici 2050 est strictement impossible

Atlantico: La transition au tout électrique en 2050, comme le désire Green Peace, est-elle possible?

Jean-Pierre Schaeken Willemaers: Il est impossible d’atteindre cet objectif, à cet horizon, tant pour des raisons économiques que sociales. Une telle politique ne pourrait, en effet, pas assurer la sécurité d’approvisionnement électrique à des prix compétitifs. Elle nécessiterait des investissements énormes en production d’électricité, dans les réseaux électriques haute et basse tension  (qui devraient être restructurés, c.à.d. renforcés et étendus vu la dispersion géographique de la production et l’intermittence de celle-ci, le renouvelable restant très largement éolien et photovoltaïque à cette date) ainsi que dans le " stockage " d’électricité indispensable pour la stabilité du système. Outre le fait que dans ce dernier cas, la technologie n’est pas encore disponible, elle est extrêmement chère.

 

Les prix d’électricité très élevés qui en résultent, affectent gravement les exportations des entreprises européennes énergivores et provoquent la fuite des investissements industriels vers les pays concurrents de l’Union européenne (carbon leakage) et pèsent lourdement sur le pouvoir d’achat des ménages.

 

D’autre part, une politique du renouvelable intermittent ne conduit pas à une création nette d’emplois, contrairement à ce que prétendent les associations qui promeuvent ce type de production d’électricité. En effet, les emplois dans les secteurs de la fabrication ou de l’assemblage et de l’installation ne sont pas nécessairement nouveaux, mais résultent également de transferts d’autres secteurs d’activités vers l’industrie du renouvelable. Ils sont, en outre,  plus que compensés par la destruction d’emplois résultant des licenciements, voire des faillites comme ce fut le cas en Allemagne, entre autres, avec la faillite de Q-Cell, principal fabricant de panneaux photovoltaïques ; au Danemark, avec le licenciement de milliers de personnes en 2012/2013 chez Vestas ; en Espagne, chez Gamesa etc.

 

En outre, une opposition de plus en plus grande des populations à l’installation d’éoliennes (en raison des nuisances qu’elles occasionnent : sonore, visuelle, dévalorisation des propriétés avoisinantes, dangers qu’elles présentent tels que bris de pales qui peuvent être projetées à des dizaines, voire des centaines de mètres dans les cas extrêmes, incendie etc.) devient un obstacle à son développement.

 

Quelle est votre solution de transition énergétique ?

Deux remarques préliminaires :

-       l’électricité nucléaire n’émet pas plus de gaz à effet de serre que l’éolien sur terre " onshore " (terrestre) ou que le photovoltaïque, et moins que l’éolien offshore (maritime) ;

-       une production d’électricité thermique est indispensable pour compenser l’intermittence de l’éolien et du photovoltaïque, et ainsi assurer la sécurité d’approvisionnement électrique.

Dès lors, et en tenant compte du coût global du renouvelable (incluant les coûts de compensation précités, de la restructuration des réseaux électriques et du stockage d’électricité), une alternative plus réaliste au tout renouvelable consisterait :

-       au plafonnement du renouvelable intermittent à un niveau permettant d’éviter, en grande partie, les lourds investissements rappelés ci-dessus et le déploiement du renouvelable non-intermittent ;

-       un prolongement de la durée de vie des centrales nucléaires existantes moyennant les investissements requis, accordant ainsi le temps nécessaire pour permettre leur remplacement par des centrales de troisième génération, la  construction de centrales de quatrième génération (régénérant leur combustible et " brûlant " une grande partie des déchets hautement radioactifs) ne pouvant être envisagée qu’à partir de 2035/2040 ;

-       un recours aux centrales au gaz, dont la technologie est bien maîtrisée et performante, et dont les coûts de production sont relativement bas (pour autant que le marché ne soit pas biaisé), pour compenser l’intermittence de l’éolien et du photovoltaïque.Ces centrales thermiques seraient remplacées par du renouvelable non-intermittent, en temps voulu, pour autant que des progrès technologiques en permettent une exploitation économiquement et socialement acceptable.

 

 
Commentaires

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  • Par zouk - 27/03/2016 - 11:25 - Signaler un abus Idéologie écologique

    Quelques idéologues assez ignorants sont suivis d'une immense masse de gens privés des véritables informations sur les conséquences du rêve du tout éolien + solaire. Enormité des investissements nécessaires, terribles dégâts pour l'environnement (occupation des sols pour les fermes solaires, et techniques fort dangereuses pour la production et le recyclage des panneaux solaires à base de terres rares) sans compter dans les 2 cas, l'impossibilité de produire en continu, pas de vent, pas de soleil, comment faire face à l'intermittence? Gigantesques accumulateurs pour stocker l'électricité? Encore inconnu, mais investissements gigantesques, comment financer tout cela? Nous constatons une gigantesque manipulation initiée par des demi-ignorants sur une opinion publique trop mal informée faute d'exposés honnêtes sur la question.

  • Par Deneziere - 27/03/2016 - 13:11 - Signaler un abus Les écolos disent parfois des trucs intelligents (mais si...)

    Cet article est quand même très superficiel, et le sujets énergétiques ne sont pas vraiment bien traités chez Atlantico. Comment peut-on parler du nucléaire, même dans un article court et généraliste, sans parler du démantèlement des centrales ? On a commencé à démanteler Brennilis il y a 30 ans, on n'a toujours pas terminé, et les coûts (482 millions d'euros quand même) sont 20 fois supérieurs aux estimations initiales. Face à cela, on m'explique ici le risque de retrouver un morceau de pale d'éolienne sur un chemin rural...

  • Par Borgowrio - 27/03/2016 - 13:38 - Signaler un abus Un gaspillage qui commence à se voir

    Enfin du journalisme sérieux ... L'imposture se fait de plus en plus évidente ... On attend avec impatience le VRAI bilan de la transition énergétique allemande ...

  • Par vangog - 27/03/2016 - 14:03 - Signaler un abus "Les associations qui promeuvent ce type d'électricité"?????

    Et depuis quand les associations ltra-minoritaires, et ultra-subventionnées font-elles la loi? ben...depuis que le gauchisme a déstructuré la société européenne et impose la loi des minorités ultra-gauchistes contre la volonté du peuple! Vous auriez pu commencer par là, M.Willemaers...tout ce qui est anti-démocratique, lourdement teinté de manipulation et d'enfumage gauchiste recèle une perversité dans ses buts et dans ses moyens. Les buts sont clairs, dévoilés par la minorité écologiste qui a pris le pouvoir par la force du trotskysme: c'est la décadence par la décroissance économique! Les moyens sont ceux du trotskysme classique depuis 1917: manipulation des plus faibles, jeunes et étudiants en priorité, enfumage médiatique, entrisme dans l'Education, la Justice, les Medias, afin d'y répandre les germes vénéneux de la décroissance énergétique, mauvais camouflage vert-caca-d'oie de l'anti-capitalisme militant...

  • Par Anguerrand - 27/03/2016 - 16:42 - Signaler un abus Électricité alternative ?

    Les éoliennes ne fonctionnent qu'un tiers du temps. Elle ne fonctionne pas sans vent ou si le vent dépasse 75 km/ heures. Les panneaux solaires, et quand il n'y en a pas ? Et quand il fait gris où il y a de la neige, il faut se passer d'une électricité par des centrales thermiques, donc un double investissement. La facture sera payée comme d'habitude par le consommateur. Je suis d'accord avec Borgowrio pour l'instant le bilan carbone de l'Allemagne est catastrophique d'autant que les fumées et leurs particules s'invitent en France et à Paris. Merci les verts allemands.

  • Par essentimo - 27/03/2016 - 16:49 - Signaler un abus Il n'y a que

    les écolos suivis par les PS pour avoir cru une seule minute que cela pouvait être possible !

  • Par cloette - 27/03/2016 - 22:15 - Signaler un abus les éoliennes

    leur but est de faire de l'électricité ? je croyais que c'était pour en vendre , mais même là , on n'exporte rien , ce sont les Chinois qui en exportent le plus . Pour l'électricité gardons le nucléaire jusqu'à ce qu'on trouve mieux

  • Par essentimo - 28/03/2016 - 07:55 - Signaler un abus Pourquoi

    tous les pays africains n'ont-ils pas de panneaux solaires ?

  • Par Anguerrand - 28/03/2016 - 20:49 - Signaler un abus A essentimo

    Vous avez raison, nos écolos auraient oublié que meme en Afrique il fait noir la nuit, au moment même où la demande électrique est la plus forte. De plus il n'y a pas de soleil 365 jours par ans. Que répondent les écolos à ces évidences que les contribuables européens paieront . Idem en France la facture EDF nous facture déjà ces énergies.....tres alternatives, idem pour les éoliennes. Coût environ 10 fois plus chere de ces énergie " écolos"

  • Par foxlynn - 31/03/2016 - 19:10 - Signaler un abus mafia ...

    L'Ardèche est une magnifique région qui est en train de s'équiper d'éolien qui bousille les paysages ... les paysans seront déposédés de leurs terres puisqu'elles seront "taxées industrielles" .mais le chantage fait par les minus sortis de l'école Centrale les impressionne ... bien entendu rien n'est prévu pour le démantellement puisque les sociétés créees pour leur gestion ont un capital qui ne dépasse pas 10000 euros ... et en cas de faillite, 10 000 euros , c'est rien .... la catastrophe écologique est en marche ... et quand on connait les tonnes de terres rares utilisées par ces machines , vendues pas la Chine en priorité au prix de centaines de morts dans les mines , qu'on ne me dise pas que c'est écologique ! non, c'est mafieux !

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Jean-Pierre Schaeken Willemaers

Jean-Pierre Schaeken Willemaers est président du pôle Energie, Climat, Environnement à l'Institut Thomas More. 

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