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Dérèglement climatique : les températures dans l’Arctique augmentent tellement rapidement que les algorithmes de l’agence américaine qui les suit ont cru à une erreur

Un algorithme de la NOAA (l'Agence américaine d'observation océanique et atmosphérique) a été pris au dépourvu par un relevé de température exceptionnellement haut dans la station météorologique de Utqiaġvik en Alaska.

Atlantico Green

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Dérèglement climatique : les températures dans l’Arctique augmentent tellement rapidement que les algorithmes de l’agence américaine qui les suit ont cru à une erreur

Atlantico : Un algorithme de la NOAA (l'Agence américaine d'observation océanique et atmosphérique) a été pris au dépourvu par un relevé de température exceptionnellement haut dans la station météorologique de Utqiaġvik en Alaska. Des températures si hautes que l'algorithme a considéré que c'était une erreur et n'a reporté aucunes données pour le mois de novembre. Selon vous, ces températures si hautes traduisent-elles une accélération du réchauffement climatique ?

Mikaa Mered : Je me range derrière l'avis qui fait très largement consensus dans la communauté des climatologues polaires, y compris en Chine et en Russie : nous sommes entrés dans une nouvelle ère climatique en Arctique, une nouvelle normalité ("new normal"). Les changements climatiques en Arctique s'accélèrent, à une vitesse bien supérieure à d'autres endroits de la planète. Toutefois, ils ne sont pas uniformes : les climats océaniques, littoraux et continentaux connaîssent des bouleversements différents. La plupart des zones arctiques, en particulier les zones littorales, se réchauffent, voire pour certaines verdissent, à une vitesse toujours plus importante, par l'effet conjugué de plusieurs facteurs d'origine humaine ou non qui créent un cercle vicieux que tous les relevés montrent et documentent parfaitement.

Cependant, certains secteurs de l'Arctique stagnent, voire se refroidissent légèrement. De même, ce n'est pas parce que l'Arctique se réchauffe que tous les changements climatiques observés se manifestent par une chaleur accrue, notamment dans les zones sub-arctiques et intermédiaires. Les climatologues et même le grand public l'observent désormais tous les hivers aux Etats-Unis, et certains hivers en Europe et dans le Nord de la Chine : des vortex polaires apparaissent et apportent de épisodes de très grand froid dans des zones habituellement tempérées, même jusqu'au Texas ou au Portugal. C'est pourquoi il faut mieux parler de changements climatiques plutôt que de réchauffement, d'ailleurs. Donc en résumé, oui, l'affaire fait consensus dans la communauté : ces températures sont bien une expression concrète et irréfutable d'une accélération des changements climatiques, au moins en Arctique.

Est-ce que cet incident traduit également un manque de moyens octroyés à la NOAA et aux autres institutions du type à travers le monde ?

Cet incident ne traduit pas directement un manque de moyens octroyés à la NOAA mais met en exergue son importance stratégique à l'heure où l'administration Trump souhaite baisser son budget de 18% en 2018. Contrairement à ce que l'on peut souvent lire sur les réseaux sociaux, mesurer les changements climatiques n'est pas qu'une façon pour la communauté scientifique de justifier son existance ou encore un outil des gouvernements pour influencer le public ! L'importance d'organismes comme la NOAA, ou l'IFREMER et le SHOM en France par exemple, est capitale car le ou les pays qui ne comprennent pas, ne mesurent pas et ne parviennent pas à anticiper les changements climatiques se retrouveront en grande difficulté stratégique dans les prochaines décennies. En effet, sans une mesure poussée des changements climatiques et leur prise en compte dans les politiques publiques, c'est toute l'infrastructure d'un pays, d'une économie ou d'une région-capitale qui peut se retrouver à l'arrêt. Ne pas mesurer ces changements, c'est un risque stratégique pour les armées, notamment les marines et les garde-côtes, si dépendants d'une bonne compréhension des dynamiques océaniques. Ne pas financer la recherche en la matière, c'est s'empêcher d'anticiper ces bouleversements par l'investissement dans des infrastructures publiques adaptées ou par l'innovation privée. Bref, c'est se mettre tout simplement à la merci d'autres acteurs qui, eux, comprennent les changements climatiques bien mieux et savent en tirer un avantage politique, économique, voire militaire à terme. C'est d'ailleurs la stratégie de la Chine, qui investit en matière de recherche climatique toujours plus, d'abord avec une approche défensive ; et aujourd'hui, avec le désinvestissement de l'administration Trump, commence à parler d'avantage offensif.

 
Commentaires

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  • Par vangog - 17/12/2017 - 13:03 - Signaler un abus Ben alors! Combien de milliers de COP faudra-t-il

    pour se rendre compte que l’homme n’y est pour rien dans le climat, et qu’il faut simplement aller dans le sens de l’histoire, sans chercher à la trafiquer? « On n’y arrivera pas! » nous dit Macron-Rothschild...s’il avait interrogé les patriotes, on lui aurait dit dès le début...Il faut stopper net les politiques ecolo-gauchistes de relance des centrales à charbon et houille et de délocalisation des industries en Asie, et relancer d’urgence la recherche nucléaire, afin d’éviter la catastrophe! le FN vous le dit depuis longtemps...alors, on coule avec le navire ecolo-gauchiste, ou on réagit?...

  • Par jurgio - 17/12/2017 - 17:13 - Signaler un abus Un réchauffement si rapide

    qu'il ne peut être dû qu'à la cigarette.

  • Par Borgowrio - 17/12/2017 - 19:25 - Signaler un abus De moins quarante , on passe à moins trente huit , catastrophe

    Problème ... Record de froid battu en Sibérie en 2017, moins 70 ° . Entendu à la télé , réchauffement moyen , de 0,5 ° à 1,5 °, sur les vingt dernières années . Sur la banquise , de moins 15 ° à moins 40 ° ... 2 degrés de moins , ça fait moins 38 . De la bouche même des Inuits , pas de différence visible . Ces chevaliers de l'apocalypse de salons , tel le docteur Knock diagnostiquent des maladies imaginaire pour leur business

  • Par kelenborn - 18/12/2017 - 13:34 - Signaler un abus Ben pardi

    Il est mignon notre Mikaa: il donne la réponse!: "manque de moyens"! C'est généralement comme cela que fait la NASA: elle découvre le SMS d'un E.T. envoyé depuis la banlieue sud de Beta Pectoris (entre le bureau de poste et la supérette) et il faut des sous pour aller le chercher! Les plus coupables, ce n'est pas l'escroc mais...ceux qui diffusent son message!

  • Par assougoudrel - 18/12/2017 - 22:21 - Signaler un abus De moins 20, mon

    congélateur est descendu à moins 18. Pourvu que mes vivres ne décongèlent pas juste au moment des fêtes! Ah! Ce réchauffement climatique!

  • Par pierre de robion - 19/12/2017 - 15:02 - Signaler un abus Je me disais aussi!

    Encore un chercheur qui tente de nous prouver qu'il trouve! Quant à Chabichette, vu ses bêtises (restons polis), elle est à égalité de coûts avec Roselyne! C'est tout dire!

  • Par jerome69 - 19/12/2017 - 16:03 - Signaler un abus ces dingues

    Tous les spécialistes en climatologie que nous avon ici!

  • Par Anouman - 19/12/2017 - 21:31 - Signaler un abus Tellement rapide

    Le réchauffement est tellement rapide qu'on en oublie de nous dire de combien il est: sans doute que cela change trop vite pour lire le thermomètre. Par contre on lit clairement que Trump veut baisser "rapidement" le budget de 18% de NOAA.

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Mikaa Mered

Mikaa Mered est professeur de géopolitique et économie des mondes polaires (Arctique/Antarctique) à l'Institut Libre d'Etude des Relations Internationales (ILERI, Paris La Défense), expert-évaluateur Arctique auprès de la Commission européenne, et membre du groupe d'experts en sciences humaines et sociales du Comité Scientifique pour la Recherche Antarctique (HASSEG-SCAR).

 

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