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Bye-bye énergies fossiles, la fin du pétrole et du charbon est proche mais pas pour cause de pénurie

Chute des coûts du solaire et de l'éolien, prise de conscience accrue des acteurs économiques, politiques et des citoyens, etc. : autant de facteurs qui ont précipité le développement des énergies alternatives, à tel point qu'elles risquent de mettre en péril l'avenir des énergies fossiles.

Atlantico Green

Publié le - Mis à jour le 21 Juin 2016
Bye-bye énergies fossiles, la fin du pétrole et du charbon est proche mais pas pour cause de pénurie

Atlantico : Une étude publiée par le Bloomberg New Energy Finance Analysis  prévoit un renversement des consommations énergétiques en 2025: une chute de la demande en énergies fossiles et une nette augmentation de la demande en énergies alternatives. Pourquoi ?

Myriam Maestroni : Il semble, en effet, que le scenario qui prévoyait un abandon progressif des énergies fossiles les plus émettrices de C02 en faveur des moins émettrices (ie du charbon et pétrole vers le gaz naturel jusqu’à récemment encore vu comme l’énergie de la transition) soit en train d’être abandonné en faveur d’un scénario privilégiant directement les énergies renouvelables appelées à se développer plus vite que prévu, notamment du fait de la chute des coûts du solaire et de l’éolien, de nature à rendre l’électricité produite à partir de ces deux sources renouvelables plus compétitive que celle produite à partir des énergies fossiles.

Et ceci est valable malgré un contexte de prix du pétrole cassé. Cette tendance doit également être analysée en tenant compte du développement exponentiel des technologies (télécommunications, Internet, multimédia…) de plus en plus électro-dépendantes, tant dans le cas de nos économies développées, que dans le cas de la consommation à venir pour permettre l’accès à l’énergie de 1.3 milliards de personnes dans le monde vivant encore sans éclairage, télécommunications, etc. Enfin, il ne faut pas négliger les prises de position de pays en fort développement qui pèsent sur l’évolution de la consommation mondiale, dont notamment la Chine qui connaît une croissance rapide de l’énergie solaire et qui se place depuis 2015 au premier rang du marché mondial du solaire photovoltaïque (avant l’Allemagne). Elle fait d’ailleurs état d’une politique éminemment volontariste qui lui permettrait d’afficher dans les 25 ans à venir les plus fortes baisses d’émissions de CO2.

Comment expliquer que l'inversion, prévue plus tard, surprenne finalement les analystes par sa précocité ? Quel a été l'élément déclencheur ? 

Curieusement, et il paraît donc nécessaire de le rappeler, la prise en compte de l’urgence climatique est récente. En effet, malgré les alertes du GIEC, un groupe constitué par les meilleurs experts au monde en matière de climat, depuis les années 1990, il a fallu attendre la validation de leur 5ème rapport, fin 2014, pour enfin prendre acte d’un niveau de concentration des gaz à effet de serre jamais mesuré dans l’atmosphère depuis plus de 800 000 ans, et ce, avec la plus forte hausse observée cette dernière décennie. Les conclusions de ce rapport sont malheureusement étayées par une série de faits concrets : record de chaleur (2014 et 2015 en sont une triste illustration), intensification de plus en plus visible partout dans le monde d’événements climatiques extrêmes  (sécheresses, canicules, pluies diluviennes, inondations, ouragans, typhons…), lourdes pertes humaines (2 millions et demi de personnes sur les 30 dernières années), multiplication du nombre de réfugiés climatiques (plus de 20 millions selon le Conseil norvégien pour les réfugiés) et des coûts financiers liés à ces catastrophes naturelles en forte augmentation (200 milliards par an au cours de la dernière décennie, soit 4 fois plus que dans les années 1980 selon Rachel Kyte, vice-présidente de la Banque mondiale chargée du développement durable). Tout cela a fini par avoir raison des derniers climato-sceptiques et a, bien sûr, largement contribué à cadrer les discussions de la COP 21 en décembre dernier, à Paris.

Le monde, au travers de l’engagement de 196 pays, s’est mobilisé pour limiter le réchauffement climatique à moins de 2°C au travers de différentes mesures à mettre en œuvre dans les années à venir et, donc pour viser la réorientation de l'économie mondiale vers un modèle à bas carbone, bien sûr, basé sur un abandon progressif des énergies fossiles, qui constituent encore près de 80% du mix énergétique mondial.

A cet engagement politique s’est ajoutée une mobilisation citoyenne sans précédent, et surtout, last but not least, une prise en compte de cette nouvelle donne éco-climatique par l’ensemble des acteurs économiques - dont bien sûr les entreprises de toutes tailles et tous secteurs - et financiers (banques, investisseurs,..). Ces derniers ont bel et bien pris conscience, et souvent de façon douloureuse, de la façon dont le réchauffement climatique pouvait impacter leurs activités au sens large: dépréciation faramineuse d’actifs (évaluée en dizaines de milliards de $), baisse significative de la capitalisation boursière des sociétés d’énergies fossiles, campagnes orchestrées d’activistes visant les investisseurs fortement impliqués dans des entreprises trop carbo-intensives (Go Fossil Free, Divest/Invest…), engagement croissant d’investisseurs reconnaissant l’impact du changement climatique sur les investissements à prendre des mesures pour réduire l’empreinte carbone de leurs portefeuilles. L’appel de Ban Ki-Moon, Secrétaire général des Nations Unies fin 2014 à New York, est ainsi venu renforcer l’engagement de grands investisseurs qui intégraient déjà les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance - ESG - dans leurs stratégies d’investissements. Bref, le risque carbone, malgré un prix paradoxal du CO2 au plus bas, est bien devenu une épée de Damoclès de nature à décourager fortement les investisseurs, qui, du coup délaissent leurs investissements  en énergies fossiles.

Malgré tout, celles-ci supposeront, comme le signale le rapport de Bloomberg New Energy Finance (BNEF), 2 100 milliards de $ d’ici à 2040, à mettre face aux 7 800 milliards investis en renouvelables. Il est sans doute intéressant de noter qu’avec 3 400 milliards pour le solaire et 3 100 milliards pour l’éolien, ces deux énergies renouvelables semblent être clairement celles qui se taillent la part belle car de nature à produire durablement de l’électricité à des niveaux de coûts inférieurs à ceux des centrales à énergie fossiles. Et ceci est d’autant plus vrai que "Construire de nouvelles fermes solaires et éoliennes sera souvent moins cher que de continuer à opérer les centrales de génération d’électricité existantes au charbon et au gaz " selon le rapport.

 
Commentaires

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  • Par Babaswami - 19/06/2016 - 10:04 - Signaler un abus Désinformation

    Encore un article de lobbyiste Je voudrais que l'auteur explique comment on fait rouler le parc automobile et on assure le chauffage des habitations, deux secteurs très majoritaires dans la consommation d'énergie, avec du solaire et de l'éolien. Cela au moment où les prix des énergies fossiles, le gaz en particulier, est au plus bas Il faut absolument arrêter cette désinformation !!!

  • Par zouk - 19/06/2016 - 10:05 - Signaler un abus Fin du charbon, et du pétrole?

    Certainement oui pour le charbon, pour le pétrole, aux usages tellement multiples, c'est beaucoup plus douteux.

  • Par Zèbre Zélé - 19/06/2016 - 10:27 - Signaler un abus On rève debout

    Alors comme ça, nous allons passer à des énergies alternatives... simplement parce que nous le voulons, et sans innovation technologique majeure ? C'est dingue

  • Par Solognitude - 19/06/2016 - 10:49 - Signaler un abus Tient donc,

    Elle oublie de parler du nucléaire; on se demande pourquoi?

  • Par Pessimiste actif - 19/06/2016 - 14:37 - Signaler un abus Décroissance...

    D'accord avec Babaswami: article de lobbyiste! La production de pétrole brut stagne depuis maintenant plusieurs années à 88 millions de barils/jour. Et cela suffit à expliquer TOUTE la crise actuelle depuis 2008; en effet, depuis ce "peak-oil" du pétrole brut, hors gaz et pétrole de schiste très temporaires et non rentables, la croissance économique de nos sociétés stagne à l'unisson... Or, JAMAIS l'intermittence des énergies renouvelables ni leur faible rendement ne remplacera l'EROEI (retour énergétique net) d'un litre de pétrole brut du champ de Gawar en Arabie Saoudite... Décroissance économique en vue, préparez vos parachutes, si vous en avez...

  • Par emem - 19/06/2016 - 15:13 - Signaler un abus Ça suffit

    Bla, bla, bla pseudo scientifique !

  • Par emem - 19/06/2016 - 15:13 - Signaler un abus Ça suffit

    Bla, bla, bla pseudo scientifique !

  • Par alige - 19/06/2016 - 15:24 - Signaler un abus destruction

    avec la construction des éoliennes dans les Combrailles,ils sont en train de détruire tous les paysages magnifiques et uniques qui font le charme et l'attrait de cette région.

  • Par jurgio - 19/06/2016 - 20:05 - Signaler un abus La solution est si simple !

    L'énergie nucléaire et rien d'autre. Tous ces atermoiements font tort à son amélioration et à sa sécurisation.

  • Par Anguerrand - 20/06/2016 - 06:59 - Signaler un abus Que l'on m'explique

    Comment compter sur l'éolien quand il n'y a pas de vent, comment compter sur le solaire quand il ne fait pas beau, voire de la neige sur les panneaux ? J'ai un chauffage de l'eau chaude sanitaire par des tubes solaires, s'il y a 8 jours sans soleil je dois utiliser un complément et j'habite le midi ! Dans un pays où l'électricité est produite à pres de 80% par le nucleaire, il faudra au moins un siècle pour s'en passer et encore pas totalement. L'utopie des verts n'est qu'un slogan même si on doit continuer les recherches. C'est vrai que l'Arabie Saoudid deviendra pauvre et moins arrogante, notre president n'aura plus à décorer les dirigeants de cette dictature.

  • Par moneo - 20/06/2016 - 10:52 - Signaler un abus tang tang tang

    ç'est reparti pour un tour pas un argument qui tient la route ,aucune découverte majeure permettant de stocker de l'électricité, tous les pays coupent les subventions et tout s'effondre ;les chinois nous vendent des trucs dont ils nivellent pas e continuent de faire avec le fossile .... vive l'escrologie

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Myriam Maestroni

Myriam Maestroni est présidente d'Economie d'Energie et de la Fondation E5T. Elle a remporté le Women's Award de La Tribune dans la catégorie "Green Business". Elle a accompli toute sa carrière dans le secteur de l'énergie. Après huit années à la tête de Primagaz France, elle a crée Ede, la société Economie d'énergie. 

Elle est l'auteure de plusieurs ouvrages majeurs: Intelligence émotionnelle (2008, Maxima), Mutations énergétiques (Gallimard, 2008) ou Comprendre le nouveau monde de l'énergie (Maxima, 2013), Understanding the new energy World 2.0 (Dow éditions). 

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