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Italie : doutes et tensions

La constitution d’un gouvernement de coalition en Italie génère des doutes et des tensions croissantes.

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Publié le
Italie : doutes et tensions

 Crédit FILIPPO MONTEFORTE / AFP

La constitution d’un gouvernement de coalition en Italie génère des doutes et des tensions croissantes. Comme souvent dans les périodes de stress concernant un pays membre, le problème provient des conséquences financières en cascade suite à une décision politique concernant la dette. C’est exactement ce qui se passe en Italie. 

Depuis plusieurs semaines les investisseurs s’interrogent sur la politique italienne suite aux élections de mars. Les choses se sont accélérées depuis quelques jours suite à l’accord pour constituer un gouvernement de coalition entre les deux partis ayant réalisé les meilleurs scores aux élections. 

Le problème pour les investisseurs est que le programme n’est pas encore bien défini : une sortie de l’Euro semble exclue à ce stade mais l’idée que le nouveau gouvernement indique vouloir obtenir un allègement de sa dette a mis le feu aux poudres.  La coalition aurait inscrit dans son programme une demande indiquant que la BCE devrait annuler 250 Milliards d’Euros de dette italienne qu’elle détient dans son bilan.

Couplée à un volet dépense publique supplémentaire estimée entre 20 à 50 Milliards d’Euros, l’ensemble des coûts liés au programme du nouveau gouvernement a inquiété les marchés : les taux ont progressé…les valeurs bancaires ont plongé et globalement les indices actions ont nettement reculé. 

Pour le moment, les autres marchés Européens ont connu des réactions mesurées. En effet, la seule réelle conséquence pour les membres de la Zone Euro est la baisse de la devise européenne ce qui a été favorable à toutes les valeurs exportatrices du vieux continent. Passé le premier moment de stupeur à l’annonce des mesures envisagées par la nouvelle coalition beaucoup ont indiqué finalement ne pas être (trop) inquiets…

Pour le moment, la situation n’est pas encore explosive mais chacun a bien en tête que le problème de la dette italienne est déterminant…et ce d’ailleurs quel soit le gouvernement en place. Les achats d’obligations d’Etat par la BCE depuis 2012 ont permis de colmater les brèches dans les circuits de financement et de baisser les taux pour dynamiser la croissance mais cela n’exonère pas les gouvernements de prendre des mesures concernant la gestion de leur comptes publics. Objectivement l’Italie a fait d’énormes efforts ces 5-6 dernières années. Elle est même parvenue à générer progressivement un excédent primaire de ses comptes publics équivalents à 2.5% de son Produit Intérieur Brut (PIB). 

Hélas l’Italie traîne aussi depuis des années le poids d’une dette trop importante : le pays parvient à peine, malgré tous ses efforts à stabiliser sa dette globale à 130% du PIB depuis 2015. L’investissement public est particulièrement faible avec moins de 600€ par habitant soit 50% de moins qu’en France. La spirale de problème posée par cette dette est aggravée par le vieillissement de la population : le surendettement Italien pèse sur un nombre d’actifs de plus en plus faible. 

 
Commentaires

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  • Par thierry_st_malo - 23/05/2018 - 08:48 - Signaler un abus Cette histoire-là est finie

    A lire la Stampa et la Repubblica de ce matin, le président ne veut absolument pas de ce gouvernement et veut sacrifier sur l'Italie sur le splendide autel de la merveilleuse Europe couverte de lauriers ( on se croirait en France ) mais il n'ose pas mettre son veto. On commence donc à se diriger vers de nouvelles élections.

  • Par thierry_st_malo - 23/05/2018 - 11:05 - Signaler un abus A Atlantico

    Mes commentaires ne sont pas politiquement corrects, je vois :-) Ça ne m'étonne pas.

  • Par vangog - 27/05/2018 - 23:54 - Signaler un abus Cette histoire-là commence!

    en convoquant un technocrate, Matarella-le gauchiste (qui porte une grande part de la responsabilité de la dette) provoquera des élections anticipées- et une plus grande adhésion à la coalition Lega-Cinqe Stelle...Matarella incarne une très vieille politique, qui a échoué et qu’il est finie...il est seul contre tous les Italiens!

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Alain Pitous

Alain Pitous, Directeur Général Adjoint Associé de Talence Gestion (@alainpitous).

Talence Gestion est une société de gestion de portefeuille indépendante spécialisée dans la gestion sous mandat pour les particuliers et la gestion de fonds commun de placement en actions.

Précédemment, il a été pendant 5 ans (2009-2014) Deputy CIO d’Amundi (850 Milliards d’Euro sous gestion) et gérant du fonds Amundi Patrimoine de 2012 à juillet 2014.

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