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Quand le pavillon suisse flotte sur le grand Charles et quand les geekettes chinoises s’offrent un nouveau logo : c’est l’actualité des montres en mode estival

Mais aussi une pionnière de l’âge d’or qui ne se trompe pas de date, une horloge murale qui pense les heures en toutes lettres et le grand retour des petits carrés de poignet…

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Quand le pavillon suisse flotte sur le grand Charles et quand les geekettes chinoises s’offrent un nouveau logo : c’est l’actualité des montres en mode estival

L’invitation au voyage d’une montre connectée pionnière, mais plus convaincante dehors que dedans…

LOUIS VUITTON (1) : Une smartwatch ultra-vuittonisée…

Ce devait être la grande opération de communication de l’été, mais le lancement de la nouvelle montre connectée Tambour Horizon de Louis Vuitton relève désormais plus de la déconvenue que de l’espérance. Non que la montre ne soit pas, esthétiquement, à la hauteur des collections de la première grande marque de luxe française : la montre idée aura été de loger cette montre dans le boîtier Tambour (42 mm), emblématique de la marque, avec toute une série de bracelets qui rappellent eux aussi avec force l’identité horlogère de Louis Vuitton et des variantes de l’écran tactile très horlogère (on change de « cadran » à volonté).

Même la pochette du chargeur est porteuse du fameux monogramme. La déception serait plus fonctionnelle : sans doute pour gagner du temps et abaisser le prix de revient de cette Tambour Horizon (donc pour maximiser ses profits), Louis Vuitton a choisi de sous-traiter sa montre à l’intégrateur (chinois de Taïwan) Compal Electronics, dans un atelier californien, en l’équipant d’une système opération Android Wear 2.0 (Google) un peu trop classique pour être percutant : pas de moniteur cardiaque, pas de puce NFC pour le paiement sans contact, pas d’application vraiment originale, sinon quelques apparitions à l’écran de fonctions dédiées aux grands voyageurs (dans l’esprit des City Guides de Louis Vuitton). Le seul atout technologique de la montre sera d’être la première smartwatch équipée en Android Wear 2.0 à être compatible avec les exigences de l’administration chinoise, ce qui lui donne quelques mois de monopole avant que toutes les autres marques utilisant Android Wear ne débarquent à leur tour sur le marché chinois. 

LOUIS VUITTON (2) : Une enthousiasmante déception…

Une esthétique réussie et archi-démonstrative, sans argument techniques probants : pas de quoi justifier un prix très élevé (entre 2 500 et 3 000 euros) pour une montre relativement basique qui cible, en plus, une jeune classe moyenne chinoise déjà largement suréquipée d’électronique nomade (montres et téléphones) : dans elles seront dans la boutique Louis Vuitton de leurs rêves (ces Tambour Horizon ne seront pas vendues ailleurs), toute la question est de savoir si la fashionistajaponaise et la geekette chinoise préféreront payer ces 2 500 euros pour un sac à main ou pour une montre connectée qui aurait tendance à être technologiquement moins avancée que celles qui coûtent dix fois moins cher. Même question sur les vendeurs de ces boutiques Louis Vuitton, qui ont déjà beaucoup de mal à vendre les montres traditionnelles de la marque : seront-ils motivés pour argumenter autour de ces Tambour Horizon (dont Louis Vuitton prévoit de vendre 20 000 pièces dès la première année) alors qu’il est si facile de vendre un sac à main, pour le même prix, aux clientes énamourées. Donc, pour résumer, cette Tambour Horizon est une belle montre connectée, que Louis Vuitton a eu l’audace – c’est le côté enthousiasmant du produit – de lancer avant ses concurrents trop frileux (Chanel, Gucci, Hermès), mais elle est trop chère pour ce qu’elle est. Côté marketing, elle est aussi trop ouvertement « sinisée » pour séduire au-delà des aficionados de stricte observance d’une marque qu’on aurait espéré plus radicalement rupturiste dans ce domaine – c’est le côté décevant…

 

 

 
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Grégory Pons

Journaliste, éditeur français de Business Montres et Joaillerie, « médiafacture d’informations horlogères depuis 2004 » (site d’informations basé à Genève : 0 % publicité-100 % liberté), spécialiste du marketing horloger et de l’analyse des marchés de la montre.

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