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Quand les Modernes rhabillent les Anciens, quand les rockers se déshabillent pour la bonne cause et quandles pixels dansent sur des tonneaux : c’est l’actualité des montres…

Mais aussi la belle transsexuelle qui fête ses quarante ans, l’Américaine qui passe par la Suisse pour séduire les Françaises et la Suisse qui commence à draguer les Américains…

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Quand les Modernes rhabillent les Anciens, quand les rockers se déshabillent pour la bonne cause et quandles pixels dansent sur des tonneaux : c’est l’actualité des montres…

L’élégance visuelle d’unecomplexité mécanique qui tiendra sa grande promesse le 1er mars 2100. On a le temps…

MB&F: L’éternel retour d’un calendrier perpétuel qui tient ses promesses…

Depuis à peu près quatre siècles, les mécaniciens de l’horlogerie s’ingénient à concevoir des montres capables d’afficher, en plus de l’heure, le jour, la date, le mois et l’année d’un calendriergrégorien qui a la bizarrerie d’afficher tantôt des mois à 31 jours, tantôt des mois à 30 jours, à 28 jours et même, tous les quatre ans, à 29 jours. Maîtriser ces irrégularités revient à pouvoir proposer un « calendrier perpétuel » capable d’effectuer ces ajustements – au moins jusqu’en 2100, année « séculaire » qui sera bissextile (366 jours) alors qu’elle n’aurait normalement pas dû.

D’ici à ce 1er mars 2100, le « quantième perpétuel » de la nouvelle Legacy Machine Perpetual de MB&F, le laboratoire d’hyper-création horlogère de Maximilian Büsser, décomptera parfaitement chaque « quantième », en révolutionnant une tradition qu’il se plaît à honorer, mais avec une idée révolutionnaire au sens propre du terme (c’est-à-dire renversante). Alors que toutes les montres mécaniques à « calendrier perpétuel » considèrent que le mois « standard » a 31 jours et fonctionnent en éliminant les jours surnuméraires dans les mois à 30, 29 ou 28 jours, le « processeur mécanique » de la Legacy Machine Perpetual est calé sur 28 jours, en ajoutant des jours quand c’est nécessaire. Un tête-à-queue conceptuel qui élimine bon nombre des fragilités inhérentes aux « quantièmes perpétuels » traditionnels. Mieux : à l’issue des 47 mois du cycle entre deux années bissextiles, les mouvements traditionnels reparlent pour une année normale : ils seront donc plantés en 2100 et il faudra les reparamétrer. C’est là que la LMP triomphera : une simple pression sur un poussoir spécifique permettra au propriétaire de la montre d’enclencher un cycle annuel bissextile. La mécanique des Modernes plus forte que la mécanique des Anciens, avec une promesse qui ne sera tenue qu’en 2100, c’est très fort. Ce qui méritait bien une esthétique d’allure très traditionnelle, corrigée par ce balancier qui oscille au-dessus du mouvement, sous le dôme d’un cadran qui voit les affichages de l’heure (à 12 h), du jour (à 3 h), de la réserve de marche (à 4 h), du mois (à 6 h), de l’année bissextile (à 7 h) et de la date (à 9 h) « flotter » au-dessus de leur « cloud » de rouages…

 

NIXON: Le cuir des rockers qui ont du cœur…

Tout bon rocker a du cuir dans sa vie : un blouson, des bottes, ne serait-ce qu’une courroie de guitare. Nixon, l’horloger de mode californien, a demandé aux stars du rock’n’roll de sacrifier une pièce en cuir de leur vestiaire pour créer des montres, qui seront vendues au profit du fonds charitable MusiCares MAD Fund. Le cuir rhabille les bracelets, qui sont tous forcément ceux de pièces uniques, ainsi enrichies d’un pedigree qui fait craquer les amateurs : pensez donc, posséder un morceau de la légende rock à travers un vêtement porté par Ozzy Osbourne, Keith Richards, Pete Townshend, Tom Waits (à qui appartenait la botte ci-dessous), Eddie Van Halen, Steven Tyler ou Ringo Starr ! Le résultat est plutôt plaisant et l’initiative plutôt intelligente : il va falloir songer à recycler les cravates de François Hollande en anti-montres qui ne seront jamais à l’heure…

POIRAY: Une épatante quadragénaire qui joue les transgenres…

Profitons de l’anniversaire des quarante ansde la marque Poiray pour rappeler que cette maison 100 % française a réussi un exploit à peu près unique dans les annales horlogères : réussir à crédibiliser une montres masculine inspirée par un modèle féminin ! Retour en arrière : voici quarante ans, deux Français créent la marque Poiray, dont la montre « Ma Première » va vite devenir emblématique dans les nouvelles générations. C’est, depuis quatre décennies, au choix, « la petite montre de la Française » ou la « montre de la petite Française » – ce qui n’est pas exactement pareil. Comprenez par là une montre élégante et sans chichis, mais pas sans impertinence, avec un caractère bien marqué et une personnalité qu’on affirme grâce à près de 400 bracelets interchangeables qui, combinés à des dizaines de variations de cadrans et de boîtiers, composent un nombre incalculable de possibilités de se faire plaisir. Quarante ans plus tard, la montre Ma Première est toujours aussi fraîche et aussi pimpante, donc on ne peut plus française ! Elle vient même de s’offrir une déclinaison masculine – c’est là qu’est l’exploit – tout aussi séduisante dans sa virilité et marquée du même bon goût horloger « à la française ». Pas de testostérone de synthèse, ni de gonflette marketing, dans cette expression rassurante de la carpo-élégance masculine : seulement la volonté de prouver qu’il y a une vie bien française en dehors des montres suisses. Même si cette Ma Première masculine est Swiss Made : c’est la génuflexion internationale obligatoire pour avoir droit au respect des larges masses qui croient toujours aux fétiches du passé…

TORY BURCH: Un luxe Swiss Made élégant et accessible…

Les mâles français n’en quasiment jamais entendu parler de cette jeune marque de mode américaine (née en 2004), qui fait des ravages aux Etats-Unis comme sur les marchés émergents (mais pas encore en Europe). En revanche, leurs femmes seront heureuses d’apprendre le prochain débarquement en France des montres Tory Burch, fabriquées en Suisse, dont certains font déjà le futur best-seller des poignets féminins. Rien de révolutionnaire, ni dans l’esthétique, ni dans la technique, simplement une manière très adroite de capter l’air du temps, les graphismes à la mode, les détails identitaires qui font mouche et cette propension nostalgique à ronronner les yeux dans le rétroviseur. Même les tailles ont pris un goût d’autrefois (en moyenne, 28 mm, comme ci-dessous). L’élégance de Tory Burch, c’est de nous proposer tout ça autour des 350 euros, y compris pour les modèles à bracelets double tour : de quoi ronronner, mais cette fois de plaisir. Intemporelles et mutines, ces montres Tory Burch seront une excellente option pour les cadeaux de fin d’année…

FRANCK MULLER: Un floutage très mécanique en ambiance 2.0…

Quand certaines marques s’appliquent à épouser – sous le cadran – la révolution numérique en cours (voir ci-dessous), d’autres se contentent d’allusions ironiques à cette digitalisation de l’horlogerie traditionnelle : Franck Muller a ainsi entrepris de pixelliser le boîtier et le cadran de sa Vanguard PXL. On imagine le cauchemar technique pour parvenir à un résultat aussi flouté, qui met paradoxalement en valeur les chiffres stylisés de cet iconique montre « tonneau » (mouvement automatique), qu’un bracelet en caoutchouc blanc surpiqué de noir rend encore plus tendance. En plus de cette surprenante pixellisation, l’autre bonne idée est d’avoir découpé ces chiffres dans un magistral blanc souligné de noir. Esthétiquement, c’est une des plus belles réussites esthétiques de la manufacture Franck Muller, maison genevoise qui se posait en « Master of Complications » et qui se pose en présent en « Master of Pixelization ». Au vu de l’ubérisation galopante de la planète horlogère, c’est plutôt plaisant…

TAG HEUER: La Suisse horlogère s’embarque dans le train des montres connectées…

En début de semaine prochaine,grand branle-bas de combat à New York pour le lancement de la première contre-offensive suisse sur le marché des montres connectées. La nouvelle Carrera Connected présentée par TAG Heuer – qui vient habilement titiller le géant Apple sur son propre marché – est une réplique « suisse » à l’Apple Watch : elle ressemble à s’y méprendre à une vraie montre suisse, sauf que son cadran est totalement numérique (les aiguilles sont « virtuelles » et les affichages purement électroniques) et qu’elle a été développée en Californie avec Intel et Google, les concurrents géants d’Apple. Gros ramdam médiatique à prévoir, avec une mise en vente dès lundi au prix d’environ 1 300 euros – est-ce un hasard si c’est aussi le prix de l’Apple Watch re-ceinturée de cuir à piqûres sellier par Hermès ? Cette TAG Heuer Carrera en mode 2.0 ouvre un nouveau marché, celui des montres horlogères suisses vraiment connectées, en miroir au marché des montres connectées préparées par les géants de l’électronique (Apple, Huawei, Samsung, LG et les autres). TAG Heuer prend là une initiative stratégique déterminante pour la survie de l’industrie des marques de montres traditionnelles. La Suisse est arrivée en retard sur le quai d’où s’élançait le train des nouvelles montres connectées : Jean-Claude Biver, le charismatique patron de TAG Heuer (groupe LVMH), a mis toute son énergie dans la balance pour réussir à prendre le bon wagon avec les bons partenaires. Sa Carrera Connected est, à ce jour, la seule alternative crédible à l’Apple Watch d’Apple – on sait depuis 3 000 ans que ce n’est pas toujours le géant Goliath qui l’emporte contre les petits David frondeurs…

• LE QUOTIDIEN DES MONTRES

Toute l’actualité des marques, des montres et de ceux qui les font, c’est tous les jours dans Business Montres & Joaillerie, médiafacture d’informations horlogères depuis 2004...

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Grégory Pons

Journaliste, éditeur français de Business Montres et Joaillerie, « médiafacture d’informations horlogères depuis 2004 » (site d’informations basé à Genève : 0 % publicité-100 % liberté), spécialiste du marketing horloger et de l’analyse des marchés de la montre.

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