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Quand les minutes sont magnétisées dans un sablier et quand Jackson Pollock revisite les hautes mécaniques : c’est l’actualité des montres à l’avant-veille de l’automne

Mais aussi la dystopie d’une horlogerie authentiquement suisse, la conduite à gauche d’une icône hollywoodienne, le pont en teck aux douze flammes numériques et les 130 000 euros qui déconcertent la common decency avant de se ridiculiser…

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Quand les minutes sont magnétisées dans un sablier et quand Jackson Pollock revisite les hautes mécaniques : c’est l’actualité des montres à l’avant-veille de l’automne

Steve McQueen, amoureux des montres, mais héros fondateur des bad boys de la grande légende du XXe siècle…

TAG HEUER : Le bleu et l’orange des mythèmes de la pop culture…

Pour le cinquantième anniversaire de la création de l’écurie Gulf Racing, TAG Heuer a imaginé pour le seul marché américain – dommage, mais on peut l’acheter en ligne pour à peu près 5 000 euros ! – une édition spéciale du chronographe automatique Monaco portée par Steve McQueen. On y reconnaît les bandes orange et bleu qui sont les couleurs emblématiques de cette écurie, ainsi que son logo à six heures. Par bonheur, la couronne placée à gauche du modèle original a été respecté. Le bracelet perforé (bleu à doublure et surpiqûres orange) est de toute beauté. Au poignet, c’est une « bombe ».

Historiquement, c’est une belle histoire, celle du premier chronographe automatique de la grande saga des montres suisses. Culturellement, c’est un bain rituel dans les légendes hollywoodiennes des années 1960 et 1970, aux sources de l’iconologie sacrée de notre époque, des icônes de la pop culture et des mythèmes fondamentaux qui structurent l’imaginaire contemporain. Ce qui faut beaucoup pour une seule petite montre…

 

WILHELM TELL : La quête d’une nouvelle authenticité horlogère…

Sous le signe de l’arbalète, le Wilhelm Tell qui a donné son nom à cette montre ne saurait être que le Guillaume Tell des légendesde l’indépendance suisse, celui de Rossini et de Schiller, celui qui aurait tiré un carreau d’arbalète dans une pomme posée sur la tête de son fils. Joli storytelling pour une montre qui veut réinventer la montre suisse – avec un 100 % Swiss Made tout ce qu’il y a de plus authentique – à moins de 500 euros : toute la Suisse horlogère vous jurera que c’est impossible ! Normal, la plupart des marques suisses font leur marché en Asie pour l’« habillage » de leurs montres, voire même pour les composants de leurs mouvements. Le designer suisse Eddy Burgener, créateur de la marque Wilhelm Tell, s’est attaqué à cette utopie comme on attaque les Grandes Jorasses ou le Cervin par la face nord – avec méthode. Sa montre automatique « 100 % produite en Suisse » est actuellement proposée en souscription sur Kickstarter, mais elle est si mal présentée qu’elle peine à convaincre les amateurs. Ce qui est dommage, parce que l’aventure mérite le respect : n’importe quelle autre marque suisse facturerait de cinq à dix fois plus cher, voire pire, une montre équivalente. C’était notre BA charitable de la semaine, au service des jeunes créateurs horlogers indépendants…

 

Lien Kickstarter : http://kck.st/2xCfTTo

CORUM : L’accastillage du poignet des loups de mer…

Le bronze est à la mode sur les poignets de la rentrée, mais Corum va plus loin avec cette Admiral AC-One 45 en bronze pré-patiné. Le « 45 » indique la taille du boîtier, qui n’est pas mince : sa patine a été stabilisée, mais les teintes prises par le bronze sont singulières pour chaque montre, qu’on pourrait croire retrouvée le matin même par des plongeurs au fond de la mer. Du temps de la marine en bois, de nombreuses pièces de l’accastillage étaient en bronze. On pourra donc choisir la nuance de cette oxydation « artistique », en remarquant que le cadran lui-même est traité en teck, dans le style nautique des ponts en petites lames de teck. Si vous vous demandez ce que signifient les index colorés de cette Corum, c’est que vous êtes passés à côté de la légende Admiral’s Cup, une des plus célèbres régates du monde : ces index triangulaires sont des pavillons nautiques – nom technique : « flammes numériques » – qui correspondent aux chiffres (1, 2, 3, etc.) du code international des signaux maritimes. Chaque amateur de montres est un vieux loup de mer qui s’ignore…

 
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Grégory Pons

Journaliste, éditeur français de Business Montres et Joaillerie, « médiafacture d’informations horlogères depuis 2004 » (site d’informations basé à Genève : 0 % publicité-100 % liberté), spécialiste du marketing horloger et de l’analyse des marchés de la montre.

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