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Quand l’Essence souscrit à l’existence et quand l’esprit vient aux militaires : c’est l’actualité des montres en mode automnal

Mais aussi des boutiques qu’on ouvre, des salons qu’on déserte, des soleils qui se lèvent en bleu, du jaune et rouge tricolore, des poignets qu’on se dispute et des sudistes suisses à ne pas négliger…

Atlantic-Tac

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Quand l’Essence souscrit à l’existence et quand l’esprit vient aux militaires : c’est l’actualité des montres en mode automnal

Un indéniable style militaro-industriel pour cette montre en titane superbement stylée par Bell & Ross..

BELL & ROSS : Le style militaire en code contemporain…

On ne sait pas trop ce qu’il faut admirer le plus, de la forme ou du fond de ce chronographe BR-X1 Military signé Bell & Ross. La marque française (dont les montres sont Swiss Made, comme il se doit) y apparaît au mieux de sa forme créative et de son intelligence de l’horlogerie contemporain. Pour ce qui est de la forme, on peut saluer l’esthétique sans défaut de ce boîtier carré de 45 mm en HRT (titane à haute résistance) dont la couleur légèrement teintée dans les tons gris-vert souligne la vocation « militaire » de la montre. On appréciera au passage la perfection du travail d’intégration des poussoirs latéraux du chronographe. Si le bracelet est en caoutchouc perforé, le boîtier se pare de céramique noire, alors que le cadran (ou ce qui en tient lieu) se fait remarquer par ses appliques et ses aiguilles gorgées de SuperLumiNova teinté de vert.
Si on passe au fond, on remarque le « squelettage » du mouvement chronographe, qui totalise les minutes décomptées grâce à un disque en aluminium ultra-léger situé à neuf heures. L’esprit « militaire » est bien au garde-à-vous dans cette BR-X1 Military qui marie parfaitement son design contemporain aux codes techno-industriels des avions furtifs et des instruments embarqués. Du grand style Bell & Ross…
 
 

RJ : Le soleil bleu se lève sur l’or rose…

À force de se chercher, tantôt du côté de Batman, tantôt vers l’épave du Titanic, les montres suisses RJ (ex-Romain Jerome) ont fini par se trouver du côté de cette nouvelle collection Arraw, qui compile à peu près tous les marqueurs identitaires du style RJ (les quatre « griffes » en caoutchouc sur le cadran, les poussoirs en « piston », les aiguilles et les index en « ancre de marine », un goût des formes opulentes et quelques autres détails subtils). Le bleu profond du cadran, « soleillé » et « dégradé » selon les tendances de la saison, contraste bien avec l’or rose du boîtier (42 mm ou 45 mm) et le noir des attributs en gomme. L’exercice de style est très contemporain et minutieusement exécuté, « à la suisse », dans ses moindres détails – surtout pour un prix public qui n’excède pas les 9 000 euros pour ce chronographe à remontage automatique. Pour ces boîtiers, on peut aussi opter pour le titane ou la céramique. De la très belle horlogerie contemporaine…
 
 

KELTON : Tricolore pour le style, jaune et rouge pour les heures…

Clairement inspirée par les montres « futuristes » qui se voulaient celles de la conquête spatiale, cette montre Space Age est aussi, pour l’équipe française qui relance Kelton, la montre de la reconquête de son espace horloger. Tout le monde se souvient du nom de Kelton, mais tout le monde avait oublié ses montres, disparues du marché dans les années 1980. Kelton est donc de retour, sous pavillon français. Avec le design épuré de la Space Age, on en revient aux années 1950, qui aimaient tant les soucoupes volantes dans le goût de ce boîtier en acier brossé de 38 mm de large. Le mouvement est à quartz et l’édition aussi limitée (299 exemplaires) que le prix (99 euros). On adore les pointes rouge et jaune sur les aiguilles, mais la montre témoigne d’un très sympathique style horloger tricolore…
 
 

ALFEX : Une intéressante reconversion automatique…

Marque suisse un peu confidentielle, peut-être parce qu’elle pratique des prix « normaux », peut-être aussi parce qu’elle est installée dans ce Tessin que les Suisses trouvent un peu trop italien à leur goût, la maison Alfex un certain sens de l’esthétique latine à un réel souci de qualité Swiss Made. Témoin cette nouvelle collection de montres mécaniques en acier, proposées autour des 600 euros, avec de nombreuses options de cadrans et de bracelets. Les mouvements suisses sont automatiques, avec des finitions plus qu’honorables. C’est peut-être ça, finalement, que les « grandes marques » d’horlogerie suisse reprochent à Alfex : un rapport qualité-prix trop « normal » ! Les vrais amateurs, eux, se contentent d’apprécier la performance… et le style !
 
 
 

FORMEX : La qualité suisse sans l’habituel racket suisse…

Pour ce qui est de l’horlogerie Swiss Made, une des meilleures affaires du moment doit être la montre Essence que la marque suisse Formex (récemment relancée) propose en souscription sur le réseau de sociofinancement Kickstarter : une montre automatique suisse, certifiée chronomètre (COSC : Contrôle officiel suisse des chronomètres) pour la précision, à 550 euros ! On comprend que plus de 500 amateurs aient déjà craqué en apportant près de 300 000 euros de souscriptions à la marque. Sans la certification chronomètre, mais exactement avec le même esthétique, le prix ne dépasse pas les 290 euros. Le tout avec la qualité suisse tant du côté de la fabrication que de l’esthétique. Un tarif qui correspond à 40 % du futur prix public de cette montre, ce qui sera déjà très bien placé ! Ceux qui préfèreraient un bracelet à maillons métalliques auront le choix moyennant 150 euros de plus. Originalité supplémentaire : le boîtier est monté sur un système à « suspension ». Qui dit mieux ? Personne, et c’est bien ce qui ennuie les marques traditionnelles : c’est la première fois qu’une montre Swiss Made officiellement certifiée COSC tente sa chance sur Kickstarter…
 
 
 
 

BON À SAVOIR : La montre dans tous ses états…

BRISTON : Une des jeunes marques françaises les plus prometteuses aura bientôt d’une « grande ». En plus de ses 1 000 points dans cinquante pays à travers le monde, Briston ouvre sa propre boutique à Paris, dans le Marais (24, rue du Poitou). Un joli parcours pour une marque née en 2013, qui avait imaginé, dans un boîtier « tonneau », la première montre en acétate de cellulose. Briston, le grand chic convivial en mode tricolore… ••• SALONS HORLOGERS : les grandes institutions traditionnelles de l’horlogerie sont bousculées. Alors que le Swatch Group avait déjà décidé de faire salon à part en quittant Baselworld avec ses seize marques, deux autres grandes marques suisses ont accompagné le mouvement en séchant le salon de Bâle dès 2019 (Corum et Raymond Weil). Pour le Salon de la haute horlogerie de Genève (SIHH), on annonce pour 2020 le départ de deux fidèles de ce rendez-vous (Audemars Piguet et Richard Mille), mais Van Cleef & Arpels tirera sa révérence dès 2019… ••• CARPO-RÉVOLUTION : les montres connectées se préparent à une grande bataille de la « révolution du poignet ». Alors que l’Apple Watch 4 est annoncée comme le phénomène commercial irrésistible de la fin de cette année (on parle de 10 millions de montres vendues d’ici à Noël), les horlogers traditionnels font de la résistance. Le groupe américain Fossil et le groupe japonais Citizen viennent ainsi de s’allier pour proposer des montres connectées analogiques (avec des aiguilles) enrichies de fonctions électroniques désormais classiques. Pour ou contre les aiguilles ? Pour ou contre les cadrans tactiles purement digitaux ?
 
 

• LE QUOTIDIEN DES MONTRES

Toute l’actualité des marques, des montres et de ceux qui les font, c’est tous les jours dans Business Montres & Joaillerie, médiafacture d’informations horlogères depuis 2004...
 

 

 
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Grégory Pons

Journaliste, éditeur français de Business Montres et Joaillerie, « médiafacture d’informations horlogères depuis 2004 » (site d’informations basé à Genève : 0 % publicité-100 % liberté), spécialiste du marketing horloger et de l’analyse des marchés de la montre.

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