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Quand les couleurs africaines viennent aux joues des montres suisses et quand la belle Bella joue du diamant : c’est l’actualité des montres à la veille du changement de millésime

Mais aussi, en même temps que nos vœux de bonne année, le culte baroquisant de la virtuosité mécanique, les idées carrées des épigones de Richard Mille, l’audace stylistique d’un hommage à la démesure automobile et le tourbillon qui voit la vie en rose…

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Quand les couleurs africaines viennent aux joues des montres suisses et quand la belle Bella joue du diamant : c’est l’actualité des montres à la veille du changement de millésime

AUDACEONE : Des « petits Français » à ne pas perdre de vue…

Encore un joli coup joué par ces jeunes Français passionnés d’horlogerie qui ont acquis une expérience du métier dans (et avec) les manufactures, avant de lancer leur propre marque. Comme son nom l’indique, la première montre Square proposée par Audaceone est… carrée [le contraire aurait été choquant] et le concept très contemporain : d’abord par le choix de cette ligne carrée, dans laquelle on remarque un hommage respectueux au « style Richard Mille » [tous les jeunes créateurs horlogers rêvent d’être les « Richard Mille des années 2020 »] ; ensuite, par le choix des matériaux (titane, fibre de carbone, etc.) et des couleurs (noir, bleu mat) ; enfin par le choix du mouvement [ici, un Parmigiani Fleurier, exactement comme Richard Mille, ça doit être un hasard !].
L’addition finale – entre 6 000 euros et 7 000 euros – est un peu salée pour une marque qui se lance sur le marché, mais on disait la même chose de Richard Mille en 2001… On peut compter sur cette initiative Audaceone pour porter haut les couleurs de la haute horlogerie française en 2018 : notez bien le nom de cette nouvelle marque [coquetterie ultime et très générationnelle : elle n’apparaît pas sur le cadran, sinon par un « A » gravé sur la lunette à la hauteur de la couronne], on en reparlera l’année prochaine…
 
 

PIAGET : Une identité trahie par le culte de la virtuosité mécanique…

Les maisons suisses de haute horlogerie adorent se faire des niches en se lançant des défis un peu absurdes aux yeux du grand public : en quoi un dixième de millimètre d’épaisseur en plus ou en moins sont-ils perceptibles au poignet, même par un initié ? Le tout est de pouvoir prétendre détenir le record historique de minceur pour une montre automatique : hier, c’était Bvlgari ; depuis une semaine, c’est Piaget, mais la face du monde horloger n’en a pas été bouleversée. On peut même se demander si ce record n’a pas poussé Piaget – qui a dû rendre sa mécanique visible côté cadran pour « gagner de la place » – à faire des choix esthétiques un peu problématiques, uniquement pour démontrer la virtuosité mécanico-baroquisante [tout ça pour un dixième de millimètre en moins !] de ses équipes : certes, la montre est ultraplate (4,3 mm pour ce boîtier de 41 mm, avec 238 composants soigneusement agencés dans ce volume), mais n’a-t-elle pas perdu l’élégance qui sied aux montres plates, lesquelles sont généralement des montres « habillées », et n’a-t-on pas sacrifié à ce record un certaine idée du style Piaget, idée « brouillée » par cette allure de « spaghettis mécaniques » assez obscènement mis en scène sur le cadran ? Si la virtuosité technique de Piaget n’est plus à démontrer dans le domaine de l’extra-plat [ça, on le savait déjà], l’esthétique y a perdu ce que l’ostentation mécanique n’y a pas gagné : pourquoi avoir affiché le nom du calibre mécanique, « 910P », côté cadran, ainsi que les « Thirty (30) jewels » dont tout le monde se contrefiche ? C’est bizarre, cette manie de vouloir ruiner une identité, surtout pour une marque dont la direction est assurée par une femme designer…
 

 
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Grégory Pons

Journaliste, éditeur français de Business Montres et Joaillerie, « médiafacture d’informations horlogères depuis 2004 » (site d’informations basé à Genève : 0 % publicité-100 % liberté), spécialiste du marketing horloger et de l’analyse des marchés de la montre.

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