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Assassinat de Yann Piat : François Léotard affirme que Jacques Chirac savait qu'on l'impliquerait injustement

François Léotard, ancien ministre de la Défense, s'exprime pour la première fois, 24 ans après les faits.

Rancoeur

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Le 25 février 1994, Yann Piat députée UDF du Var, connue pour son engagement contre la corruption en Provence-Alpes-Côte d'Azur, est assassinée. En octobre 1997, les journalistes d'investigation André Rougeot et Jean-Michel Verne sortent le livre L'Affaire Yann Piat : Des assassins au cœur du pouvoir, dans lequel ils affirment que la députée a été assassinée parce qu’elle en savait trop sur les affaires immobilières impliquant des hommes politiques et le grand banditisme varois. Ils font de François Léotard et Jean-Claude Gaudin, sous les surnoms respectifs d'« Encornet » et « Trottinette », les commanditaires du meurtre. Les deux hommes portent plainte pour diffamation : incapables d'apporter la preuve de leurs écrits, les journalistes sont condamnés avec leur éditeur à verser 230 000 euros d'amende, et leur livre est retiré de la vente.

Pourquoi ces deux noms ont-ils été soufflés aux deux journalistes ? "Il y a du règlement de comptes derrière, il y a la politique, bien sûr", affirme aujourd’hui Christian Sainte, alors chef de la brigade criminelle de Marseille en charge de l’enquête, interrogé dans un reportage de 13h15 le Dimanche, sur France 2. "Parce qu’il n’y a aucune raison d’aller les sortir du chapeau."

La désinformation implique-t-elle Jacques Chirac, le président de la République de l’époque ? "En tout cas, c’est une façon étrange de laisser faire. Etrange… ce qui est malheureusement conforme au personnage", répond François Léotard, qui soutenait Edouard Balladur lors de la présidentielle de 1995. Lui et Jean-Claude Gaudin sont invités à rencontrer le chef de l’Etat. "C’était à la fois solennel et familier. Chirac nous avait convoqués pour expliquer que ce n’était pas lui. J’ai pas ouvert la bouche. C’était un mensonge." Etait-il persuadé que c’est lui ? "Oui ! Mais j’allais pas lui casser la gueule…"

 

 

 
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