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Ukraine : le conflit gelé revient sur la table

Les discussions sur l’application des accords de Minsk reprennent à Berlin. Les prévisions sont pessimistes.

Sommet

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Ukraine : le conflit gelé revient sur la table

Les quatre pays (Russie, Ukraine, Allemagne et France) qui ont signé les accords de Minsk de septembre 2014 et février 2015 se retrouveront ce mercredi à Berlin pour "évaluer la mise en oeuvre" des accords de Minsk visant à résoudre la crise ukrainienne, a annoncé l'Elysée ce mardi dans un communiqué.

Réuni à l'invitation de la chancelière allemande Angela Merkel, ce sommet "permettra d'évaluer la mise en oeuvre de Minsk et de discuter des prochaines étapes du processus en vue d'un règlement de la crise à l'Est de l'Ukraine", a déclaré la présidence française.

La veille de cette rencontre, Angela Merkel a déclaré de ne pas s'attendre à "un miracle" malgré les efforts diplomatiques depuis le dernier sommet à Paris en octobre 2015. "Nous ne sommes pas là où nous aimerions être", faute de cessez-le-feu durable entre forces ukrainiennes et rebelles pro-russes, a-t-elle dit. "Ca coince à de nombreux niveaux, le cessez-le-feu, les questions politiques, les questions humanitaires", a-t-elle ajouté.

Pas d'optimisme

"Il reste des questions de calendrier et de sécurité. Il y a une résistance du côté de l'Ukraine qui n'a pas confiance", a précisé le ministre des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault.

Cet optimisme mesuré est absent des déclarations russes et ukrainiennes. Ainsi, le président ukrainien Petro Porochenko déclare ne pas avoir "d'attentes très élevées". "Suis-je assez optimiste ? Oui, je suis très optimiste quant à l'avenir de l'Ukraine mais malheureusement pas si optimiste quant à la réunion de demain. Mais je serais très content d'être démenti", explique-t-il.

L'Ukraine et la Russie sont toujours en désaccord 

Il s'est aussi attiré les foudres du Kremlin après que le site de la présidence ukrainienne eut annoncé que la rencontre de Berlin visait "à pousser la Russie à mettre en oeuvre les accords de Minsk". Le porte-parole de Vladimir Poutine, Dmitri Peskov, a estimé que cette formule "prouve à quel point l'Ukraine ne compte pas remplir ses obligations (...) Pour l'instant Kiev ne fait rien".

Néanmoins, les quatre capitales s'accordent pour souligner qu'il n'y a pas d'alternative aux accords signés à Minsk.

Le conflit a fait près de 10 000 morts depuis avril 2014 et, malgré l'instauration de plusieurs trêves, des affrontements meurtriers ont régulièrement lieu. Moscou et Kiev s'accusent mutuellement. L'Ukraine accuse la Russie d'attiser la crise en armant et en soutenant les rebelles. La Russie rejette cette vision et juge au contraire que c'est à Kiev de tenir ses engagements en vue d'une autonomie accrue de l'Est. 

La rencontre de Berlin intervient dans un contexte de tensions russo-américaines sur la Syrie et à la veille d'un sommet de l'Union européenne qui examinera la question des relations avec Moscou, de ses bombardements sur Alep et des sanctions imposées en raison du conflit ukrainien et de l'annexion de la Crimée.

 

 

 

 
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