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La thèse du Premier ministre roumain était un plagiat

Un tiers des 300 pages de son ouvrage sont du copier-coller.

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Le Premier ministre roumain Victor Ponta va probablement être déchu de son titre de Docteur.

Une commission d'éthique de l'Université de Bucarest a en effet indiqué vendredi que la thèse doctorale du politicien était un plagiat, une accusation aussitôt qualifiée de politique par ce dernier.

Un tiers des quelque 300 pages de cette thèse, ayant pour thème le fonctionnement de la Cour pénale internationale, représente du copier-coller d'ouvrages écrits par d'autres auteurs.

Selon le président de la commission, le professeur Marian Popescu, des normes prévoient de citer correctement des passages reproduits d'autres auteurs, d'utiliser des guillemets et des notes de bas de page.

 "Des règles de bonne conduite existaient déjà en 2003, elles existaient en fait depuis plus de 200 ans" a-t-il rappelé. 

Le plagiat massif ne peut donc pas être expliqué par des normes différentes de rédaction qui auraient été en vigueur lors de sa présentation, en 2003, comme l'a affirmé M. Ponta, souligne l'Université. "La manière dont cette thèse a été rédigée témoigne de l'intention de copier", a-t-il ajouté.

Pour le Premier ministre rouamin, "il s'agit d'une décision politique, rendue par une commission créée spécialement pour moi", cité par l'agence Mediafax. "C'est la seule commission (chargée de vérifier ces accusations, ndlr) qui ne m'ait pas invité pour exprimer mon point de vue", a-t-il ajouté.

M. Ponta qui, à plusieurs reprises, a rejeté ces allégations, avait affirmé lors d'une rencontre avec la presse étrangère le mois dernier que les normes en vigueur en 2003 ne prévoyaient pas l'obligation d'utiliser des guillemets dès lors que les ouvrages dupliqués étaient mentionnés dans la bibliographie.

Le recteur Mircea Dumitru a précisé qu'il allait soumettre ce rapport au sénat de l'Université, qui avait accordé le titre de docteur à M. Ponta et qui pourrait proposer qu'il lui soit retiré.

Une décision finale à cet égard appartenait toutefois au ministère de l'Education, a-t-il souligné.

Il s'agit du deuxième verdict confirmant les accusations contre M. Ponta, après celui rendu en juin par le Conseil national d'attestation des titres universitaires (CNATDCU), qui avait constaté que 85 pages sur les 307 de cette thèse ont copié mot à mot d'autres ouvrages.

Le CNATDCU avait publié ses conclusions malgré une action en force du ministre intérimaire de l'Education Liviu Pop, qui avait annoncé le jour-même son démantèlement et fait irruption dans la salle où ses membres analysaient la thèse de M. Ponta.

Jeudi, le Conseil national d'éthique (CNE), dont la composition avait été changée par le ministère de l'Education peu après l'arrivée au pouvoir du gouvernement Ponta en mai, avait affirmé que cette thèse respectait les exigences académiques en vigueur en 2003.

La revue scientifique britannique Nature avait été la première à révéler des accusations de plagiat, indiquant le 19 juin avoir vu des documents compilés par un dénonciateur anonyme selon lequel plus de la moitié de cette thèse était un texte dupliqué, sans référence appropriée.

 
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