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La situation en Libye

Ce qu'il faut savoir sur la révolte en Libye aujourd'hui.

Révolutions arabes

Publié le 1 mars 2011 - Mis à jour le 5 mars 2011
 

Mise à jour le 05/03 à 19h05: Les forces de l'opposition ont repoussé les assauts de l'armée de Kadhafi dans la ville d'Az-Zawiyah, que les loyalistes ont tenté d'encercler samedi matin. Les rebelles ont aussi pris le contrôle de plusieurs infrastructures pétrolières, comme le pipeline de Ras Lanuf.

A l'Est du pays, dans la ville de Benghazi, l'opposition a tenu la première réunion de son "conseil national".

Mise à jour le 05/03 à 10h30: Kadhafi a lancé une contre-offensive samedi matin pour reprendre la ville d'Az Zawiyah, proche de Tripoli. Mais l'opposition a riposté et aurait repris la place principale de la ville. Plus de 30 personnes seraient mortes dans les combats, et environ 150 blessées, d'après Al Jazeera.

Les choses se compliquent pour le vieux dictateur, qui a perdu le contrôle de la moitié Est du pays, et qui commence à perdre des villes très proches de Tripoli.

 

Mise à jour le 04/03 à 16h55 : Environ un millier de personnes seraient sorties manifester dans les rues de Tripoli, laissant craindre des scènes de guerre civile entre opposants et loyalistes, comme le rapporte le site d'Al-Jazeera.

Des combats ont lieu dans plusieurs villes du pays, comme à Zawiyah, que les forces pro-Kadhafi auraient reprise.

Mise à jour le 04/03 à 10h52: La ville de Brega a de nouveau été bombardée par les forces encore fidèles au colonel Kadhafi. L'enjeu: le terminal pétrolier aux mains des insurgés qui constitue aussi un point d'accès à Benghazi, l'un des fiefs de la contestation.

 

Mise à jour le 04/03 à 5h43: Barack Obama hausse clairement le ton et demande, pour la première fois en public, le départ du colonel Kadhafi. Le président américain appuie la mobilisation de militaires au large de la Libye, affirmant que le monde entier était "révolté" par les violences commises sur le terrain.

Quant à la médiation proposée par Hugo Chavez, le fils du leader libyen dément qu'elle a été accepté. Il a démenti, hier sur Sky News, les déclarations des autorités vénézuéliennes : "Nous disons merci […] mais nous sommes capables de résoudre nous-mêmes nos problèmes. Il n'y a pas besoin d'une intervention étrangère". La proposition de médiation internationale avait été rejetée par Paris et Londres.

 

Mise à jour le 03/03 à 20h01 : Le fait d'accepter la main tendue de Hugo Chavez n'a pas empêché le colonel Kadhafi de faire bombarder la ville pétrolière de Marsa el-Brega, à l'Est du pays.

Mise à jour le 03/03 à 17h55 : Le colonel Kadhafi aurait accepté la proposition du président vénézuélien Hugo Chavez de rechercher une solution négociée pour mettre un terme à la crise qui déchire le pays.

Le premier vol rapatriant en Egypte des réfugiés égyptiens à la frontière tuniso-libyenne a décollé, à bord d'un avion affrété par la France. (Davantage de précisions sur Europe 1)

Mise à jour le 03/03 à 14h19: Le procureur générale de la Cour Pénale Internationale annonce l'ouverture d'une enquête pour "crimes contre l'Humanité" dont il n'est pas exlcu qu'elle vise directement le colonel Kadhafi.

Sur le terrain, une frappe aérienne de l'armée régulière a visé une installation pétrolière de Brega, sans causer de victime.

 

Mise à jour le 03/03 à 9h06: Trois soldats néerlandais ont été faits prisonniers, dimanche 27 février, par des hommes du colonel Kadhafi. Les militaires ont été capturés alors qu'ils tentaient d'évacuer des civils par hélicoptère. Le ministère de la Défense des Pays-Bas négocie leur libération ; les civils sont à l'ambassade du pays à Tripoli.

Après sa contre-offensive aux abords de Benghazi, Mouammar Kadhafi a reçu une offre du président vénézuélien Hugo Chavez qui propose d'envoyer une mission internationale de paix sur place afin de tenter de régler ce qui commence à ressembler à une guerre civile. L'information a été confirmée par le ministre des Communications du Vénézuela sur Twitter.

La France, de son côté, annonce l'envoi d'avions gros porteur et d'un bâtiment de la Marine nationale pour évacuer les civils, notamment égyptiens, massés aux frontières libyennes.

 

Mise à jour le 02/03 à 19h45: Les violences en Libye auraient déjà fait au moins 6 000 morts d'après le porte parole de la ligue des droits de l'homme de Libye.

 

Mise à jour le 02/03 à 15h06 : Les interventions du colonel Kadhafi se suivent et se ressemblent. Le leader libyen est apparu à la télévision aujourd'hui et s'est à nouveau montré menaçant dans un très long discours. De Tripoli, qui reste la seule zone qu'il contrôle encore, il a présidé une cérémonie au cours de laquelle il a encore promis "des milliers de morts" en cas d'intervention étrangère en Libye. 

 

Mise à jour le 02/03 à 11h34 : Les pro-Kadhafi ont lancé une contre-offensive dans la région d'Ajdabiya, à l'Est du pays. Des frappes aériennes ont visé un dépôt de munitions tombé aux mains des insurgés il y a quelques jours. Le colonel Kadhafi assume ces raids, mais se défend de tout bombardement de manifestants. Il a également remplacé les ministres qui ont rejoint la contestation. Certains rebelles de Benghazi commencent à imaginer une intervention étrangère pour déloger le dictateur libyen.

Pendant ce temps, Challenges nous apprend que la note de la Libye a encore été dégradée par Fitch, passant de BBB à BB.

La situation aux frontières égyptienne et tunisienne, où les réfugiés continuent d'affluer massivement, s'aggrave d'heure en heure. L'ONU envisage des opérations d'"évacuation massive" et la porte-parole du HCR dit craindre des tensions entre populations arabes et migrants originaires d'Afrique sub-saharienne. Elle appelle à ce que "toutes les frontières [soient] ouvertes d'une manière non discriminatoire pour quiconque cherche à fuir".

 

Mise à jour le 02/03 à 8h26 : La Libye, désormais suspendue du Conseil des droits de l'Homme de l'ONU, pourrait s'enfoncer dans une "guerre civile prolongée". C'est en tout cas le point de vue d'Hillary Clinton.
L'OTAN, de son côté, n'est pas parvenue à un consensus sur une éventuelle intervention armée. L'Organisation estime par ailleurs que la mise en place d'une zone d'exclusion aérienne serait "extraordinairement compliquée".

 

Mise à jour le 01/03 à 18h : L'Union Européenne annonce un sommet extraordinaire pour le 11 mars. Les dirigeants européens devront définir une réponse à la situation en Afrique du nord en général, et à la Libye en particulier. D'après l'AFP (citée par Le Point), des militaires fidèles à Kadhafi ont été aperçus à la frontière avec le sud de la Tunisie, alors qu'ils avaient déserté cette partie du territoire ces derniers jours. Le HCR estime que 140 000 personnes ont fui la Libye depuis le début de la crise, vers l'Egypte ou la Tunisie.

Mise à jour le 01/03 à 14h08 : Le Haut Commissariat des Nations unies pour les Réfugiés estime désormais que la situation a atteint un niveau de "crise" à la frontière entre la Libye et la Tunisie où ont transité entre 70 000 et 75 000 personnes depuis le 20 février 2011. François Baroin, porte parole du gouvernement, a estimé ce matin sur France 2, que "la priorité [était] humanitaire, qu'elle ne [pouvait] plus être diplomatique". Deux avions français ont décollé à destination de Benghazi. Ils transportent plusieurs tonnes de matériel médical et des médicaments, ainsi que du personnel qualifié. C'est le début d'une "opération massive", selon les termes de François Fillon.

De son côté, le ministre algérien des Affaires étrangères se dit "extrêmement préoccupé" par la situation en Libye. La priorité consiste, selon lui, à "d'arrêter l'effusion de sang".

A Moscou, une source au Kremlin estime que Kadhafi est "un homme politiquement mort qui n'a pas sa place dans le monde contemporain civilisé".

 

Mise à jour le 01/03 à 5h01 : Les Etats-Unis haussent encore le ton par l'intermédiaire d'Hillary Clinton, et n'excluent plus d'intervention militaire. Devant le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU, la secrétaire d'Etat a indiqué que plusieurs bâtiments militaires américains allaient se positionner à proximité de la Libye "pour avoir la flexibilité nécessaire le jour où les décisions seront prises". Les Etats-Unis envisagent également, avec l'appui des Britanniques, la fermeture de l'espace aérien libyen pour éviter les bombardements sur la population.

David Cameron et Nicolas Sarkozy ont redit hier leur volonté de voir se tenir au plus vite un Conseil européen sur la situation.

Philippe Hugon, directeur de recherches à l'Iris, estime de son côté que les jours du régime du Kadhafi sont comptés, même s'il subsiste des doutes sur "l’importance des appuis de ses mercenaires et de sa garde prétorienne". Toujours aussi surréaliste, le leader libyen a expliqué à Christiane Amanpour sur ABC que son peuple l'aimait et qu'il le protègerait. Le colonel Kadhafi a ajouté qu'il était surpris que les Occidentaux l'abandonnent dans son combat contre "des terroristes" alors qu'ils luttaient jadis ensemble contre Al-Qaïda.

En France, Henri Guaino s'est justifié dans les Inrocks sur ses vacances libyennes lors du dernier réveillon, soit un mois et demi avant la révolte populaire que connaît le pays.

 

Mise à jour le 28/02 à 17h :  Le procureur général de la Cour pénale internationale a pris contact avec des militaires libyens pour se renseigner sur les violences faites aux civils. Une procédure pour crimes contre l'humanité pourrait être lancée. 

Le colonel Kadhafi ne désarme pas. Ses forces aériennes ont lancé un raid contre des dépôts de munitions tenus par les rebelles à l'Est du pays. 

L'Arabie saoudite tente de calmer les marchés en s'engageant à assurer la stabilité du prix du brut

 

Mise à jour le 28/02 à 13h : La France envoie deux avions à Benghazi dans le cadre d'une opération humanitaire. Du personnel médical et des médicaments sont à bord. Le Conseil ds droits de l'Homme de l'ONU se réunit à Genève. Catherine Ashton, chef de la diplomatie de l'UE, y a signalé que les sanctions européennes allaient prendre effet rapidement.

 

Mise à jour à 5h28: La Libye est "absolument calme" et "le Conseil de sécurité a adopté une résolution qui est sans valeur". Telle est l'analyse de la situation livrée hier par le colonel Kadhafi sur une chaîne de télévision serbe. Des propos largement démentis par un groupe de journalistes emmené par les autorités libyennes à Zaouiyah, à 50 kilomètres de Tripoli. Contrairement à ce qu'affirme le pouvoir, la ville semble bel et bien tombée sous le contrôle des insurgés.

A Benghazi, dans l'Est du pays, les opposants à Kadhafi ont créé un "Conseil National libyen". Il ne s'agit pas d'un gouvernement provisoire, mais de la face politique du mouvement révolutionnaire, selon ses instigateurs. Ceux-ci se disent "totalement opposés à une intervention étrangère. Le reste de la Libye sera libéré par le peuple (...) et les forces de sécurité de Kadhafi seront éliminées par le peuple de Libye". Ils annoncent dans cette optique une très prochaine "marche sur Tripoli".

 

Mise à jour le 27/02 à 15h56: La pression internationale n'a jamais été aussi forte contre le régime de Mouammar Kadhafi. L'ONU a adopté dans la nuit une batterie de sanctions à l'encontre du leader libyen et de sa famille. Ils ne peuvent plus voyager, leurs avoirs sont gelés et les ventes d'armes à la Libye sont désormais interdites. La résolution prévoit également la saisine de la Cour Pénale Internationale pour la répression sanglante du mouvement populaire.

Les principaux leaders occidentaux ont tous appelés au départ du colonel Kadhafi. Tony Blair lui aurait même téléphoné plusieurs fois pour le convaincre de quitter le pouvoir, en vain. A l'Est du pays, l'opposition prépare un gouvernement de transition sous la houlette de l'ex-ministre de la Justice qui s'est rangé du côté des manifestants il y a quelques jours. Les forces pro-Kadhafi semblent encore perdre du terrain dans les villes qu'elles contrôlent toujours.

Par ailleurs, la situation se dégrade aux frontières égyptienne et tunisienne, faisant craindre une "crise humanitaire". Près de 100.000 personnes auraient fui la Libye depuis le début de la révolte.

 

Mise à jour le 26/02 à 18h38: Les rues de Tripoli sont restées désertes et la capitale libyenne est toujours contrôlée par les pro-Kadhafi. Même chose à 120 kilomètres à l'ouest pour la ville de Zouara. Silvio Berlusconi a cependant estimé que "Kadhafi ne contrôle plus la situation" dans son pays. Barack Obama, de son côté, a signé un décret gelant les avoirs et bloquant les propriétés aux Etats-Unis de Mouammar Kadhafi.

 

Mise à jour le 25/02 à 17h52 : En visite en Turquie, Nicolas Sarkozy s'est montré plutôt direct : "Notre position est claire: M. Kadhafi doit partir". Le parquet de Paris annonce l'ouverture d'une enquête sur les biens de la famille Kadhafi. Le leader libyen s'est exprimé sur la place Verte de Tripoli pour exhorter ses partisans à combattre. Son fils, Seïf Al-Islam, a expliqué à la télévision turque que son seul plan était de "rester en Libye et d'y mourir". Les manifestants semblent gagner du terrain et contrôleraient désormais la ville de Misurata.

 

Mise à jour à 15h50 : Les ambassadeurs de Libye en France et auprès de l'Unesco ont annoncé leur démission. Le fils du colonel Kadhafi, Salaf al Islam, a déclaré sur la chaîne de télévision CNN Turquie que les sites pétroliers seraient épargnés et que la famille au pouvoir n'a pas l'intention de quitter le pouvoir, quels que soient les risques : "Nous avons des plans A, B et C. Le plan A est de vivre et de mourir en Libye. Le plan B est de vivre et de mourir en Libye. Le plan C est de vivre et de mourir en Libye."


Mise à jour à 11h28 : Alors que l'ONU et l'OTAN se réunissent pour évoquer la situation en Libye, l'ambassade libyenne à Paris est occupée par un groupe de manifestants. Ceux qui se font appeler "les enfants de la révolution" ont chassé les fonctionnaires des locaux et menacent d'un suicide collectif en cas d'intervention de la police.

 

Mise à jour le 25/02 à 6h01: Après Zouara, Misrata... L'insurrection libyenne se rapproche de Tripoli et semble gagner du terrain à l'Ouest du pays, alors que les grands centres urbains de l'Est sont désormais contrôlés par l'opposition. Dans la région de Benghazi, les terminaux pétroliers sont désormais aux mains des insurgés. La production libyenne d'or noir a en outre diminué de 75%.

De son côté, le colonel Kadhafi est intervenu une nouvelle fois dans les médias. Il s'est exprimé par téléphone sur Al Arabia, ce qui laisse planer des doutes sur sa localisation réelle. Le dictateur a accusé Ben Laden de fomenter les troubles qui agitent son pays. Selon lui, les manifestants seraient "drogués" par des manipulateurs islamistes. Kadhafi, qui compare son "pouvoir moral" à celui de la reine d'Angleterre, a par ailleurs présenté ses condoléances aux familles de policiers tués dans les émeutes.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a condamné, ce jeudi, "la violence et l'usage de la force contre des civils". Nicolas Sarkozy demande "l'adoption rapide de sanctions concrètes" et la suspension des relations économiques et financières avec la Libye. Le chef de l'Etat s'est entretenu par téléphone avec Barack Obama en ce sens. Le président américain envisage lui aussi des sanctions multilatérales contre le régime de Kadhafi. Le gouvernement de David Cameron a adopté la même position.

 

Mise à jour le 24/02 à 11h47: Moustapha Abdel Jalil, ancien ministre de la Justice libyen qui a démissionné pour soutenir le soulèvement populaire, affirme dans le quotidien suédois Expressen que "les jours de Kadhafi sont comptés. Il va faire comme Hitler a fait, il va se suicider".
Celui qui, hier, affirmait que le colonel Kadhafi avait lui-même ordonné l'attentat de Lockerbie, ajoute par ailleurs que des mercenaires venus du Tchad et du Niger ont obtenus la nationalité libyenne sur ordre du dictateur libyen.

 

Mise à jour le 24/02 à 9h28: Le ministre français de la Défense, Alain Juppé, a expliqué ce matin sur France Inter son souhait de voir au plus vite le succès définitif de la révolution libyenne. "La France a pris une position extrêmement claire. Je souhaite de tout coeur que Kadhafi vive ses derniers moments de chef d'État", a t-il dit.
Alain Juppé a précisé: "Tirer à l'arme lourde sur sa population, est naturellement inacceptable. On parle parfois de non-ingérence (...), mais il y a un autre devoir adopté par les Nations unies, c'est la responsabilité de protéger".

 

Mise à jour le 24/02 à 5h44: Les Etats-Unis ont durci le ton, cette nuit, vis-à-vis de la sanglante répression des manifestations. Barak Obama a jugé que la violence était "monstrueuse", "scandaleuse" et qu'elle violait le droit international. Le président américain annonce des sanctions à l'encontre des responsables des exactions. La secrétaire d'Etat Hillary Clinton se rendra, ce vendredi 25 février, à Genève pour la session spéciale du Conseil des droits de l'homme de l'ONU consacrée à la Libye.

Sur le terrain, le pouvoir semble avoir perdu le contrôle de la majorité de l'Est du pays. A Benghazi, les manifestants en liesse ont fêté leur victoire sur le régime de Kadhafi. Les défections se multiplient parmi les militaires, dont certains écrasent volontairement leurs avions de chasse après s'en être éjectés. L'armée refuse désormais de tirer sur la foule. La contre-insurrection voulue par le régime peine à mobiliser dans la capitale Tripoli.

A Tobrouk, le drapeau rouge noir et vert, datant de l'époque du roi Idriss renversé par Kadhafi en 1969, a refait son apparition. La ville est désormais aux mains des révoltés qui brûlent aussi le "livre vert" de la Jamahiriya et tentent d'organiser un nouveau mode de gouvernement local. Les journalistes de Libération et de France 2 ont été parmi les premiers à pénétrer dans la ville libérée.

La Ligue des droits de l'Homme annonce un bilan provisoire de 640 morts, dont 275 à Tripoli et 230 à Benghazi. Un médecin français de Benghazi revenu à Paris parle, lui, d'au moins 2 000 victimes. Il parle de "carnage" et d'"enfer". Son témoignage est saisissant.

Cette révolte provoque par ailleurs l'émigration de nombreux ouvriers tunisiens et égyptiens. Ils seraient 1,5 millions à être venus travailler dans l'eldorado pétrolier libyen.

Quant aux touristes, ils sont tous rapatriés dans leurs pays d'origine. La France a d'ores et déjà évacué 556 personnes dont 487 Français. Hier soir à Paris, un avion militaire s'est posé à Roissy avec, à son bord, 165 personnes parties en trek dans le désert. Elles n'étaient pas au courant des événements qui agitent toute la Libye...

 

Mise à jour à 15h: Le ministre des Affaires étrangères italien parle d'un bilan provisoire d'au moins 1 000 morts en Libye. La situation devient particulièrement chaotique à l'aéroport de Tripoli, où les passagers en viennent aux mains pour s'assurer une place à bord d'un avion. La famille Kadhafi ne s'en sort pas spécialement mieux. Un avion transportant la belle-fille du colonel a été interdit d'atterrissage à Beyrouth, au Liban. 

La journée sera décisive en Libye. Après son discours inquiétant hier, le colonel Kadhafi a appelé ses partisans à descendre dans la rue aujourd'hui. Il menace les manifestants de se livrer à une "boucherie". Cela ne semble pas inquiéter ces derniers. D'après le gouvernement italien, ils viennent de prendre le contrôle de la province de Cyrénaïque, à l'Est du pays. Des civils se pressent en direction de la frontière égyptienne pour fuir les combats.

Le Monde propose aujourd'hui un reportage saisissant dans la ville libérée de Tobrouk, en Cyrénaïque. Avec ses civils armés et ses magasins fermés, la ville retient son souffle.

Les expatriés étrangers se ruent hors du pays. Les Espagnolsles Canadiens et les Français commencent à rapatrier massivement leurs ressortissants. Total a décidé de suspendre en partie ses activités en Libye. Ci-dessous, ces images d'Euronews soulignent le soulagement des expatriés de retour à Roissy. 

Nicolas Sarkozy a demandé à l'Union Européenne de prendre des sanctions contre le colonel Kadhafi. Une façon de faire oublier son entente affichée en 2007 avec le dictateur, dont les photos avaient provisoirement disparu du site de l'Elysée. En début d'après-midi, la Commission européenne s'inquiète à son tour d'une "catastrophe humanitaire"

Les déboires du dirigeant libyen mettent aussi l'Italie dans l'embarras, pour plusieurs raisons. La proximité de Silvio Berlusconi avec Kadhafi, et leurs soirées "bunga bunga" n'y sont pas pour rien. Plus sérieusement, les intérêts économiques de l'Italie en Libye et le risque d'une vague d'immigration massive sont une forte source d'inquiétude pour Rome. 

Lu sur Al Jazeera

 


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