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Irak: la vie difficile des anciens interprètes des troupes américaines

Ils risquaient déjà leur vie à leur service. Depuis le départ des forces armées états-uniennes, c'est encore pire. Témoignage de l'une d'elle, considérée comme une traitre par les milices, entre espoir et résignation.

Dommage collatéral

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De nombreux Irakiens fêtent le départ des troupes américaines, il y a une semaine,  après 8 ans de guerre. Mais pour Sarah Mustafa et des dizaines de milliers d'autres qui ont travaillé avec eux, c'est une période plutôt effrayante. The Daily Beast publie le témoignage de cette ancienne interprète des forces armées américaines, qui explique avoir perdu son moyen de subsistance, faire l'objet de menaces de mort et craindre des représailles.

"J'ai commencé à travailler avec l'armée américaine en tant qu'interprète en 2006, lorsque les violences entre Sunnites et Chiites atteignaient des sommets. Je suis sunnite, et des membres d'une milice chiite ont fait exploser notre maison.

J'ai été une mère femme au foyer pendant 17 ans. Mais, comme mon mari était sans emploi et que je devais nourrir ma famille, j'ai du laisser mes enfants derrière moi pour rejoindre une base américaine."

Les premiers jours sont terribles, mais Sarah finit par admirer le chef de sa compagnie, et à trouver sa place parmi les soldats, qui lui font confiance. Elle les suit dans toutes leurs opérations les plus dangereuses,  traduit inlassablement et récolte de précieuses informations. Elle a même été récompensée par une médaille, et se sentait fière d'avoir permis l'arrestation de dizaines de miliciens.

Pourtant, cette abnégation lui coutera la mort de son mari, abattu en 2008 par des Chiites pour se venger de son travail. A ce moment, elle décide de quitter l'Irak et de demander l'asile aux Etats-Unis avec ses fils. Mais, trois ans plus tard, elle attend toujours l'approbation des autorités américaines.

Sarah raconte que son histoire est loin d'être unique, mais se considère comme chanceuse. Au moins 1 000 Irakiens ayant travaillé comme interprètes pour les Américains ont été tués ces dernières années. Beaucoup ont été torturés, et certains décapités. Et cela, sans compter le massacre de familles entières, "juste parce qu'un seul membre a décidé de travailler avec les troupes américaines afin de faire de l'Irak un endroit meilleur". Ceux qui survivent sont considérés comme des traitres, et en danger permanent. Mais peu d'entre eux peuvent se réfugier aux Etats-Unis.

A un moment, elle est même accusée par l'armée d'aider les Chiites, dénoncée par un informateur anonyme. Elle passe plusieurs mois en détention, avant d'être innocentée par un juge irakien. Lorsqu'elle est libérée, elle constate que plusieurs centaines de dollars lui ont été volés. De l'argent qu'elle mettait de côté pour quitter l'Irak avec ses fils. Elle est maintenant une veuve solitaire, sans argent. Avec encore l'espoir de pouvoir partir aux Etats-Unis. Mais depuis le départ des troupes américaines, le temps joue contre elle...

 
Commentaires

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  • Par toulonrct - 01/01/2012 - 20:07 - Signaler un abus souvenirs

    ça doit rappeler des souvenirs à nos harkis,abandonnés lâchement pendant que l'on recevait chez nous d'anciens membres du fln l'histoire se répète!!

  • Par GBCKT - 01/01/2012 - 21:02 - Signaler un abus Le interprètes sont souvent les premières cibles.

    Sans eux les unités ne peuvent pas travailler. Quel mépris.

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