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Euthanasie : elle concerne moins de 1% des décès selon l'Ined

Cette enquête a pour objet d'explorer les conditions d'application de la loi Leonetti, qui autorise depuis 2005 le médecin à arrêter les traitements de son patient en fin de vie, quitte à précipiter sa mort, mais proscrit l'acharnement thérapeutique.

Etude inédite

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Euthanasie : elle concerne moins de 1% des décès selon l'Ined

L'enquête de l'Institut national d'études démographiques (Ined) menée auprès de médecins et publiée lundi soir risque de rééquilibrer le débat sur l'euthanasie. En effet, on y apprend que les médecins administrent des médicaments dans le but de mettre délibérément fin à la vie dans moins de 1% des décès qu'ils enregistrent. Un rapport qui montre donc que l'euthanasie au sens où on l'entend n'est pas si répandue.

Preuve que la loi Leonetti, qui autorise depuis 2005 le médecin à arrêter les traitements de son patient en fin de vie, quitte à précipiter sa mort, mais proscrit l'acharnement thérapeutique, fonctionne. Cette nouvelle législation interdit toujours l'euthanasie active. Ainsi, d'après l'étude, le corps médical respecte globalement l'esprit de la loi. Dans un cas sur deux (48%), le médecin auteur du certificat de décès estime qu'il a pris une décision en sachant qu'elle pourrait indirectement hâter la mort de son patient.

Dans le détail, dans 15% des cas, le praticien a reconnu s'être abstenu d'un traitement visant à prolonger la vie, dans 4,2% des cas d'avoir interrompu le traitement et dans 27% des cas d'avoir intensifié les traitements antidouleur.

Par ailleurs, des médicaments ont été administrés pour mettre délibérément fin à la vie dans 0,8% des cas.  En outre, dans 12% des cas, le médecin a décidé de tout faire pour prolonger la vie de son patient, un taux quatre fois plus important dans les maladies cardio-vasculaires (25%) que dans ceux de cancers (6%), quand le praticien savait que le pronostic vital est engagé. Un quart (23%) des décès ont été précédés d'une décision prise sans considérer qu'elle pourrait hâter la mort du patient, alors que 17% des décès ont été considérés comme soudains et inattendus - suicides, accidents de la route - et n'ont donc pas fait l'objet d'une décision.

 

Cette enquête a porté sur un échantillon d'environ 15.000 décès représentatifs des 47.872 morts survenues en France en décembre 2009. Quelque 5.217 questionnaires adressés à des médecins établissant des certificats de décès ont été reçus en retour, soit un taux global de 40%.

 
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