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Emmanuel Macron a dévoilé son ambitieux plan hôpital

Le président de la République a présenté une série de mesures phares pour réformer en profondeur le système de santé. Elles seront appliquées d'ici la fin de son quinquennat.

Transformation en profondeur

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Emmanuel Macron a dévoilé son ambitieux plan hôpital

 Crédit ETIENNE LAURENT / POOL / AFP

Emmanuel Macron a dévoilé les contours du plan hôpital dans un grand discours de plus d'une heure depuis l'Elysée en ce mardi 18 septembre. 

Le budget de ce plan hôpital est estimé à 3,4 milliards d'euros d'ici à 2022. 
 
Un ensemble de mesures phares ont été dévoilées ce mardi comme la fin du numerus clausus, la création de 4.000 postes d'assistants médicaux, l'apport de 400 médecins au coeur des déserts médicaux ou bien encore l'instauration de communautés territoriales de santé ouvertes jusqu'à 20 heures et potentiellement 22 heures. Ce plan était initialement prévu pour le mois de juin.
Il a été finalement décalé en septembre. 
 
Emmanuel Macron souhaite donc réformer le système de santé pour "une transformation en profondeur" et non pas "à petits pas" : 
 
"Je veux que le système de santé soit l'un des piliers de notre État-providence du XXIe siècle (...) Nous devons le restructurer pour les cinquante ans à venir".
 
Emmanuel Macron a indiqué que "le système de santé ne souffre pas d'un sous-financement mais d'un problème d'organisation". Le président a également évoqué le fléau du nombre de médecins retraités qui a doublé depuis 10 ans.
 
Le plan dévoilé par le chef de l'Etat, baptisé "Ma Santé 2022", est basé sur une cinquantaine de mesures. Il sera présenté sous la forme d'un projet de loi au début de l'année 2019. 
 
Le budget de 3,4 milliards d'euros de ce plan sera divisé en différentes sections. 1,6 milliard d'euros seront consacrés à "la structuration des soins dans les territoires". 920 millions vont être dédiés pour l'investissement hospitalier. 500 millions d'euros seront dirigés pour la "transformation numérique". 420 millions vont être consacrés à "l'évolution des métiers et des formations".
 
Lors de la rentrée 2020, le numerus clausus aura été supprimé. Le concours en fin de première année de médecine sera donc supprimé. Emmanuel Macron a dénoncé un système absurde alors que la plupart des français "souffrent de difficultés d'accès aux soins" pendant que les étudiants en médecine échouent au concours : 
 
"Aujourd'hui c'est un gâchis qui concerne 25.000 étudiants chaque année".
 
Une autre mesure phare du plan concerne la création de 4.000 postes d'assistants médicaux d'ici 2019. Ces assistants seront "financés auprès de tous les médecins" qui en feront la demande. Cette mesure doit faciliter la prise en charge de nouveaux patients et raccourcir les délais d'attente et l'organisation des consultations sans rendez-vous. Ce dispositif sera accessible pour tous les généralistes et les spécialistes, à condition qu'ils se regroupent. Le gouvernement souhaite donc faire gagner du temps aux médecins avec notamment la prise de rendez-vous en ligne.
 
Le président de la République a également confirmé que l'exécutif allait faire un effort pour permettre à 400 médecins généralistes et salariés des hôpitaux d'exercer dans les territoires prioritaires et les déserts médicaux dès 2019.
 
"Dès 2019, 400 postes de médecins salariés seront créés dans les déserts médicaux pour permettre aux patients d'accéder à une consultation généraliste. Nous devons avoir une attention toute particulière pour les territoires démunis et les déserts médicaux".   
 
Le président de la République a également dévoilé que des communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) seront instaurées à l'avenir. Ces structures permettront d'"avoir une vraie coopération entre les professionnels".
 
"Nous devrons faire en sorte que ces communautés couvrent tous les territoires d'ici le 1er juillet 2021. Nous nous engageons à aider, dans la durée sur 10 ans, toutes les communautés qui seront créées d'ici les 18 prochains mois".
 
Le chef de l'Etat a également annoncé un important chantier afin de lutter contre la surcharge des urgences. Des permanences de soins vont ainsi être proposées jusqu'à 20 heures, sans aucune avance de frais. Le Président de la République espère qu'elles puissent s'étendre jusqu'à 22 heures.
 
Le financement des hôpitaux sera également repensé. Emmanuel Macron va réduire la part de la tarification à l'activité (T2A). Instaurée en 2004 dans le plan "Hôpital 2007", cette méthode de financement rémunère les établissements en fonction de l'activité médicale. 
 
Parmi les autres mesures, des forfaits "patient diabétique" et "patient insuffisance rénale chronique" vont être instaurés dès l'an prochain. Le rôle des infirmières et des aides soignantes sera également revalorisé. 
 
La classification des hôpitaux va également évoluer. Ils seront désormais déclinés en trois catégories : ceux des soins de proximité (médecine générale, gériatrie), ceux chargés des soins spécialisés (chirurgie, maternité), et les soins ultra-spécialisés
 
Reste à savoir comment ces mesures seront perçues par le monde médical et le personnel hospitalier. Emmanuel Macron cherche à décloisonner le système et à changer les choses pour les cinquante prochaines années. La Ministre de la Santé Agnès Buzyn va donc entamer un lourd travail dans les mois à venir pour assurer la mise en place de l'ensemble de ces mesures phares. 
 
Commentaires

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  • Par J'accuse - 18/09/2018 - 16:32 - Signaler un abus Qui trop embrasse mal étreint

    Beaucoup d'annonces mais peu de préparation sur ce qui sera fait. Il y a fort à parier qu'au moment où il faudra préciser, on découvre que ce soit inapplicable ou à côté de la plaque. Les seules précisions sont les montants: le contribuable sait combien ça va lui coûter (au minimum), mais il n'a que des promesses sur ce que ça va lui rapporter.

  • Par vangog - 18/09/2018 - 22:42 - Signaler un abus « Communautés territoriales de santé »?????

    ooouuuf! Ça fleure bon le très ancien monde des dictatures socialistes d’avant-mur, cette phraséologie terranoviste!...et « maison de santé », c’était trop simple pour ces nazes?...il leur fallait absolument inventer un terme farfelu pour faire encore de la com, et donner l’illusion d’un monde nouveau...manque de bol! Ça sent la naphtaline du politburo socialiste, cette phraséologie ringarde...hein, camarade Macrouille?

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