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L'euro : la fausse
bonne idée

Barrière des langues, manque de confiance entre les partenaires, différence de culture économique : le Time donne 10 raisons pour lesquelles la création de la monnaie unique était "une idée stupide".

Dessine moi l'Europe

Publié le - Mis à jour le 29 Novembre 2011

Dans un article intitulé "Les dix raisons pour lesquelles la création de l'euro était une idée stupide", le journaliste Olaf Gersemann explique sur le site du Time pourquoi nous avons été "trop crédules" au moment de créer la monnaie unique.

1- Aucun mécanisme de résolution des conflits

Les dix premières années, l'intégration économique de l'Europe a été un succès. Au cours des différents sommets, les dirigeants se sont répartis les profits.

Avec la crise de l'euro, cette dynamique a changé : maintenant il faut partager le fardeau, organiser des tours de garde pour s'occuper du bébé malade - un scénario auquel personne ne s'était préparé institutionnellement ou moralement. Résultat : les chamailleries et les prises de becs ont repris entre les partenaires européens à un niveau qui n'avait pas été vu depuis 1957, date de la signature du traité de Rome

2- Pas de points de ralliement 

À l'exception du football et du concours de l'Eurovision, il n'y a absolument rien autour de quoi les européens puissent se rallier.   Pas de chaîne de télévision régionale, pas de journaux, et encore moins une langue commune. En période de "gagnant-gagnant", ce n'était pas vraiment un problème. Mais dès que la crise de l'euro a éclaté, l'attitude du "nous contre eux" a rapidement refait surface. Même si la crise n'a pas réduit l'UE en lambeaux, le problème de base - celui du ralliement - demeure.

3- La barrière des langues

Pourquoi la Banque centrale allemande et la Commission n'ont pas été mises au courant ces dix dernières années de l'ampleur des problèmes de la Grèce et du Portugal? Tout simplement parce que les experts dépendaient des gouvernements grec et portugais pour obtenir le moindre petit bout d'information à ce sujet. Ne pas parler les langues de ces pays signifiaient tout simplement ne pas lire les journaux locaux, ce qui aurait contribué à rendre la situation plus claire beaucoup plus rapidement.

4- La confiance

Les expériences menées jusqu'à présent donnent à réfléchir. Un exemple éloquent : les chiffres truqués qui ont servi de base pour décider de l'entrée de la Grèce dans la zone euro. Pire : actuellement il n'y a aucun comportement qui puisse justifier de faire davantage confiance à ses partenaires.

5- Contrôle

L’Allemagne, la France, l'Italie et l'Espagne - qui représentent les trois quarts de l'économie de la zone euro - ne sont pas les seuls fautifs. La crise actuelle a parfaitement démontré que même un pays comme la Grèce, qui ne représente que 2% du PIB de la zone euro, peut entrainer l'ensemble de l'Union dans sa chute. A l'exception de minuscules pays comme Malte, tous les pays de la zone euro peuvent potentiellement faire sauter le système entier. On parle souvent de la domination allemande, mais les maillons faibles du système peuvent eux aussi prendre leurs partenaires en otage.

6- La culture du déficit

L'Europe n'aurait pas nécessairement besoin de partager beaucoup de valeurs pour fonctionner comme une zone de libre-échange. Mais pour survivre, une union monétaire a besoin, au minimum, de partager des valeurs économiques et politiques. Certains gouvernements d'Europe du Nord ont sérieusement pensé que la naissance de l'euro allait apporter aux pays du sud de l'UE une culture de la stabilité à l'allemande. Mais il apparaît clair que la France, l'Italie, l'Espagne et la Grèce continuent de voir la BCE comme une opportunité. Pas forcément à tort, mais cela contredit la profonde conviction allemande, selon laquelle une banque centrale indépendante est la seule garantie contre les gouvernements qui accumulent leur dette et font marcher la planche à billets.  

7- A la recherche d'un esprit européen

 Les différences de mentalité entre les nations ne poseraient aucun problème s'il existait au sein des gouvernements et des institutions des personnes pour s'asseoir sur leur "pensée nationale". Or, il n'existe pas d'homme européen parmi les politiciens et les technocrates. Tous sont Belges, Hongrois, Espagnols, avant d'être Européen.

8- L'absence de nivellement

Lorsque la monnaie unique a été introduite, même les plus sceptiques pensaient que les différences de niveaux entre les membres de la zone euro allaient s'estomper. Le nivellement escompté n'a pas eu lieu. Et c'est d'autant plus problématique qu'il n'existe qu'un seul taux directeur pour les 17 pays qui utilisent la monnaie unique. Pour certains pays, il est trop élevé, pour d'autres, trop faible. Résultat : hausse du chômage, inflation galopante dans certains cas, bulles immobilière (en particulier en Espagne et en Irlande).

9-  Manque de mobilité 

 Dans une union monétaire, les gens doivent être mobiles, prêts à passer la frontière pour aller là où se trouvent les emplois. Avec le temps, les Européens sont de plus en plus mobiles, comme le montre l'augmentation du nombre de migrants espagnols vers l'Allemagne.  Mais il reste encore beaucoup de chemin à parcourir.

10- Pas de réelle volonté d'appliquer les règles

Malgré toutes les difficultés, l'union monétaire pourrait fonctionner si les gouvernements exerçaient une pression les uns sur les autres. Mais les pères de l'union monétaire ont surestimé leur propre caste politique. Grèce, Italie, Allemagne : tous ont signé   le traité de Maastricht. Aucun des contrevenants aux règles édictées n'a été puni.

 
Commentaires

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  • Par ropib - 28/11/2011 - 13:14 - Signaler un abus en fait

    En fait c'est l'Europe des Nations qui est critiquée, et avec elle la Nation elle-même, qui est en crise dans tout le monde occidental (et pas seulement en Europe). C'est dommage de sembler vouloir un retour aux années 50: ça ne se peut pas se faire.

  • Par rue102361 - 28/11/2011 - 13:29 - Signaler un abus têtes ou guerre.

    On est les enfants du système américain, on était juste là pour servir de bulle de croissance en récompense d'une prospérité de 10ans dans cette phase final, voila maintenant c'est fini.

  • Par phoenix - 28/11/2011 - 14:17 - Signaler un abus arcticle allemand a l'origine

    reste a remarquer que tous ces points, s'applique surtout a la classe politique. ces sangsues se battent uniquement pour eux, et ne lacherons jamais la moindre petite parcelle de leur pouvoir. l'interet des (ou du) peuples leur importe peu. les européens sont européens dans l'ame, et partage a mon avis le meme rejet pour les hommes politiques, c'est pas des pays qui nous prennent en otages ...

  • Par Kalinday - 28/11/2011 - 14:56 - Signaler un abus L' Europe de l'emploi

    L'Europe de l'emploi était un argument fort des europhiles. Les seuls qui y ont bénéficié sont les politiques (Parlement européen, commissions en tout genre,...). Comment expliquer qu'avec 5 millions de chômeurs en France et 20% de chômage chez nos voisins espagnols, la France continue à faire venir 200 000 immigrés par an.

  • Par sheldon - 28/11/2011 - 15:24 - Signaler un abus L'euro : c'est le "mark CFA"

    Une monnaie importée qui s'adapte à des économies très différentes. Et on continue car la fameuse convergence France - Allemagne est impossible tant que l'on a des systèmes et aspirations sociaux complètement différents (et avec Hollande on va encore y ajouter de nombreuses couches d'étatisme)

  • Par Orel35 - 28/11/2011 - 15:33 - Signaler un abus Pour l'Europe des Nations

    @Ropib : Ce n'est pas l'Europe des Nations qui est critiquée, puisqu'elle n'existe plus ! Avec l'Acte Unique et maastricht, l'Europe a étranglé les souverainetés nationales et crée une zone ultralibérale sans contrôle. Plus de fédéralisme ne résoudra rien, il est encore beaucoup trop tôt , sans le consentement des peuples l'Europe ne se fera jamais.

  • Par sheldon - 28/11/2011 - 16:43 - Signaler un abus @Orel35: les socio-démocrates se sont pris les pieds ds le tapis

    Ils ont voulu, comme dans les pays à forte administration, décider pour les peuples; Résultat ils ont eu une Europe du commerce ultra-libérale qui a perdu ses emplois et est ballotée entre les marchés, les capitaux et la peur de leurs populations. Grèce, Espagne, Portugal, + Italie, + France et bientôt l'Allemagne ! : il vaut encore mieux être britanniques !

  • Par Equilibre - 28/11/2011 - 18:18 - Signaler un abus Souvenir

    Nos dirigeants de tous bords nous ont vendu euro, europe, plein emploi et pratiquement orgasme tous les jours... Un peu plus d'une dizaine d'année plus tard: chomage, désindustrialisation, réunion au sommet toutes les trois semaines, fin de la social démocratie, voire crise systémique annoncée par Barroso ou presque... Je ne vois pas comment il est possible de sortie de cette spirale.

  • Par albertfrank - 28/11/2011 - 18:37 - Signaler un abus Invraisemblable

    De grâce, mettez le "journaliste" qui a écrit cet article à la porte, vous serez moins ridicule. Quand on ne connaît *rien*, absolument rien en économie, il est pitoyable d'écrire n"importe quoi.

  • Par ulpien - 28/11/2011 - 21:15 - Signaler un abus Deux remarques

    1) La Grèce a pu rejoindre la zone euro après avoir maquillé ses comptes publics, grâce aux conseils de la banque Goldman Sachs, dont l'actuel premier ministre grec était l'un des collaborateurs. 2) Sur les taux d'intérêts, les Etats-Unis ont le même problème, le taux qui est bon pour le Texas n'est pas bon pour le Kansas...

  • Par vangog - 28/11/2011 - 23:23 - Signaler un abus Social-démagogie (du Sud) Vs Libéralisme éclairé (du Nord)

    La fin du match va bientôt être sifflée et si nous voulons éviter la partition Europe du Sud (en faveur de l' état providence et du clientélisme politique), et Europe du Nord (pour une éthique politicienne), il va bientôt falloir faire des choix Cornéliens. Et grâce au tandem Merkel /Sarkosy,ce ne sera pas le libéralisme éclairé Nordiste qui financera la Social-démagogie Sudiste!

  • Par bobocleaner - 29/11/2011 - 22:53 - Signaler un abus une autre idee stupide

    penser que les journalistes UK ne sont pas payés pour écrire ce genre de truc , en plus ils y ajoutent le plaisir de dire du mal des continentaux Un chêque et du plaisir pas même simulé : mieux que les putes.

  • Par laurent173 - 30/11/2011 - 20:58 - Signaler un abus Aberration

    Point numéro 6 : "les gouvernements qui accumulent leur dette et font marcher la planche à billets" Par définition l'émission monétaire est du ressort de la BCE et donc les gouvernements de la zone euro ne peuvent plus faire marcher la planche à billets contrairement au Royaume Uni qui ne s'en prive pas.

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