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Des années après la Guerre froide, la Chine relance des projets nucléaires abandonnés

La technologie des "sels fondus" pourrait même offrir à Pékin un avantage militaire conséquent s'ils réussissaient à mener à bien leurs projets d'avions, de navires et de drones nucléaires.

Sels de feu

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Des années après la Guerre froide, la Chine relance des projets nucléaires abandonnés

Dans le désert de Gobi, au Nord-Ouest de la Chine, devraient bientôt voir le jour deux réacteurs nucléaires d'un type assez particulier, puisqu'il n'en existe plus de ce genre depuis 1069. Ce sont les américains qui avaient les premiers développé cette technique dans les années 50, réussissant même à générer 2,5 mégawatt d'électricité. Et il l'avait même testé sur un bombardier, le NB 36H, appelé sobrement "Peacemaker". Les réacteurs nucléaires à sels fondus reviennent donc après avoir été remplacés par les réacteurs à neutrons rapides refroidis au sodium liquide (avec de l'eau comme refroidissant, plutôt que les sels fondus), car jugés plus efficaces et plus sûre.

Pourtant la technologie aux sels fondus, si elle venait à fonctionner, coûterait nettement moins chère que sa concurrente. Et ce principalement parce qu'elle ne nécessiterait plus d'uranium, le "combustible" très onéreux et demandé qui est utilisé aujourd'hui, mais… du thorium. Et c'est une bonne nouvelle pour la Chine, parce qu'elle possède justement une des plus grandes réserves de cet élément sur son territoire. 

Théoriquement, cette technologie permettrait même si on l'insérait dans un jet de rester en vol pendant des jours… ce qui serait un immense pas en avant quand on connait les faibles autonomies actuelles de tels engins. Et les avions chinois ne sont pas les seuls à pouvoir être améliorés par les réacteurs au thorium : les navires et sous-marins profiteraient eux-aussi amplement de son grand pouvoir énergétique. Mais surtout ce sont les drones, qui comportent moins de risques car n'exposent pas un pilote aux radiations. Un atout technologique qui deviendrait décisif pour l'armée de Pékin. 

La Chine n'est cependant pas la seule à mener ces recherches. Aux Etats-Unis, en France, au Japon, au Canada et en Russie, certaines entreprises tentent aussi de relancer cette technologie jugée en son temps trop compliquée à mettre en œuvre. 

Mais la différence entre les initiatives du reste du monde et celle de la Chine est évidemment l'ampleur du projet : le gouvernement central finance même ce projet porté par Jian Mianheng, le fils de l'ancien président chinois Jiang Zemin entre 1993 et 2003.  Et même si les défis sont énormes, notamment en termes de matière permettant de contenir le processus nucléaire sans en subir l'érosion. 

 
 
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