Innerview
David Servan-Schreiber :
"On peut contribuer jusqu'à son dernier souffle"
Déjà en prise avec le grave cancer du cerveau qu'il révèle dans son dernier livre "On peut se dire au revoir plusieurs fois", le célèbre neuropsychiatre avait profité de son innerview Lumenogic/Atlantico (initialement publiée en mars dernier) pour dessiner sa philosophie de vie. Un lumineux voyage dans le monde intérieur de l'auteur de "Guérir" et "Anticancer", dont l'approche profondément humaniste est issue de son double vécu comme médecin et comme malade.

Pour le célèbre neuropsychiatre, c'est la liberté qui donne du sens à nos choix. Crédit E. Robert-Espalieu
Avec Guerir (2003) et Anticancer (2007), vendus chacun à plus d'un million d'exemplaires dans le monde entier, David Servan-Schreiber a popularisé une nouvelle médecine des émotions, sans Freud ni Prozac, et réhabilité l'importance des défenses naturelles du corps en complément des traitements médicaux traditionnels. Ses idées sont issues de sa double expérience de médecin et de patient, ayant été lui même diagnostiqué d'un cancer du cerveau à 31 ans.
Dix neuf ans plus tard c'est la rechute, « the big one » comme il dit, et un nouveau combat mortel s'engage dont il rend compte dans son dernier livre On peut se dire au revoir plusieurs fois.
Cette innerview fut conduite par son frère Emile fin février 2011, juste avant que DSS ne s'attèle à l'écriture de son émouvant témoignage. Il était alors déjà paralysé du coté gauche par l'avancée du cancer dans le cortex moteur de son hémisphère droit, et parfaitement conscient de l'extrême gravité de son état et des pronostics. Faible mais serein dans l'épreuve, son message se révèle ici d'autant plus concentré sur l'essentiel que la douloureuse réduction de son autonomie augmentait sa détermination à contribuer « jusqu'au bout ».


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Face à la maladie ceux qui l'aiment, l'estiment ne peuvent que se taire. On ne peut rien partager avec la personne qui est sur le chemin de la mort. On ne peut rien donner, sauf de la présence. Je lui souhaite tout l'amour de ses proches.
Les réflexions du style "je partage ta douleur" sont presque stupides, parce que ce partage là est imposible.