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Le coup d'Etat monétaire
1/ L'indépendance de la Banque Centrale, mère de toutes les erreurs de pilotage monétaire

Un scandale : voici comment pourrait être qualifiée l'indépendance de la Banque centrale si l'on s'en réfère aux principes d'économie politique. Une indépendance maximaliste également objectée par Milton Friedman, et vis-à-vis de laquelle aucune solution proposée par l'école de Chicago ne s'est révélée efficace.

Cette première partie est consacrée au problème de la responsabilité " démocratique " des Banques centrales et à leurs techniques très rodées de dissimulation de la terreur monétaire, de diffraction du blâme et de dépersonnalisation des débats.

La référence fréquente aux principes fondamentaux est absolument nécessaire pour conserver les bienfaits de la liberté. C’est pourquoi, cette première partie insiste sur quelques principes de séparation de plus en plus bafoués, avant de montrer quelques traductions concrètes de ces violations et leurs effets sur la poursuite de la crise. Chemin faisant, il y a toute une " novlangue " des banquiers centraux à déconstruire et quelques paradoxes à rappeler : par exemple, un taux nominal peut être haut à 0% et bas à 10%, une monnaie qui se déprécie peut être une monnaie forte, et une monnaie qui s’apprécie une monnaie faible, la déflation avance masquée et agit comme une bombe à neutrons. On s’aperçoit que beaucoup de problèmes de 2014 ont été rencontrés aux Etats-Unis vers 1932 ou au Japon vers 1997, avec toujours la Banque centrale indépendante comme principal foyer de blocages, de restrictions ou de diversions.   

 

Découvrez également sur Atlantico éditions les parties 2, 3 et 4, ainsi que le digest : 

 

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  • Assimiler l’indépendance à l’inflation maitrisée est d’autant plus insensé que l’inflation était sage avant les années 1970, à une époque où on parlait à peine d’autonomie pour les banquiers centraux : selon les données FMI, inflation annuelle moyenne (CPI) des pays industriels, 1950-1959 : 2,8% ; 1960-1969 : 3,2%.

    Au moment du traité de Maastricht, il n’y avait plus guère que la Grèce, et dans une mesure moindre, le Portugal, pour avoir des problèmes d’inflation. Dire que l’indépendance est arrivée après la bataille, ce n’est pas dire qu’elle est sans valeur dans le combat contre l’inflation ; après tout, il faut toujours penser à la bataille suivante. Mais c’est tout de même reconnaître un fait de nos jours largement oublié : on peut passer d’une inflation à deux chiffres à une inflation basse dans le cadre d’une Banque centrale à peine autonome. Paul Volcker lui-même, le champion mondial incontesté des " durs ", des " faucons " et des " vigilants ", l’homme qui a terrassé l’inflation au début des années 1980 (sans disposer d’un statut d’indépendance), avait crié victoire à partir du moment où le rythme d’inflation s’était stabilisé autour de 4%/an, contre 1%/an en cette fin d’année 2013 aux Etats-Unis comme en zone euro. Il semblerait qu’avec la radicalisation indépendantiste des Banques centrales, les normes se soient entre temps déplacées…

    L’histoire de la FED depuis 1913 n’a pas été un long fleuve tranquille, c’est même une saga violente, bien décrite par exemple chez Meltzer (2003) ou chez Friedman (1992). Ce dernier peut raisonnablement conclure : " les Banques centrales totalement indépendantes sont des institutions de la Belle Epoque ". Une "Belle Epoque"  où la discipline monétaire n’était pas tant apportée par la Banque centrale que par le régime de l’étalon-or (et l’hégémon du Sterling), et où les crises financières pullulaient (1873, 1890, 1907…).     

    Autrement dit, quand les choses sérieuses (crise déflationniste, guerre, changement de régime politique…) commencent, les dispositifs indépendantistes sautent, alors même que leur utilité ne sert pratiquement à rien en période calme.

    Ce que cela signifie, c’est que l’indépendance forte (redéfinir ou définir soi-même les objectifs de la politique monétaire et piloter en ne rendant des comptes à personne, ou alors simplement pour la forme) est un objectif chimérique pour une Banque centrale : une fois atteint, il s’autodétruira en raison de son inacceptabilité politique. L’indépendance n’existe pas, ou pas longtemps ; seules existent des preuves d’indépendance, au niveau des individus, et ces preuves peuvent s’avérer très coûteuses.

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  • Le coup d'Etat monétaire
1/ L'indépendance de la Banque Centrale, mère de toutes les erreurs de pilotage monétaire
    190 min
    A paraitre Rentrée 2014
    Nombre de pages : 98
    Niveau : Expert
    Code ISBN : 978-2212-86938-5
    Bio des auteurs
    Mots-clés : Atlantico éditions, Mathieu Mucherie, Eyrolles, A-book, e-book, BCE, Euro, monétarisme, monnaie, Milton Friedman, économie politique, independance, banque centrale, école de Chicago, taux nominal, déflation, zone euro
    Thématiques : Economie, Europe
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