Présidentielle 2012
Une candidature Borloo
signifierait l'échec de l'UMP
Jean-Louis Borloo a annoncé ce mardi son intention de "gagner" la présidentielle de 2012. Refusant de se laisser "bâillonner" par l'UMP, le président du Parti radical a annoncé une décision définitive quant à sa candidature "entre l'été et l'automne".

Jean-Louis Borloo refuse de se laisser "bâillonner" par l'UMP... Crédit Reuters
Atlantico : Comment analysez-vous l’interview de Jean-Louis Borloo publiée ce mardi dans La Voix du Nord, où il déclare se préparer « pour gagner » en 2012 ?
David Valence : Les historiens disent parfois sur le ton de la plaisanterie que « tout est affaire de contexte ». Je crois que c’est le cas pour ces déclarations de Jean-Louis Borloo.
Le dernier congrès du Parti radical, qui devait permettre à Jean-Louis Borloo de « marquer » l’opinion est d’abord passé relativement inaperçu car il se tenait la veille et le jour même (13 et 14 mai) où a explosé « l’affaire DSK ». Il lui fallait donc en « remettre une couche » pour se faire entendre auprès de l’opinion.
Par ailleurs, « l’affaire DSK » a dégagé un peu le terrain pour lui ; en tout cas l’électorat modéré est désormais plus disponible.
Ces derniers jours, plusieurs des alliés de Jean-Louis Borloo au sein de la Confédération des centres, et notamment Hervé de Charrette, lui ont en outre demandé explicitement de montrer plus de détermination dans la perspective de 2012.
Enfin, l’interview de Jean-Louis Borloo à La Voix du Nord lui permet d’empêcher le retour de François Bayrou dans le débat public. Or, certains centristes sont peut-être tentés en ce moment de reprendre langue avec le leader du MoDem, comme on l’a vu aux obsèques de Bernard Stasi.
Quelles sont les différences principales entre François Bayrou et Jean-Louis Borloo ?
Ils ne sont pas si différents de prime abord, ou du moins leurs trajectoires se sont souvent rencontrées. Jean-Louis Borloo a par exemple joué un rôle important dans la campagne présidentielle de François Bayrou en 2002, avant de rallier rapidement Jacques Chirac et de rentrer dans le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin.
Mais leurs électorats diffèrent sans doute. Le potentiel électoral de Jean-Louis Borloo se situe dans un électorat plus urbain que l’électorat centriste traditionnel, c’est-à-dire celui des démocrates chrétiens. Borloo est plutôt un capteur à bobos ou à électeurs autrefois chiraquiens. Je ne suis donc pas convaincu que son image soit la meilleure pour polariser ce qu’on appelle souvent un peu vite l’« électorat centriste ».
Un « 21 avril à l’envers », comme l’a évoqué Xavier Bertrand, serait-il possible si Jean-Louis Borloo se présentait en 2012 ?
Ce n’est pas la première fois qu’il y aurait de multiples candidatures à droite. En 2002, Jacques Chirac, François Bayrou, Corinne Lepage, Jean Saint-Josse, Christine Boutin et Alain Madelin se disputaient les suffrages des modérés de droite. En 1981, il y avait à la fois Giscard d’Estaing, Jacques Chirac, Michel Debré et Marie-France Garaud au 1er tour. Cela n’avait pas empêché VGE d’accéder au second tour.
Les candidats forts, même quand ils sont sortants, peuvent résister à cette concurrence. Si Lionel Jospin s’est effondré en 2002, c’est parce qu’il n’a pas su convaincre. L’argument de la multiplicité des candidatures n’est pas un argument solide car l’histoire enseigne qu’à plusieurs reprises – y compris avec davantage de candidatures que celles prévues pour 2012 – il n’y a pas eu d’élimination du candidat de droite au premier tour.
Jean-Louis Borloo a-t-il ses chances pour 2012 ?
C’est difficile à dire. Ce qui me frappe c’est que Jean-Louis Borloo bénéficie, en plus de troupes centristes égarées, du soutien discret des anciens chiraquiens.
Je note ainsi que l’interview de Borloo est publiée dans La Voix du Nord. Certes il s’agit du journal de la région dont il est un élu emblématique. Mais cela rappelle la déclaration de candidature de Jacques Chirac fin 1994… dans La Voix du Nord !
D’autre part, parmi les ralliements avancés figure celui de Frédéric Salat-Baroux, dernier secrétaire général de l’Élysée sous Jacques Chirac et coordinateur annoncé d’un possible « programme Borloo ». Celui-ci avait, semble-t-il, espéré devenir ministre une fois Nicolas Sarkozy élu. Il est surtout le mari de Claude Chirac, la fille de l’ancien Président. C’est un signe assez fort que la marge de progression de Jean-Louis Borloo se situe plutôt chez la droite modérée et les anciens chiraquiens que parmi les centristes et la démocratie-chrétienne.
Quoi qu’il en soit, si Jean-Louis Borloo se présente à l’élection présidentielle, ce sera le signe que l’UMP a échoué à rassembler toute la droite. Le départ du Parti radical du parti majoritaire et la formation de la Confédération des centres signent déjà cet échec, non pas celui de Nicolas Sarkozy, mais du projet porté en 2002 par Jacques Chirac et Alain Juppé de créer avec l’UMP le parti qui rassemblerait les droites.
L’échec de l’UMP procède sans doute du sentiment des centristes « de s’être fait avoir » : ils semblent considérer que les anciens gaullistes ou les anciens du RPR ont gardé l’essentiel du pouvoir au sein de l’UMP. Peut-on leur donner tort ?
David Valence
David Valence est professeur agrégé d'histoire.
Il enseigne à Sciences-Po Paris depuis 2005. Il anime le blog trop-libre.fr qu'il a créé avec Chistophe de Voogd dans le cadre des activités de la Fondation pour l'innovation politique.
A lire notamment sur son blog : ce billet sur le centrisme.


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à convaincre ceux qui réfléchissent aux conséquences de la sortie de l'Euro !!!
Une catastrophe pour la France et les Français....
Vouloir se démarquer de la concurrence c'est bien mais pas à n'importe quel prix !!
L'UMP a certainement fait la part trop belle à des gens comme Ch. Vanneste dont ses positions (cf homosexualité, peine de mort, ) ont tiré l'UMP vers une droite ultra conservatrice. Je pense que des gens comme JL Borloo se sont sentis alors décalés.
Ce que l'UMP choisit trop souvent c'est cette droite d'une autre époque. Dans ce sens j'approuve la démarche de JL Borloo Vive le ticket Sarko/Borloo
(entendez le centre, imprécis et introuvable) déroulent un tapis rouge (of course) devant les socialistes. La raison ? Exister, bien sûr, avoir pour quelques semaines leur nom dans les étoiles, mais surtout espérer un retour en décalant légérement leur "centre" de gravité vers la gauche : pour un radical, c'est un jeu d'enfant.
Qui sera dupe ?
Et tout cela parce que Sarkozy ne l'a pas nommé à Matignon ! pauvre Borloo ! Alors que quelques verres auraient dissipé son chagrin ! Vraiment ces politiques qui veulent à tout prix faire notre bonheur ont des égos tellement énormes qu'une bonne chirurgie réparatrice les calmerait !
Cet ancien ministre, avec son grenelle de l'environnement a bloqué partiellement notre économie pour l'avenir, de grâce, cet "écolo" à la sauce gauchisante ferait plus de mal que de bien pour notre Pays.
Comme tous les centristes, il fait partie du "marais" comme ces députés étaient appelés lors de la révolution. La droite n'a que faire de cette personne!
Oui rire de lire l'electorat modéré ou de droite modéré voterait pour les centristes... Moi même me considerant comme un electeur de droite modérée tendance sociale/liberale et bien jamais je ne voterais pour un centriste. Mon choix est fait et celle qui represente aujourd hui le mieux mes valeurs en tant modéré est sans contestation possible Marine Le Pen et loin devant tous les autres.