Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Mardi 27 Septembre 2016 | Créer un compte | Connexion
Extra

Le web des (ro)bots : les humains perdront-ils demain le contrôle d'internet ?

Les "bots", ou agents logiciels pouvant aussi bien servir à des fins publicitaires qu'à du vol de données numériques, représenteraient 61,5 % du trafic internet en 2013, ce qui signifie que seulement 38,5 % serait assuré par les internautes. Face à cette augmentation, les fournisseurs d'accès compensent en procurant toujours plus de bande passante.

Révolution

Publié le
Le web des (ro)bots : les humains perdront-ils demain le contrôle d'internet ?

Les "bots" représentent 61,5 % du trafic internet en 2013.

Atlantico : La société de protection numérique Incapsula a publié sur son blog deux études successives. La première, publiée en 2012, montrait que 51 % du trafic internet était généré par  des "Bots", soit des agents logiciels. En 2013, ces mêmes "bots" représentaient 61,5 % du trafic. Comment expliquer cette prééminence d'agents logiciels automatiques ou semi-automatiques  sur la toile, et que leur fréquentation du web augmente aussi vite d’une année sur l’autre ? Le phénomène va-t-il aller crescendo ?

Marc Blanchard : il faut tout d’abord distinguer les bots commerciaux des bots "malwares" :

Les bots commerciaux prennent une place de plus en plus importante, notamment pour établir des statistiques de surf et d’accès, ou encore des prédictions sur les sites les plus visités.

Lorsque Google établit le top 10 des sites les plus vus, ou des personnalités les plus suivies sur le net, ce sont des bots qui sont à l’œuvre. Il existe aussi les bots publicitaires, qui  analysent des catégories de populations par rapport à des cookies, par exemple. Si vous créez un site internet, le bot de Google viendra régulièrement en consulter toutes les pages pour les indexer dans le moteur de recherche.

Viennent ensuite les bots malwares c’est-à-dire "malicieux", ou malveillants : on ne peut pas faire de prédictions à leur sujet, en revanche on sait qu’ils ont évolué. Avant, lorsqu’ils infectaient les machines, ils étaient plutôt autonomes, peu d’informations transitaient par les réseaux. Aujourd’hui, pratiquement tous les malwares ont une connexion avec un centre de commandement, ce qui leur permet de mettre à jour leurs codes malveillants directement sur la machine ou les serveurs de la victime, ce qui a pour effet de faire grimper le taux de transfert. Mais l’information sur les malwares est minime, puisque par définition, leur but est d’être un maximum transparent, tant au niveau du trafic que du niveau d’infection de la machine.

Par conséquent, tous ces bots associés, qu’ils soient commerciaux ou malveillants, ne peuvent qu’augmenter en nombre, ce à quoi les fournisseurs d’accès répondent en augmentant les bandes passantes mises au service des internautes. Ce ne sont donc pas les bots qui vont ralentir très fortement le trafic global d’internet. A partir d’un certain quota de bande passante utilisée, les fournisseurs en rajoutent systématiquement pour compenser.

Cette évolution du trafic de bots n’est pas vraiment surprenante par rapport à 2012, car nous avons beau ne pas nous en apercevoir, mais nous vivons avec eux en permanence : publicité, recherches, sites comparateurs de prix, propositions de participation à des questionnaires de satisfaction…

Source : The Incapsula blog

Il ressort de cette étude qu’en 2013, 31 % du trafic total a été généré par des systèmes malveillants : usurpation d’identité, piratage, spams… Ce chiffre est-il inquiétant ? Pourquoi ?

On ne peut pas être certain de l’exactitude de ce chiffre, puisque comme je le disais, le trafic des malwares est très difficile à évaluer. L’usurpation d’identité, notamment, est infime, comparée à la masse d’informations qui transitent par internet. Le piratage est un peu plus aisé à évaluer, mais tout dépend de la définition qu’on en donne. S’il s’agit de vol de données, et que ces données sont transférées d’un serveur à un autre, alors oui, on est face à un cas de piratage caractérisé. Les spams, eux, sont déjà plus faciles à évaluer, encore que : qu’appelle-t-on un spam ? Si vous recevez un spam d’une marque que vous appréciez, vous ne le considérez pas comme tel, vous le garderez. Donc tout est relatif. Mais si le chiffre de 31 % est exact, alors c’est considérable.

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par LeditGaga - 18/12/2013 - 08:43 - Signaler un abus Toc, toc, toc...

    (*_*) Sarah Connor ? Euh non, c'est la porte à côté ! Ouf... . Skynet ou son avatar s'emparera tôt ou tard de tous les réseaux informatiques et construira dans la foulée les robots guerriers qui détruiront l'humanité ! (*_*)

  • Par zelectron - 19/12/2013 - 13:15 - Signaler un abus Si vis pacem ...

    Ce sont les fabricants de dispositifs pour incontinents chroniques qui vont être de plus en plus ravis ! les teinturiers aussi ainsi que les lessiviers aussi, rendez vous compte du nombre en forte croissance de gens qui ont peur jusqu'à avoir les traces humides là où vous savez !

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Marc Germain-Laurent Blanchard

Marc Germain-Laurent Blanchard est chercheur en CyberStratégie et en Signal Intelligence chez Athéos CyberDéfense. Il est également maitre de conférence et épidémiologiste sur les activités des attaques persistantes, cyberguerre, espionage et intelligence économique téléguidées par des botnets.

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€