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Voyage à Berlin : ce que projette François Fillon pour renouveler la relation franco-allemande

Conduite de la politique de l’euro, attitude européenne face aux crises qui l’entourent – incarnées notamment par Vladimir Poutine et Donald Trump –, sans oublier le Brexit : voici donc l’ordre du jour, extrêmement dense, qui attend François Fillon et Angela Merkel.

Du pain sur la planche

Publié le - Mis à jour le 27 Janvier 2017

Le deuxième sujet qui pourrait susciter des doutes est le réalisme dans la lutte contre le terrorisme. Assez naturellement, l’Allemagne regarde davantage vers l’Est (pays baltes, Ukraine, Balkans) par rapport à la France. De notre côté, notre regard est surtout orienté en direction de l’Afrique. Entre les deux, le véritable problème, celui qui a provoqué un exode massif de populations, réside d’une part dans la volonté de la Turquie face à la guerre civile syrienne et irakienne, et d’autre part dans la déstabilisation libyenne. Cette dernière conduit le pays à être la terre de tous les passeurs les plus actifs et scandaleux.

Sur les origines du problème, je crois que le diagnostic est partagé entre François Fillon et Madame Merkel. Toutefois, l’expression en est différente, notamment parce que l’Allemagne a été elle-même frappée par l’exode massif de populations en provenance de l’Est européen en 1945. Elle considère donc qu’elle a les moyens matériels d’apporter une réponse matérielle à des populations en difficulté. Nous Français, nous sommes tout à fait prêts à aider ces populations, mais chez elles, en contribuant au retour à la paix. De ce point de vue, François Fillon est certainement plus réaliste que d’autres puisque l’évolution en Syrie montre qu’une forme de cessez-le-feu a l’air d’être possible. Madame Merkel sera sans doute intéressée par l’analyse de François Fillon sur la Libye et sur la Syrie.

Cependant, l’un et l’autre vont se poser la question de l’attitude vis-à-vis de la Russie. En effet, cette dernière est un acteur important dans les Balkans à travers la Serbie ; dans les pays baltes à travers les attitudes parfois encombrantes de la Russie. La solution diplomatique de l’affaire de Crimée pose un problème de principes, qui doivent être respectés, y compris par les membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies dont la Russie fait partie.

Conduite de la politique de l’euro, attitude européenne face aux crises qui l’entourent –  incarnées notamment par Vladimir Poutine et Donald Trump –, sans oublier le Brexit : voici donc l’ordre du jour, extrêmement dense, qui attend François Fillon et Madame Merkel. 

Dans une interview accordée au Monde ce dimanche, François Fillon a proposé "une alliance européenne de défense". Comment Angela Merkel pourrait-elle réagir à cette proposition ? 

L’Europe de la défense passe par le préalable suivant : une autorité politique européenne acceptée par les grands Etats membres (France, Allemagne, Italie, Espagne, Pologne etc.). Il n’y a donc pas de défense s’il n’y  a pas de projet politique. Mettre en œuvre un gouvernement politique à 26 est une tâche compliquée. A 17 en revanche, cela me paraît davantage réalisable. L’Europe de la défense n’existera que le jour où les grands pays continentaux se sentiront engagés par des décisions politiques prises en commun. Aujourd’hui, cela n’est pas le cas. Ils sont engagés dans ce système complexe de la construction européenne, par un compromis permanent entre le Parlement, la Commission, le Conseil des ministres – avec des capacités de blocage qui peuvent parfois aboutir à des situations extrêmes comme lorsque la  Wallonie avait décidé de bloquer l’accord entre l’UE et le Canada.  

 
Commentaires

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  • Par Citoyen Ordinaire - 23/01/2017 - 14:31 - Signaler un abus Au secours

    Si Mr Fillon va en Allemagne pour déclarer la continuité de l'UE....Ce serait un nouveau faux pas...et montrer sa soumission comme l'a fait le petit Macron made by les Banquiers qui vous veulent du bien...

  • Par Yves3531 - 23/01/2017 - 15:07 - Signaler un abus Avez vous bien lu Citoyen Ordinaire....

    il ne s'agit pas de continuer l'UE comme aujourd'hui, mais de tenter de la remettre sur des rails et d'avancer sur des sujets centraux comme la defense, avec les principaux pays et les fondateurs pour constituer enfin une puissance entre la nouvelle America first et Poutine. Ce avec une France retrouvant la part de leadership qu'elle n'aurait jamais dû perdre apres l'immense désastre hollandais. A moins que vous n'ayez autre chose à proposer ?

  • Par clint - 23/01/2017 - 21:10 - Signaler un abus @Yves3531 : il n'y a pas plus sourd que celui qui ne veut pas ..

    .. entendre ! Vous avez bien sûr raison car c'est ce que veut faire Fillon.

  • Par zouk - 24/01/2017 - 09:41 - Signaler un abus France-Allemagne

    Un rapprochement effectif plutôt qu'une subordination de l'un envers l'autre serait certainement une bonne nouvelle. Quant à la politique de défense, je doute fortement d'une entente à 17, certes moins difficile qu'à 28, néanmoins des plus improbable, en raison de l'histoire et des fortes divergences politiques et économiques entre ces 17 pays. Un vrai rapprochement avec l'Allemagne pourrait peut être en être le point de départ, d'accord avec Yves 3531 quant à notre affaiblissement terrible depuis 2012.

  • Par Olivier62 - 24/01/2017 - 10:47 - Signaler un abus On ne change pas une politique qui perd...

    L'état de la France est tel que ce qu'on appelle la "politique européenne" consiste ) continuer à se soumettre à l'UE et dans une moindre mesure à l'Allemagne, et à rester dans l'euro. En bref, continuer ce qui a été fait jusqu'ici avec les brillants résultats qu'on voit. S'il est élu, Fillon sera une espèce de Hollande, bon petit toutou de la finance et du mondialisme. Rien dans ses propositions ne montre qu'il soit vraiment décidé à mener une politique de souveraineté.

  • Par BOCE64 - 24/01/2017 - 10:59 - Signaler un abus UE

    ON ne se soumet pas à l'UE , UE c'est Nous !!

  • Par toupoilu - 24/01/2017 - 15:37 - Signaler un abus L'article me met le doute sur "l'alliance européene de défense"

    Dans mon esprit, j'avais compris cela comme une alliance militaire classique, entre alliés européens, ce qui est faisable et meme souhaitable dans le cadre d'une remise en cause américaine de l'otan, et qui peut se faire même sans l'UE. C'est à mon avis ce que ces mots alliance européenne de défense veulent dire, et non pas défense européenne liée à une "autorité politique européenne" comme dans cet article, c'est à dire encore plus d'intégration dont plus personne ne veut. Bref c'est pas clair. Pour le reste de sa politique européenne, pas de changements, c'est la politique suivie depuis Giscard, difficile de se présenter en souverainiste après.

  • Par gerint - 24/01/2017 - 22:54 - Signaler un abus Un Pays fort

    Qui développe pleinement ses potentialités voilà ce que je veux pour la France qui est un pays privilégié plein de moyens pourvu qu'on exploite son génie.

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Gérard Longuet

Gérard Longuet est sénateur de la Meuse, il a notamment été président du groupe UMP au Sénat de 2009 à 2011.

De 2011 à 2012, il a occupé la fonction de ministre de la Défense et des Anciens combattants. 

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