Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Mardi 26 Septembre 2017 | Créer un compte | Connexion
Extra

Vous voulez rendre service à vos enfants cet été ? Ne les bombardez pas d’activités

Bientôt les vacances pour la majorité des écoliers... La plupart des parents seraient tentés d'occuper leur progéniture à travers différentes activités programmées. Est-ce vraiment une bonne idée ?

Sous le soleil

Publié le

Atlantico : C'est le début des vacances mais certains parents pensent déjà à la rentrée prochaine et imposent à leurs enfants des devoirs de vacances, d'autres mettent l'accent sur le côté sportif en proposant des activités sportives à leurs enfants. Planifier des activités pour ses enfants pendant les vacances est-il le meilleur moyen de développer leurs qualités ?

Monique de Kermadec : Les parents peuvent, en planifiant des activités, ouvrir les possibilités de découverte aux enfants mais l'essentiel est qu'une partie des vacances ne soit pas planifiée, que l'enfant apprenne à puiser dans ses ressources pour éviter qu'il soit en permanence en attente d'une consigne.
Si c'est le cas, il sera dépourvu lors des moments de sa vie où il devra puiser en lui le désir de faire des choses. 
 

Pourquoi les parents sont-ils si attachés à l'organisation d'activités ? Par peur de l'ennui ? L'ennui est-il néfaste ? 

Il est vrai que les parents ont peur de l'ennui mais il est important que les enfants puissent s'ennuyer. Cela va les forcer à puiser dans leurs ressources personnelles pour chercher à quelles activités ils pourraient se livrer. Cela va également les encourager à prendre des décisions : que vais-je faire pour sortir de l'ennui. Il découvre, à travers l'ennui, un autre rythme de la vie. Pendant l'année scolaire, l'enfant est sollicité par l'école, il est important que pendant les vacances, il puisse redécouvrir des moments où il peut rêver et penser. 
 

Une étude de l'université du Colorado met en avant les bienfaits de la récréation et les lie au fait que la récréation soit une activité où rien n'est imposé aux enfants. Quels sont les bienfaits de ce type d'activités "libres" sur le développement de l'enfant ? 

Les vacances sont un moment privilégié pour que les enfants puissent faire un tas d'activités qu'ils ne peuvent pas faire dans l'année scolaire. Même les mercredis ou samedis, la plupart des enfants ont des activités mais elles sont programmées. Pendant les vacances, l'enfant va enfin pouvoir expérimenter de nouvelles expériences, découvrir de nouvelles choses.  Il va développer son sens créatif, en imaginant quelles activités il pourrait faire, prendre des initiatives et des décisions. 
 

Il semblerait que le jeu développe les fonctions exécutives et d'auto-régulation de l'enfant. Qu'est ce que que cela peut apporter dans la vie future de l'enfant ? 

Dans le jeu, l'enfant va devoir suivre des règles afin que le jeu puisse être mené à terme. L'enfant va apprendre la frustration car il ne sera pas toujours gagnant, il va devoir accepter les difficultés qu'il va rencontrer dans le jeu, accepter de perdre en étant en compétition avec les autres, dans certains jeux qui requièrent la réflexion il va devoir développer une stratégie, peser le pour et le contre de ses choix, prendre le temps de réfléchir et le risque d'échouer. Ce sont des qualités qui lui seront tout au long de sa vie. 
 

Contrairement à ce que l'on pourrait penser, le jeu permettrait ensuite à l'enfant d'être plus attentif en classe et d'obtenir de meilleurs résultats en lecture et mathématiques que les enfants qui jouent peu. Comment expliquer ce phénomène ? 

Grâce aux qualités citées précédemment, l'enfant prend le temps de réfléchir, de se canaliser et apprend à obéir à des règles. 
 

Laisser ses enfants jouer pendant l'été peut-il présenter des risques d'adaptation au nouvel emploi du temps de septembre ? L'enfant dont les parents n'ont pas ou peu organisé d'activités pendant les vacances aura t-il plus de difficultés de concentration qu'un autre dont les parents ont eu le comportement inverse ? 

Pas nécessairement, le rythme de la famille est toujours là : le lever, le coucher, les temps du repas, tout cela impose toujours un rythme à l'enfant. C'est entre ces moments que l'enfant peut vivre à son rythme, une chose positive. 
 
Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Monique de Kermadec

Monique de Kermadec est psychologue clinicienne et psychanalyste spécialiste de l'apprentissage, de la précocité et du succès chez l'enfant.  Elle est notamment l'auteure de Pour que mon enfant réussisse et de L'adulte surdoué, apprendre à faire simple quand on est compliqué, parus aux éditions Albin Michel.

Son dernier livre s'intitule Le petit surdoué de 6 mois à 6 ans aux Editions Albin Michel.

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€