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Votre lit, ce redoutable déclencheur de maladies

Qui n'a pas envie de se glisser dans son lit après une longue journée de travail ? Pourtant votre lit n'est pas votre meilleur ami. Confortable, peut-être, mais aussi plein d'acariens qui ne vous veulent pas que du bien.

Bien dormi ?

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Votre lit, ce redoutable déclencheur de maladies

Atlantico : On peut estimer jusqu'à 10 millions le nombre d'acariens dans nos lits. Pourquoi trouve-t-on ces bestioles dans nos draps, oreillers..?

Stéphane Gayet : Les acariens de nos lits sont des microorganismes ("microbes", en langage courant), c'est-à-dire des organismes microscopiques, donc invisibles par l'œil humain. On parle de microorganisme dès l'instant où la taille est inférieure à un quart de millimètre, soit 0,25 mm ou 250 microns. 

Les acariens sont des Arthropodes, comme les insectes, mais ont quatre paires de pattes, à la différence de ceux-ci qui n'en ont que trois. C'est pourquoi les acariens sont plus proches des araignées que des insectes et font en effet partie des Arachnides. On voit dès lors qu'ils sont très différents des bactéries, êtres vivants ultra rudimentaires puisque constitués d'une seule cellule primitive, sans vrai noyau organisé (Procaryotes) et d'une taille proche du micron. Du reste, les acariens sont classés parmi les parasites.

On connaît cinq principaux genres d'acariens pathogènes pour l'homme : des plus gros aux plus petits, les tiques (3 mm), les aoûtats ou trombidions (1,5 mm), le sarcopte de la gale (0,3 mm), les acariens du follicule pileux (0,2-0,3 mm) et enfin les acariens domestiques (0,1-0,3 mm).

Ce sont donc ces derniers qui retiennent notre attention : ils se tiennent naturellement dans nos habitations et plus particulièrement dans notre literie, car ils y trouvent la nourriture, l'humidité et la température qui leur conviennent ; c'est donc leur habitat. Comme les autres acariens (tiques, aoûtats, gale), leur vie est dépendante de notre épiderme. Alors que le sarcopte de la gale creuse des galeries dans les couches profondes de celui-là, les acariens domestiques de nos lits se contentent de dévorer les cellules mortes superficielles (squames) que nous perdons chaque jour, surtout la nuit. La peau morte qui se détache de chaque individu chaque jour (1 mg) permet de nourrir plusieurs milliers d'acariens pendant des mois : ce fait permet de comprendre leur phénoménale prolifération. Ainsi, quand les conditions sont optimales, il peut y avoir plusieurs millions d'individus dans un matelas.

Quel danger représentent ces bactéries ? En existe-t-il différents types ?

Stéphane Gayet : Les acariens domestiques de nos lits ne mordent pas, contrairement aux tiques et aux aoûtats; ils ne creusent pas non plus notre épiderme, contrairement au sarcopte de la gale. Mais ils sont opportunistes, vivant à nos côtés et se nourrissant de nos squames cutanées. C'est dire qu'ils ne nous agressent pas ; pourtant, ils sont pathogènes, mais cela de façon indirecte. Parmi les 48 espèces d'acariens domestiques ou "pyrogliphides", deux sont fréquentes en France et plus particulièrement pathogènes. Il s'agit de Dermatophagoïdes (genre) pteronyssinus (espèce) et farinae (espèce). Ces microorganismes sont irritants pour nos muqueuses, et cela par leur corps, leur salive qui contient des protéases, car elle doit décomposer nos squames, leurs déjections et leur cadavre. L'irritation ainsi provoquée ne donne pas les mêmes signes cliniques chez tous les individus : alors qu'il ne s'agit que d'une gêne discrète, nasale, oculaire ou pharyngée chez certains, on déplore la survenue de manifestations allergiques chez d'autres : rhinite, asthme, eczéma ou encore troubles digestifs. L'allergie aux acariens est également appelée allergie à la poussière de maison, car ils en sont un composant important. Chez certaines personnes allergiques, les manifestations cliniques sont très gênantes et parfois handicapantes, nécessitant des mesures radicales afin de réduire au maximum la présence de ces acariens dans leur habitation et tout spécialement leur chambre à coucher.

 
Commentaires

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  • Par Anouman - 27/07/2017 - 20:23 - Signaler un abus Acariens

    On aurait aimé savoir d'où ils viennent. Car s'ils meurent en dessous de 55% d'humidité, en hiver, avec le chauffage et les flux d'est, il n'y en a plus. Alors ils reviennent comment?

  • Par totor101 - 28/07/2017 - 14:50 - Signaler un abus DANGER

    Quel est le % de décès dans un lit ? C'est l'endroit le plus dangereux du monde .....

  • Par pascal farigoule - 28/07/2017 - 17:14 - Signaler un abus Et le soleil ?

    l'exposition des draps et matelas au soleil est très pratiqué à la campagne et par ceux qui ont été élevés à la campagne. Très efficace également.

  • Par Pourquoi-pas31 - 29/07/2017 - 21:09 - Signaler un abus Il était courant

    de mettre les draps et couvertures à l'air sur le rebord de la fenêtre et c'était un spectacle ordinaire à une époque, avant que la bienpensance ne trouve ce spectacle indigne pour un pays civilisé. Les ménagères avaient le temps et le courage de refaire le lit tous les jours.

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Stéphane Gayet

Stéphane Gayet est médecin des hôpitaux au CHU (Hôpitaux universitaires) de Strasbourg, chargé d'enseignement à l'Université de Strasbourg et conférencier.

 

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